Le Maroc envoie aux Oscars un film sur ses propres femmes exploitées dans les fraises d'Espagne, signé par la réalisatrice qu'on voulait interdire en 2006
- il y a 2 jours
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La más dulce représentera le Royaume à l'Oscar du meilleur film international 2027. Un titre en espagnol, des ouvrières agricoles marocaines maltraitées en Andalousie, et derrière la caméra, Laila Marrakchi, dont le premier film avait déclenché une campagne pour le faire retirer des salles. Ce choix dit plus sur le pays que sur le film.

Un pays qui choisit sa blessure
Un État qui sélectionne son film pour les Oscars choisit une image de lui-même. Il peut envoyer une carte postale, un conte, une fresque historique. Le Centre cinématographique marocain, organisme public, a retenu à l'unanimité un film sur des Marocaines qui partent cueillir des fraises en Espagne et y sont abusées.
Ma thèse est simple : ce choix est un acte politique, et il est le bon. Le Maroc de 2026 n'a plus besoin de se montrer beau. Il peut se montrer vrai, et laisser un jury américain regarder ses ouvrières agricoles en face. Un pays qui envoie sa blessure à Hollywood est un pays qui n'a plus peur de ce qu'on dira de lui. Il y a vingt ans, la même réalisatrice avait été traitée en ennemie de la nation. La même institution la porte aujourd'hui. C'est cette distance-là que je veux mesurer.
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