Au Maroc, il existe des saints que Juifs et Musulmans se partagent. Et personne ne sait vraiment qui ils étaient.
- 7 août
- 4 min de lecture
Il y a des tombeaux, dans le Haut-Atlas, devant lesquels deux hommes peuvent se recueillir côte à côte. Le premier murmure une prière en hébreu. Le second récite une invocation en arabe. Chacun est convaincu que le saint qui repose là appartient à sa tradition. Aucun des deux ne se trompe. Ce phénomène ne s'observe pratiquement nulle part ailleurs au monde. Au Maroc, il est documenté dans au moins vingt-cinq sites.

Une terre saturée de sacré
Pour comprendre ce mystère, il faut d'abord comprendre ce qu'est le Maroc spirituel. L'islam qu'on y pratique repose sur trois piliers : l'ash'arisme, qui enseigne que Dieu est au-dessus de tout mais présent en toute chose, le malékisme, école juridique du consensus et du discernement, et le soufisme, la voie mystique. Les soufis ne cherchent pas la conformité extérieure : ils cherchent une relation intime et directe avec Dieu, par la purification de l'âme, la méditation, le dhikr, ces récitations répétées en cercle jusqu'à ce que la frontière entre le croyant et l'invoqué se trouble.
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