Le Maroc a appris à durer. L'Algérie cherche encore à guérir.
- il y a 8 heures
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La différence entre les deux pays n'est pas une querelle récente. C'est une divergence de trajectoire historique, mentale et civilisationnelle. Voici les cinq lignes de fracture.

On peut aimer son pays sans mentir à l'histoire. Et on peut analyser son voisin sans le haïr.
Ce qui sépare le Maroc et l'Algérie n'est pas le Sahara marocain, pas les matchs de football, pas les querelles de caftan. Ce sont des symptômes. La maladie est plus profonde : deux États qui ne sont pas nés de la même manière, ne tirent pas leur légitimité de la même source, ne vivent pas dans le même temps, ne se racontent pas la même histoire et ne regardent pas le monde par la même fenêtre. Cinq lignes de fracture. Je vais les prendre une par une.
Première fracture : la continuité contre la rupture. Le Maroc est un État millénaire. Fondé en 788 par une bay'a, gouverné depuis par une chaîne ininterrompue de dynasties dont l'actuelle règne depuis quatre siècles. Ce pays n'a jamais cessé d'être un État : affaibli parfois, protectorat pendant quarante-quatre ans, mais jamais effacé. Sa mémoire est longue, apaisée, sûre d'elle. L'Algérie, elle, est un État né en 1962. Avant : une régence ottomane, puis cent trente-deux ans d'une colonisation de peuplement qui a broyé les structures, les élites, la terre même. Sa naissance est une rupture brutale, payée d'un prix humain effroyable. Sa mémoire est traumatique, et le traumatisme ne se décrète pas guéri.
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