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LE MAGAZINE
Ici s'écrit chaque jour l'histoire d'un très vieux royaume. Ses archives, ses figures, ses heures décisives. Une lecture pour ceux qui tiennent à ce pays et refusent de le raconter à moitié.
À LA UNE


Le Maroc a reconnu les États-Unis en 1777. L'Amérique a mis sept ans à répondre.
Il a fallu saisir un navire américain pour obtenir un traité. Et George Washington s'en est excusé par écrit. Tout le monde connaît la phrase : le Maroc est le premier pays au monde à avoir reconnu les États-Unis. Le 20 décembre 1777, Sa Majesté le Sultan Sidi Mohammed ben Abdallah ouvre ses ports aux navires américains. La France, alliée officielle des insurgés, ne signera que deux mois plus tard. C'est vrai. C'est documenté. Et c'est la moitié de l'histoire. L'autre moitié,
il y a 14 heures4 min de lecture


CAPSULE Février 1983 : le jour où le ministre des Finances est allé dire à Hassan II que le Maroc n'avait plus de devises, et ce que le Roi a répondu
Il restait deux jours de réserves. Le ministre a pris la route de Fès sans rendez-vous, a réveillé le protocole avec une image, et s'est retrouvé le lendemain face au Roi en chemise à manches courtes. Quarante ans plus tard, l'homme raconte. Ce qui s'est dit ce jour-là explique encore comment le Maroc gère son argent.
il y a 1 jour4 min de lecture


Moulay El Hassan à 23 ans : le premier Prince Héritier formé entièrement au Maroc, et ce que ce choix dit du Royaume qu'il héritera
Formé au Maroc, en amazighe, dans l'armée, au contact d'étudiants ordinaires. Rien dans le parcours du Prince Héritier n'est un hasard. Voici ce que les sources publiques permettent d'établir, et ce qu'elles ne disent pas. Le 8 mai 2003, 101 coups de canon annoncent à Rabat la naissance d'un garçon au Palais royal. Sa Majesté le Roi Mohammed VI lui donne le prénom de son père, feu Hassan II. Vingt-trois ans plus tard, Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan pré
il y a 1 jour5 min de lecture


Charles de Foucauld, le saint catholique qui a traversé le Maroc déguisé en rabbin pour le cartographier, et le Juif marocain sans qui il n'aurait pas fait cent kilomètres
Onze mois sous un faux nom et une kippa, hébergé de mellah en mellah par des familles qui ignoraient qu'elles logeaient un officier français. Son rapport a préparé la conquête. Son guide est mort dans l'oubli. En 1883, un jeune aristocrate français démissionne de l'armée et décide de traverser un pays interdit aux chrétiens. Il ne peut pas y entrer en Français. Il ne peut pas y entrer en musulman, on le démasquerait à la première prière. Alors il choisit la seule identité qui
il y a 2 jours3 min de lecture


Rabat, 1969 : le jour où Nasser a menacé de faire la paix avec Israël et où Kadhafi a posé la main sur son revolver
Décembre 1969. Le cinquième sommet arabe se tient à Rabat. Autour de la table : Nasser, le roi Fayçal, Boumediene, et un colonel de 27 ans arrivé trois mois plus tôt au pouvoir à Tripoli, en tenue de terrain verte, revolver à la ceinture. Abdelhadi Boutaleb, ministre des Affaires étrangères depuis deux mois, est dans la salle. Il n'aurait pas dû y être.
il y a 2 jours3 min de lecture
ACTUALITÉ


Le Maroc met 4 milliards sur la santé mentale. Il soignait déjà les malades mentaux par la musique au XIIIe siècle.
Près d'un Marocain sur deux a connu un trouble mental. Le pays compte moins de cinq cents psychiatres. Jeudi, l'État a enfin mis un chiffre en face. Il reste à faire tomber ce que l'argent ne fait pas tomber : le tabou. Jeudi 3 septembre, à Rabat, le ministre de la Santé a lancé le Plan Santé Mentale 2030. Près de quatre milliards de dirhams. Le nombre de lits psychiatriques presque doublé, de 2 466 à 4 728. Dix-sept hôpitaux au lieu de dix. Des psychologues dans le secteur p


Le Maroc envoie aux Oscars un film sur ses propres femmes exploitées dans les fraises d'Espagne, signé par la réalisatrice qu'on voulait interdire en 2006
La más dulce représentera le Royaume à l'Oscar du meilleur film international 2027. Un titre en espagnol, des ouvrières agricoles marocaines maltraitées en Andalousie, et derrière la caméra, Laila Marrakchi, dont le premier film avait déclenché une campagne pour le faire retirer des salles. Ce choix dit plus sur le pays que sur le film. Un pays qui choisit sa blessure Un État qui sélectionne son film pour les Oscars choisit une image de lui-même. Il peut envoyer une carte pos


Aziz Bakbou est mort, et le Maroc découvre qu'il a inscrit à l'UNESCO une musique que personne n'a jamais écrite
Deux frères maâlems disparus en douze mois dans la même maison de Marrakech. La musique des descendants d'esclaves est reconnue par le monde depuis 2019. Elle tient sur la mémoire de quelques vieillards, et je crois que nous n'avons pas compris ce que cela veut dire. Lundi 31 août, à Marrakech, Aziz Bakbou est mort à 64 ans. En septembre dernier, son frère Mustapha était parti à 72. Deux maîtres, une lignée, un an. La presse a dit « grande figure de l'art gnaoui » et elle a e
L'ABONNEMENT
Un magazine quotidien, en intégralité. Cinq articles de fond et une capsule audio chaque jour, sur l'histoire et la mémoire d'un très vieux royaume. 9 euros par mois, 90 euros par an. Résiliable en un clic.


Nos parents sont partis pour réussir. Nous rentrons pour la même raison.
Le chemin inverse n'est pas un retour en arrière. C'est le calcul le plus rationnel de la décennie. Il y a soixante ans, on quittait le Maroc avec une valise et une certitude : l'avenir était de l'autre côté de la mer. Nos parents et grands-parents ont pris le bateau à Tanger, le train à Oujda, l'avion à Casablanca, direction Paris, Bruxelles, Amsterdam, Montréal. Ils ont eu raison. À leur époque, c'était le calcul juste. Aujourd'hui, leurs enfants font le chemin inverse. Et
il y a 3 heures3 min de lecture


CAPSULE Sidi Frej, l'hôpital de Fès qui soignait les fous par la musique andalouse dès 1286, plus d'un siècle avant l'Europe.
En 1286, un sultan mérinide fonde au cœur de la médina un maristane où l'on soigne les malades de l'esprit par la musique andalouse, les parfums et l'eau qui coule, financé par les habous, gratuit pour les pauvres. Valence le prendra pour modèle en 1410 pour ouvrir le premier asile d'Occident.
il y a 8 heures4 min de lecture


Le Maroc met 4 milliards sur la santé mentale. Il soignait déjà les malades mentaux par la musique au XIIIe siècle.
Près d'un Marocain sur deux a connu un trouble mental. Le pays compte moins de cinq cents psychiatres. Jeudi, l'État a enfin mis un chiffre en face. Il reste à faire tomber ce que l'argent ne fait pas tomber : le tabou. Jeudi 3 septembre, à Rabat, le ministre de la Santé a lancé le Plan Santé Mentale 2030. Près de quatre milliards de dirhams. Le nombre de lits psychiatriques presque doublé, de 2 466 à 4 728. Dix-sept hôpitaux au lieu de dix. Des psychologues dans le secteur p
il y a 8 heures5 min de lecture
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