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La famille Lahlou, ou comment un seul nom marocain traverse trois religions, deux continents et six siècles sans jamais se briser (Série Les grandes familles de Fès, épisode 1 sur 10)

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

Deux frères survivent à un massacre et fondent une dynastie. Des ancêtres quittent Cordoue. Aujourd'hui, des branches de cette même famille vivent en Israël, chrétiennes et juives. Premier épisode d'une série sur les noms qui ont fait Fès.

Famille Lahlou

Je ne peux pas parler des grandes familles de Fès sans commencer par celle-ci. Pas parce qu'elle serait la plus puissante, ni la plus riche, ni la plus titrée. Parce qu'elle est la plus démonstrative. Le parcours de la famille Lahlou est une leçon d'histoire marocaine à lui seul : il traverse les époques, les dynasties, les religions et les continents, et il ne se rompt jamais.


Commençons par ce que les chroniqueurs racontent.


Le vizir qui pesait trop lourd

Nous sommes au quinzième siècle. La dynastie mérinide s'épuise. Le sultan Abd al-Haqq est monté sur le trône à l'âge d'un an, et pendant vingt-huit ans, ce n'est pas lui qui gouverne : ce sont les Beni Wattas, des Berbères zénètes venus du Rif, apparentés aux Mérinides, qui exercent la régence depuis le poste de vizir. Un pouvoir dans le pouvoir. Une famille qui tient l'État pendant qu'une autre porte la couronne.


Le vizir Yahya ben Yahya Wattassi finit par peser plus lourd que son maître. En 1459, le sultan devenu adulte règle le problème à la manière de son siècle : il fait emprisonner le vizir et massacrer sa famille entière.

Entière, presque. Deux frères en réchappent et s'enfuient dans le désert. Ils s'appellent Mohamed Cheïkh et Mohamed Lahlou.


Retenez ces deux noms, parce que la suite est un des plus beaux retournements de notre histoire.

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