Le Times accuse, la FIFA dément, et pendant ce temps un fait demeure : c'est au Maroc que Gianni Infantino est venu chercher son avenir politique
- 6 août
- 3 min de lecture
Entre la révélation du quotidien britannique sur une finale 2030 promise à Casablanca et le démenti immédiat de l'instance mondiale, une seule certitude s'impose : le président le plus puissant du football mondial a choisi Rabat comme refuge au pire moment de son mandat

Il faut lire cette séquence à froid, en séparant ce qui est affirmé, ce qui est démenti, et ce qui est établi.
Ce que le Times affirme
Le quotidien britannique The Times a publié une information retentissante : Gianni Infantino, président de la FIFA, aurait proposé au Maroc d'accueillir la finale de la Coupe du monde 2030 au futur stade Hassan II de Casablanca, en échange d'un soutien public en pleine crise de gouvernance. Le contexte : Infantino traverse la période la plus difficile de son mandat. Son projet d'ouvrir la Coupe du monde à des capitaux privés a été abandonné sous la pression, l'UEFA s'oppose frontalement à lui, les ligues européennes réclament une réforme en profondeur de la FIFA, et des voix de plus en plus nombreuses appellent à son départ avant l'élection présidentielle de l'instance, prévue en 2027.
Ce que la FIFA dément
La réponse de l'instance n'a pas tardé. Interrogée par l'agence de presse espagnole EFE, la FIFA a qualifié ces affirmations de fausses et trompeuses, assurant que son président n'a pris aucun engagement sur le lieu de la finale et que la décision sera prise en temps voulu. L'Espagne s'est immédiatement engouffrée dans la brèche. La responsable de la candidature espagnole a rappelé les titres mondiaux de la sélection, l'expérience du pays en matière de grands événements et son réseau de transports, pour revendiquer une finale au Santiago Bernabeu de Madrid.
Un démenti est une position institutionnelle. Il n'efface pas une information, il la gère. Chacun jugera. Mais ce débat entre Londres et Zurich ne change rien à l'essentiel.
Ce qui est établi et que personne ne conteste
Trois faits demeurent, vérifiés et non démentis.
Un : en pleine tempête, c'est au Maroc que Gianni Infantino s'est rendu. Cette semaine, il a réuni les dirigeants de la FIFA au complexe Mohammed VI de football, près de Rabat, pour une réunion de crise. Quand le patron du football mondial cherche un sol stable, il le trouve en terre marocaine. Ce n'est pas un hasard : la FIFA a inauguré son premier bureau régional d'Afrique du Nord près de Rabat, et l'élection présidentielle de 2027 se tiendra au Maroc.
Deux : la candidature de Casablanca à la finale de 2030 n'est pas née de cette polémique. Elle la précède de loin. Le stade Hassan II, en construction entre Casablanca et Rabat, vise 115 000 places et l'ambition affichée d'être le plus grand stade du monde. Le Portugal a déjà renoncé à la finale, faute d'enceinte suffisante. La question se joue entre Casablanca et Madrid, sur dossier. Le Maroc n'a besoin de la faveur de personne : il a un stade, une expérience fraîche de l'organisation de la CAN, et une position centrale dans le football africain.
Trois : le Maroc n'a rien demandé. Dans toute cette séquence, le Royaume n'est pas l'acteur, il est l'enjeu. C'est Infantino qui se déplace, c'est le Times qui révèle, c'est la FIFA qui dément, c'est l'Espagne qui s'inquiète. Le Maroc, lui, construit son stade et attend la décision.
La lecture froide
Cette affaire dit moins de choses sur le Maroc que sur l'état du football mondial. Une instance en crise, un président contesté, des fédérations européennes en fronde. Et au milieu de ce chaos, un pays vers lequel tout le monde se tourne.
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