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Bataille des Trois Rois : en 1578, Ahmed al-Mansour prend le pouvoir pendant que le Portugal cherche son avenir
Le 4 août 1578, près de Ksar el-Kébir, le Maroc remporte une victoire dont son souverain ne verra pas les conséquences. Pour comprendre ce qui se joue ce jour-là, il faut suivre le quatrième homme : celui qui survit aux trois rois. Le 4 août 1578, dans le nord du Maroc, une armée continue de combattre alors que son souverain vient de mourir. Sa Majesté le Roi Abd al-Malik, déjà malade, succombe pendant l’affrontement. Selon les récits historiques de la bataille, son entourage


À quoi ressemblerait un Maroc où des Juifs siègent de nouveau au Parlement ?
Députés, ministres, hauts responsables : après avoir réintégré l’affluent hébraïque dans son récit national, le Royaume pourrait un jour le voir réapparaître dans ses institutions. Et ce ne serait pas une rupture avec son histoire, mais un retour. Imaginez la photographie. Nous sommes en 1956. Le Maroc vient à peine de retrouver son indépendance. Tout est à construire : l’administration, la diplomatie, l’économie, les institutions, les cadres du nouvel État. Autour de Mohamme


Le jour où la Tunisie a expulsé Moulay Hicham avant sa conférence sur la démocratie
Le 8 septembre 2017, cinq policiers viennent chercher le cousin germain du roi Mohammed VI au bord de la piscine de son hôtel à Tunis. Il devait intervenir deux jours plus tard dans un forum de Stanford consacré aux transitions démocratiques. Aucun motif précis ne lui est donné. Six ans plus tard, les autorités tunisiennes lui refusent de nouveau l'entrée sur le territoire. Moulay Hicham vient d'arriver à Tunis. Le prince marocain, fils de Moulay Abdallah, frère de Hassan II,


Quand le Maroc envoyait déjà ses ambassadeurs à Londres, Versailles, Madrid et Istanbul
Bien avant les ambassades permanentes et les ministères modernes, les souverains marocains envoyaient à travers l’Europe et la Méditerranée des savants, gouverneurs, amiraux, négociants et secrétaires. Leur travail ne consistait pas seulement à transmettre une lettre : ils négociaient des alliances, libéraient des captifs, récupéraient des manuscrits, achetaient des armes et observaient les puissances étrangères. En 1600, un homme arrive à la cour d’Élisabeth Ire d’Angleterre


Pourquoi une synagogue marocaine ne sonnait-elle pas comme une synagogue ashkénaze d’Europe ?
Les prières fondamentales étaient celles du judaïsme. Mais au Maroc, des siècles d’histoire locale, l’arrivée des Séfarades d’Espagne, la poésie hébraïque et surtout la musique andalouse ont produit une tradition que l’on pouvait parfois reconnaître dès les premières notes. Il faut commencer par corriger une idée. Les Juifs marocains ne pratiquaient pas une autre religion que les Juifs de Pologne ou d’Allemagne. Le Shema restait le Shema. La Amidah restait la prière centrale.


Pourquoi retrouve-t-on les mêmes noms de famille chez des Juifs et des Musulmans marocains ?
Attar, Amar et d’autres patronymes peuvent apparaître dans des familles musulmanes comme juives d’Afrique du Nord. Ce n’est pas nécessairement la preuve d’un ancêtre commun. C’est parfois quelque chose de plus intéressant : la trace d’un monde où deux communautés religieuses différentes fabriquaient leurs noms avec les mêmes langues, les mêmes métiers et les mêmes territoires. Prenez le nom Attar. En arabe, ʿaṭṭār désigne traditionnellement le marchand de parfums, d’épices ou


Le Maroc avait-il vraiment fermé ses portes à l’Europe avant le Protectorat ?
Avant 1912, voyager à l’intérieur du Maroc pouvait être difficile et le pouvoir cherchait régulièrement à limiter l’ingérence étrangère. Pourtant, ports, consulats, négociants et ambassades reliaient déjà le Royaume à l’Europe depuis des siècles. L’image est puissante. Un Maroc ancien. Des remparts fermés. Une cour installée à Fès. Une Europe industrielle qui avance autour de lui. Puis, soudain, 1912. Le pays s’ouvrirait enfin au monde moderne avec le Protectorat. Le problème


Pourquoi tant de villes marocaines ressemblent-elles à plusieurs villes collées ensemble ?
Une médina ancienne, parfois une kasbah, puis de grandes avenues et une ville nouvelle. Ce paysage n’est pas un accident : il permet de lire plusieurs siècles de pouvoir marocain directement sur une carte. Prenez Rabat. Entrez dans la médina. Puis sortez vers les grandes avenues du centre. Passez par la kasbah des Oudayas. Vous pouvez avoir l’impression d’avoir changé de ville trois fois sans avoir quitté Rabat. Faites une expérience similaire à Fès. Vous trouvez Fès el-Bali.


Pourquoi tant de Juifs marocains portent-ils le nom d’une ville qu’ils ont quittée depuis des siècles ?
Toledano renvoie à Tolède. Alfasi à Fès. D’autres patronymes conservent Murcia, Coria, Zagora ou un village disparu. Chez certaines familles juives marocaines, le nom de famille est devenu une carte géographique miniature. Un homme peut quitter une ville. Ses enfants peuvent naître à mille kilomètres. Ses petits-enfants ne jamais y retourner. La langue familiale peut changer. La nationalité aussi. Puis cinq siècles passent. Et pourtant, chaque fois qu’un descendant donne son


Pourquoi tant de tombes des cimetières juifs marocains sont-elles blanches ?
À Fès ou Marrakech, certaines nécropoles juives apparaissent comme des mers de chaux. Ce blanc spectaculaire n’est pourtant ni universel au Maroc ni un simple choix esthétique. À Fès, la première impression est presque irréelle. Des centaines de formes blanches couvrent la pente. Certaines sont arrondies. D’autres ressemblent à de petites constructions. Sous le soleil, le cimetière juif devient presque aveuglant. On pourrait croire que cette blancheur obéit à une grande règle


Amazigh ou arabe ? Ce que l’ADN des Marocains dit vraiment de nous, et de notre part juive
En 2025, des chercheurs ont séquencé 109 génomes marocains. Leur résultat bouscule une question que nous posons depuis des décennies : génétiquement, le Marocain n’est pas simplement “amazigh ou arabe”. Et lorsqu’on cherche sa part juive, l’histoire devient encore plus surprenante. Amazigh ou arabe ? C’est probablement l’une des questions identitaires les plus mal posées du Maroc. Parce que la génétique ne voit pas deux peuples parfaitement séparés, l’un amazigh, l’autre arab


Marock : tout le monde se souvient du sexe. La scène la plus explosive était une étoile de David
En 2006, le film de Laila Marrakchi est accusé de « sionisme », visé par des demandes d’interdiction puis des appels au boycott. Au centre de la polémique, une scène toute simple : Youri, Juif marocain, passe son étoile de David au cou de Rita, musulmane. Vingt ans plus tard, le Maroc choisit la réalisatrice pour le représenter dans la course aux Oscars 2027. Le 2 septembre 2026, le Centre cinématographique marocain choisit La Más Dulce, le nouveau film de Laila Marrakchi, po


Après le passage aux ambassades, un responsable de l’OLP demande trois choses très concrètes au Maroc
Fonds palestiniens retenus par Israël, passage vers la Jordanie, élections du 28 novembre : derrière la réaction palestinienne au rapprochement diplomatique entre Rabat et Tel-Aviv se cache une liste de demandes beaucoup plus concrète qu’un simple soutien politique. Le passage est presque passé inaperçu derrière l’annonce diplomatique. Le 18 septembre, deux jours après l’accord prévoyant le passage des représentations marocaine et israélienne au rang d’ambassades, Hespress in


Naza secoue Israël. Le Maroc choisit pourtant d’aller plus loin.
Au moment même où un documentaire israélien sur Gaza provoque une tempête internationale et une crise politique en Israël, Rabat et Tel-Aviv décident de transformer leurs bureaux de liaison en ambassades. Ce calendrier ne prouve pas un lien entre les deux événements. Mais il révèle quelque chose de la manière dont le Maroc conçoit sa relation avec Israël : comme une politique d’État qui ne disparaît pas à chaque crise. Il y a des moments où une décision diplomatique est facil


Au Maroc, « sioniste » est devenu une insulte avant d’être une définition.
On peut rejeter la politique de Netanyahu, les colonies ou la guerre à Gaza. On peut défendre les Palestiniens. Mais encore faut-il savoir ce que l’on désigne lorsque l’on traite quelqu’un de « sioniste ». Car à force de transformer un mot historique en condamnation morale automatique, nous avons cessé de discuter de ce qu’il signifie réellement. Au Maroc, il suffit parfois d’un mot pour arrêter une conversation. Sioniste. Vous parlez du judaïsme marocain ? Sioniste. Vous pub


1991 : après 17 ans de prison, Abraham Serfaty est expulsé comme « Brésilien ».
Né à Casablanca, juif marocain, ingénieur et ancien haut fonctionnaire, il n’avait jamais mis les pieds au Brésil. Huit ans plus tard, Mohammed VI autorise son retour au Maroc. 13 septembre 1991. Abraham Serfaty sort de la prison centrale de Kénitra. Il a 65 ans. Il vient de passer dix-sept années en détention après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour son engagement au sein de l’organisation marxiste-léniniste clandestine Ila al-Amam. On pourrait imaginer qu’il va en


1862 : l’école creuse un nouvel écart entre Juifs et musulmans du Maroc.
Avant l’Alliance israélite universelle, Juifs et Musulmans étudiaient déjà séparément. Mais leurs écoles traditionnelles partageaient une logique profonde : transmettre un héritage religieux. Puis une école ouvre à Tétouan. Elle ne crée pas la différence entre les deux communautés. Elle en change progressivement la nature. Imaginez le Maroc vers 1850. Deux garçons vivent peut-être dans la même ville. L’un est musulman. L’autre est juif. Chaque matin, ils partent apprendre. Le


Pourquoi le Mellah de Fès a-t-il des balcons quand la médina regarde vers l’intérieur ?
À quelques mètres de distance, deux façades semblent raconter deux Maroc différents. Dans la médina traditionnelle, la maison protège son intimité derrière ses murs. Dans certaines rues du Mellah, fenêtres et balcons s’ouvrent au contraire sur la rue. Mais l’explication n’est ni aussi religieuse ni aussi simple qu’on pourrait le croire. Il suffit de marcher quelques minutes dans Fès pour remarquer quelque chose d’étrange. Dans une grande partie de la médina ancienne, la maiso


Le mauvais œil au Maroc : pourquoi on cache ce qui est précieux
Façades modestes, intérieurs somptueux, « tbarkallah », khmissa, silence autour de certaines réussites : derrière le mauvais œil se cache bien plus qu’une superstition. Il révèle une manière marocaine de penser le regard des autres. Dans une médina marocaine, l’une des plus belles maisons de la rue peut être celle que vous ne remarquez pas. Une porte en bois. Un mur presque aveugle. Peu d’ornements visibles depuis l’extérieur. Puis la porte s’ouvre : zellige, bois sculpté, pl


Le Maroc a transformé Delacroix, Matisse et Saint Laurent
En 1832, 1912 et 1966, trois créateurs arrivent au Maroc à des moments radicalement différents de leur vie. Aucun n’y cherche la même chose. Pourtant, tous trois vont intégrer le Royaume à leur manière de voir, de peindre, de composer ou de créer. Le 21 février 1832, Eugène Delacroix se trouve à Tanger. Il n’est pas venu pour peindre une carte postale. Il accompagne une mission diplomatique française auprès du sultan Moulay Abd al-Rahman. L’interprète de la délégation, Abraha


La décennie noire algérienne : ce que le Maroc a construit différemment
Dans les années 1990, l’Algérie bascule dans une guerre qui fera plus de 100 000 morts. À quelques centaines de kilomètres, le Maroc traverse les mêmes secousses régionales sans connaître le même effondrement. Pour comprendre cette divergence, il faut regarder ce que notre pays possède de plus ancien que ses gouvernements : un centre institutionnel, religieux et historique qui traverse les crises. Il y a des histoires que l’on raconte pour comprendre les autres. Et il y en a


Pourquoi certaines familles marocaines savent encore d’où elles viennent sur plusieurs siècles
Au Maroc, demander à quelqu’un « tu es d’où ? » n’a jamais voulu dire seulement « dans quelle ville habites-tu ? ». Dans certaines maisons, le nom de famille est encore une archive, l’origine une boussole, et l’arbre généalogique une façon de tenir debout dans le temps. Il y a des pays où un nom de famille sert surtout à remplir un formulaire. Et puis il y a le Maroc. Au Maroc, un nom peut encore ouvrir une porte. Il peut vous renvoyer à une ville, une tribu, une vallée, un s


31 juillet 2026 : pourquoi des centaines de dignitaires s’inclinent encore devant Mohammed VI
Pour beaucoup d’étrangers, la scène paraît sortie d’un autre siècle. Pourtant, la Bayʿa n’est ni un folklore inventé pour les caméras ni une simple révérence au Roi : elle vient d’une institution politique islamique ancienne que le Maroc a transformée en rituel national. Et même les Juifs marocains ont historiquement exprimé leur allégeance au Trône, à leur manière. Le 31 juillet 2026, dans la cour du palais royal de Tétouan, la scène recommence. Mohammed VI est là. Devant lu


Il y a des adversaires qui vous obligent à travailler. Et puis il y a Abdelmadjid Tebboune.
Quand la communication d’un président fournit elle-même à ses adversaires les contradictions, les petites phrases et les images dont ils ont besoin, la guerre des récits devient beaucoup plus facile. Il y a des adversaires qui vous obligent à travailler. Il faut lire leurs discours, décortiquer leurs chiffres, repérer leurs contradictions, attendre trois heures de conférence de presse pour trouver les quinze secondes qui révèlent quelque chose. Leur communication est verrouil
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