Le Maroc met 4 milliards sur la santé mentale. Il soignait déjà les malades mentaux par la musique au XIIIe siècle.
- il y a 2 jours
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Près d'un Marocain sur deux a connu un trouble mental. Le pays compte moins de cinq cents psychiatres. Jeudi, l'État a enfin mis un chiffre en face. Il reste à faire tomber ce que l'argent ne fait pas tomber : le tabou.

Jeudi 3 septembre, à Rabat, le ministre de la Santé a lancé le Plan Santé Mentale 2030. Près de quatre milliards de dirhams. Le nombre de lits psychiatriques presque doublé, de 2 466 à 4 728. Dix-sept hôpitaux au lieu de dix. Des psychologues dans le secteur public multipliés par vingt-quatre, de 32 à 786. Trois fois plus de psychiatres formés chaque année.
J'ai écrit sur ce sujet il y a quelques mois, quand personne n'en parlait. Je vais recommencer aujourd'hui, parce que ce plan est une bonne nouvelle, et parce qu'une bonne nouvelle mal comprise ne change rien.
Il faut commencer par le chiffre que le ministère a lui-même posé sur la table : 6,5 millions de Marocains vivent avec un trouble de santé mentale, dont deux millions d'enfants et de jeunes. Et 85 % d'entre eux n'ont pas accès aux soins dont ils ont besoin. Le Conseil économique, social et environnemental disait déjà que près de la moitié des Marocains ont connu un trouble mental au cours de leur vie. Les femmes davantage que les hommes.
En face, jusqu'à jeudi : moins de cinq cents psychiatres, une dizaine d'hôpitaux, environ deux pour cent du budget de santé.
Quarante millions d'habitants. Moins de cinq cents psychiatres. Voilà d'où on part.
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