Une tribu amazighe musulmane s'appelle encore Aït Cohen : ce que l'historien Mohammed Kenbib a écrit, et ce que votre nom de famille dit du Maroc d'avant l'islam

Des familles juives qui s'appelaient Amghar, Azencot ou Ouaknine, une tribu musulmane qui porte le nom des prêtres du Temple de Jérusalem, et six tribus amazighes qu'Ibn Khaldoun dit juives avant l'islam, dont une a laissé son nom à vingt kilomètres de Casablanca.
Il y a une phrase que je n'arrive pas à lâcher depuis que je l'ai relue cette semaine. Elle est de Mohammed Kenbib, l'historien de l'Université Mohammed V de Rabat, l'homme qui a passé sa vie dans les archives des relations entre Juifs et musulmans du Maroc. Dans son grand livre de 1994, au milieu d'un chapitre sur les parlers et les coutumes, il écrit qu'une tribu amazighe « continuait à s'appeler Aït Cohen malgré l'ancienneté de son islamisation et la propagation de la langue arabe ».
Relisez. Aït Cohen. Les fils de Cohen. Une tribu musulmane, arabisée depuis des siècles, qui porte le nom des descendants d'Aaron, les prêtres du Temple de Jérusalem, ceux qui, aujourd'hui encore, dans toutes les synagogues du monde, n'ont pas le droit d'entrer dans un cimetière.
Et Kenbib ajoute, dans la même phrase, l'autre face du miroir : des familles juives du Maroc portaient, elles, des noms amazighs. Il en cite sept. Afriat, Amghar, Amzellag, Azencot, Bou Tahlast, Ouaknine, Ohana.
J'ai cherché pendant deux jours où vivent les Aït Cohen. Kenbib ne le dit pas. Les listes de tribus du Protectorat ne les donnent pas. Je n'ai pas trouvé. Alors je vous le demande, à vous qui me lisez du Souss, de l'Atlas, de l'Oriental : si ce nom est le vôtre, écrivez-moi. Cet article aura une suite, et vous l'écrirez avec moi.
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