Mondial 2030 : qui veut vraiment exclure le Maroc, et pourquoi ça ne marchera pas
- 7 août
- 2 min de lecture
Ils sont opposés sur tout. L'extrême droite espagnole de Vox et la gauche radicale de Sumar et Podemos ne votent jamais ensemble, ne pensent jamais ensemble, ne défilent jamais ensemble. Ils viennent pourtant de trouver un terrain d'entente : attaquer le Maroc. Leur cible commune, c'est la co-organisation de la Coupe du monde 2030 par le Royaume aux côtés de l'Espagne et du Portugal.

Ce qui s'est réellement passé
Les faits, précisément. La coalition de gauche Sumar a déposé au Congrès espagnol une proposition non législative demandant au gouvernement de réexaminer la co-organisation du Mondial 2030 avec le Maroc, d'en informer officiellement la FIFA, la Fédération espagnole de football et le gouvernement portugais, et de commander une étude indépendante sur les risques liés aux droits humains dans les pays hôtes. Le prétexte invoqué : les événements survenus fin juillet à la frontière de Sebta.
Au Portugal, le parti écologiste Livre, cinquième force parlementaire avec six députés, a adressé une lettre à son gouvernement et à la fédération portugaise, jugeant la participation du Maroc « devenue intenable ».
Puis, au lendemain des démarches de la gauche radicale, Vox a déposé sa propre proposition non contraignante. Le parti de Santiago Abascal accuse le Maroc d'avoir instrumentalisé l'immigration, affirme que la confiance est détruite, et refuse par avance que la finale se joue à Casablanca, ce qu'il considérerait comme une humiliation pour l'Espagne.
Ce que ces textes valent réellement
Voici ce que ces formations espèrent que vous ne remarquerez pas : aucune de ces propositions n'a de valeur contraignante. Ni celle de Sumar, ni celle de Podemos, ni celle de Vox, ni la lettre de Livre. Aucune ne remet en cause l'attribution par la FIFA de la Coupe du monde 2030 au trio Maroc-Espagne-Portugal. Il ne s'agit ni d'une décision du gouvernement espagnol, ni d'un retrait de l'Espagne, ni d'une procédure ouverte à la FIFA. Ce sont des gestes politiques à destination de leurs électorats respectifs.
La presse marocaine ne s'y est pas trompée, qui décrit un mécanisme de manipulation politique et de propagande ciblée : une crise migratoire réelle, transformée en arme contre un partenaire stratégique de l'Espagne.
La convergence qui dit tout
Le plus révélateur dans cette séquence n'est pas juridique, il est politique. Quand la gauche radicale invoque les « droits humains » et que l'extrême droite invoque la « souveraineté », et que les deux aboutissent exactement à la même conclusion, exclure le Maroc, ce n'est plus une analyse, c'est un réflexe. Le Maroc est devenu le point de convergence des extrêmes européens, le seul sujet sur lequel Vox et Podemos savent s'entendre.
Pendant ce temps, les gouvernements espagnol et portugais, eux, n'ont rien remis en cause. Madrid connaît le poids réel de son partenariat avec Rabat : sécuritaire, migratoire, économique. Et la préparation du Mondial 2030 continue.
Le Maroc a l'habitude de ces tempêtes parlementaires sans lendemain. Il y répond comme toujours : par le travail, par les stades qui sortent de terre, et par une échéance que rien ne changera. En 2030, la Coupe du monde se jouera aussi sur la terre marocaine.
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