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Le jour où la Tunisie a expulsé Moulay Hicham avant sa conférence sur la démocratie
Le 8 septembre 2017, cinq policiers viennent chercher le cousin germain du roi Mohammed VI au bord de la piscine de son hôtel à Tunis. Il devait intervenir deux jours plus tard dans un forum de Stanford consacré aux transitions démocratiques. Aucun motif précis ne lui est donné. Six ans plus tard, les autorités tunisiennes lui refusent de nouveau l'entrée sur le territoire. Moulay Hicham vient d'arriver à Tunis. Le prince marocain, fils de Moulay Abdallah, frère de Hassan II,


1991 : après 17 ans de prison, Abraham Serfaty est expulsé comme « Brésilien ».
Né à Casablanca, juif marocain, ingénieur et ancien haut fonctionnaire, il n’avait jamais mis les pieds au Brésil. Huit ans plus tard, Mohammed VI autorise son retour au Maroc. 13 septembre 1991. Abraham Serfaty sort de la prison centrale de Kénitra. Il a 65 ans. Il vient de passer dix-sept années en détention après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour son engagement au sein de l’organisation marxiste-léniniste clandestine Ila al-Amam. On pourrait imaginer qu’il va en


La décennie noire algérienne : ce que le Maroc a construit différemment
Dans les années 1990, l’Algérie bascule dans une guerre qui fera plus de 100 000 morts. À quelques centaines de kilomètres, le Maroc traverse les mêmes secousses régionales sans connaître le même effondrement. Pour comprendre cette divergence, il faut regarder ce que notre pays possède de plus ancien que ses gouvernements : un centre institutionnel, religieux et historique qui traverse les crises. Il y a des histoires que l’on raconte pour comprendre les autres. Et il y en a


31 juillet 2026 : pourquoi des centaines de dignitaires s’inclinent encore devant Mohammed VI
Pour beaucoup d’étrangers, la scène paraît sortie d’un autre siècle. Pourtant, la Bayʿa n’est ni un folklore inventé pour les caméras ni une simple révérence au Roi : elle vient d’une institution politique islamique ancienne que le Maroc a transformée en rituel national. Et même les Juifs marocains ont historiquement exprimé leur allégeance au Trône, à leur manière. Le 31 juillet 2026, dans la cour du palais royal de Tétouan, la scène recommence. Mohammed VI est là. Devant lu


Le 7 janvier 2004, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a confié Tazmamart et Derb Moulay Cherif à un homme sorti de prison après dix-sept ans
Driss Benzekri, détenu de 1974 à 1991, a présidé la commission qui a fait témoigner à la télévision les prisonniers du règne précédent. Pourquoi seul le trône pouvait rouvrir ces portes, et ce qu'il en reste aujourd'hui. Rabat, 7 janvier 2004. Sa Majesté le Roi Mohammed VI reçoit au Palais un homme de cinquante-trois ans, mince, la voix basse. Driss Benzekri a passé dix-sept ans dans les prisons du Royaume, de 1974 à 1991, pour son engagement dans l'extrême gauche marxiste. L


Le 19 août 1985, Hassan II a fait parler un pape à 80 000 jeunes musulmans dans le stade de Casablanca
Aucun chef d'État musulman n'avait jamais invité un pape à s'adresser à sa jeunesse. Ce que le Commandeur des croyants y gagnait, et ce que son fils en a fait sous la pluie de Rabat trente-quatre ans plus tard. Le lundi 19 août 1985, dans le stade Mohammed V de Casablanca, Hassan II monte à la tribune devant 80 000 jeunes Marocains. Il ne parle pas longtemps. Il présente l'homme en blanc assis à côté de lui, Jean-Paul II, et lui laisse le micro. Le pape parle en français, de


Sidi Mohammed ben Abdallah a offert ce jardin à son fils Mamoun pour son mariage. En 2024, l'État l'a vendu 173 millions de dollars à l'OCP. C'est La Mamounia.
Au dix-huitième siècle, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah offre à son fils, le prince Mamoun, un verger de treize hectares à Marrakech pour ses noces. En 1923, une compagnie française de chemins de fer y bâtit un hôtel. En juillet 2024, l'État marocain cède ses parts dans cet hôtel à l'Office chérifien des phosphates pour 173 millions de dollars. Le cadeau de mariage rapporte aujourd'hui 226 millions de dirhams de bénéfice net par an. On raconte La Mamounia par sa liste d'


Le 4 février 1998, Hassan II a nommé Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, l'opposant qu'il avait fait condamner en 1963
En Algérie, en janvier 1992, l'armée a annulé le vote plutôt que de laisser gagner l'opposition. 200 000 morts ont suivi. Pourquoi le Maroc a pu faire l'inverse. Le 4 février 1998, Hassan II nomme Abderrahmane Youssoufi Premier ministre. Cet homme, le Roi l'avait fait condamner pour complot en 1963. Il avait vécu quinze ans en exil en France pour lui échapper. Il revient au Palais à 73 ans, parce que son parti a gagné les élections, et le Roi lui confie le gouvernement. Six a


Le jour où Hassan II a pleuré devant les caméras : 20 décembre 1983, la mort de son frère Moulay Abdallah
Le Roi qui ne montrait jamais une faille s'effondre en direct à la télévision sur le cercueil de son cadet, mort d'un cancer à 48 ans. Douze ans plus tôt, ce frère avait pris des balles pour lui à Skhirat. Le 20 décembre 1983, les Marocains allument la télévision et voient une chose qu'ils n'ont jamais vue : Feu Sa Majesté le Roi Hassan II pleure. Pas une larme retenue. Le souverain plié en deux, inconsolable, sur le cercueil de son frère cadet, le prince Moulay Abdallah, mor


Une princesse au visage découvert et un Code de la famille réformé : les deux années qui ont changé la place des femmes au Maroc
Pendant des siècles, l'épouse du souverain n'a eu ni nom, ni visage, ni rang. En 2002, le Roi donne à une ingénieure de Fès un titre, des tournées officielles et une place à ses côtés. Ce n'était pas une histoire d'amour rendue publique. C'était la preuve visuelle d'une réforme qui n'existait pas encore. La règle On dit que le Maroc n'a pas de reine. Le protocole alaouite ne connaît que la « Mère des Princes ». La mère de Hassan II, Lalla Abla, n'a jamais été montrée. La mère


« Je suis fondamentaliste » : la phrase royale que personne n'a comprise
Imaginez un chef d'État déclarer aujourd'hui, face caméra, à la télévision française : je suis fondamentaliste. Tollé immédiat, unes indignées, éditorialistes en surchauffe. C'est pourtant exactement ce qu'a fait Feu Sa Majesté le Roi Hassan II en 1991. Et ceux qui ont crié au scandale n'avaient simplement pas le niveau pour comprendre la leçon. Laissez-moi vous la donner. Deux mots que tout le monde confond


Moulay El Hassan à 23 ans : le premier Prince Héritier formé entièrement au Maroc, et ce que ce choix dit du Royaume qu'il héritera
Formé au Maroc, en amazighe, dans l'armée, au contact d'étudiants ordinaires. Rien dans le parcours du Prince Héritier n'est un hasard. Voici ce que les sources publiques permettent d'établir, et ce qu'elles ne disent pas. Le 8 mai 2003, 101 coups de canon annoncent à Rabat la naissance d'un garçon au Palais royal. Sa Majesté le Roi Mohammed VI lui donne le prénom de son père, feu Hassan II. Vingt-trois ans plus tard, Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan pré


Le jour où j'ai vu mon père pleurer : la mort de Hassan II et les sept jours de deuil observés en Israël
J'avais sept ans. Je me souviens du silence. Les rues vides, les rideaux de fer baissés, les commerces fermés. Une ville entière qui s'arrête. Et le soir, une tristesse qu'on pouvait sentir dans l'air, comme une chose physique. Mais ce qui m'a marqué, ce n'est pas la rue. C'est mon père. Mon père ne montrait jamais ses émotions. Jamais. C'était un homme de sa génération, de cette école-là. Ce jour de juillet 1999, je l'ai vu pleurer. Je n'ai pas compris tout de suite. Un enfa


LA FORTUNE DU ROI PROTÈGE L'INDÉPENDANCE ÉCONOMIQUE DU MAROC
Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole quittent l'Afrique et vendent leurs banques. Le Burkina Faso, la Guinée et la Mauritanie ont appris la nouvelle sans avoir voix au chapitre. Le Maroc, lui, rachète. Voici comment Al Mada tient les banques, les mines, les télécoms et l'énergie du Royaume. Posez-vous une question que personne ne pose. Qui décide de rester quand ça devient difficile ? Pas dans l'abstrait. Concrètement. Quand un pays traverse une crise, quand sa mo


Barrages et autoroutes de l'eau : la doctrine cachée du Maroc
En 1967, le Royaume irriguait 150 000 hectares. Un Roi en a promis un million avant la fin du siècle. De cette promesse sont nés 156 barrages, puis des canaux géants qui déplacent l'eau du nord vers le sud. Ce n'est pas de l'ingénierie, c'est une politique de souveraineté.


Il n'a pas renoncé au trône
En janvier 2022, une femme de 92 ans meurt à Rabat. Elle s'appelle Jeannine Paulette Verret. Elle est née à Belleville, dans le vingtième arrondissement de Paris, et personne au Maroc ne connaît ce nom. Sous celui d'Etchika Choureau, elle avait été l'un des visages du cinéma français des années 1950. Prix du meilleur espoir féminin en 1953. Hollywood en 1958, deux films tournés sous la direction de William Wellman. Puis plus rien, ou presque. Dix-sept longs métrages en tout,


Le Maroc est classé 93e en démocratie. Le problème n'est pas le Maroc, c'est la règle avec laquelle on le mesure.
Douze siècles de continuité, un pacte d'allégeance renouvelé chaque année au Palais, une autorité spirituelle reconnue bien au-delà des frontières du Royaume. Rien de tout cela n'entre dans une grille conçue ailleurs, pour autre chose. Et certains régimes ne pourront jamais le comprendre, pour une raison qui tient à leur propre naissance. On m'a posé la question à Paris, à table, sur ce ton poliment supérieur que je connais par cœur : « Mais concrètement, vous en pensez quoi,


Feu Sa Majesté Hassan II tenait tout lui-même. Sa Majesté le Roi Mohammed VI confie. Un seul des deux avait le choix.
Deux rois, deux méthodes de gouvernement que tout oppose en apparence. Voici pourquoi la différence n'est pas une affaire de tempérament mais de contexte, qui sont les hommes de confiance du règne actuel, et ce que le père a réellement légué au fils. Le 9 novembre 1999, trois mois et demi après son accession au Trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, met fin aux fonctions de Driss Basri, ministre de l'Intérieur depuis vingt ans, l'homme le plus redouté du Ma


Il n'est pas le Commandeur des musulmans
Tout le monde traduit le titre de la même manière. Amir Al-Mouminine, Commandeur des croyants. On y voit une formule de piété, un reste de califat, la façon solennelle de dire que le souverain du Maroc dirige les musulmans du Royaume. Ce n'est pas ce que le titre dit. Le mot musulman existe en arabe. Il est disponible. Le titre aurait pu être Amir Al-Muslimin, Commandeur des musulmans. Il aurait décrit une autorité sur une seule communauté de foi, sans la moindre ambiguïté. C


Élevé pour régner : ce qu'un roi apprend depuis le berceau
Un président apprend le métier de chef de l'État en l'exerçant, sous les yeux de ses électeurs. Un roi du Maroc, lui, s'y prépare depuis l'enfance : Collège Royal à quatre ans, éducation stricte, droit, doctorat, institutions européennes. Ce n'est pas un poste, c'est une mission pour toute une vie. Et cette différence explique tout le reste.


Soixante-sept jours à Marrakech : ce que l'exil du Chah dit vraiment de la politique étrangère du Royaume
En 1979, le Maroc a hébergé l'homme le plus encombrant de la planète. On raconte cette histoire comme un conte de fidélité. Je crois qu'il faut la lire autrement : comme la première application d'une doctrine que le Royaume oppose encore à Téhéran aujourd'hui. Il y a une image que je regarde souvent. Deux hommes en tenue de cérémonie, un rideau lourd derrière eux, une souveraine entre les deux. L'un règne sur le Levant, l'autre sur le Couchant. Ils se ressemblent : même idée


Le Roi que personne n'entend, et que le monde entier écoute
Pas de tweets. Pas d'interviews. Pas de déclarations à chaud. Sa Majesté le Roi Mohammed VI n'intervient que lors des discours officiels. Dans un siècle où les dirigeants commentent tout, en temps réel, souvent pour le regretter, ce choix intrigue. Ce n'est pas un hasard. C'est une doctrine. Et je vais vous la décomposer. La loi que les puissants connaissent depuis toujours Robert Greene en a fait la quatrième de ses 48 lois du pouvoir : dites-en toujours moins que nécessaire


Le Makhzen, le mot qui dérange nos ennemis depuis trois siècles
Il voulait dire « le trésor ». Il est devenu la machine qui explique pourquoi le Maroc tient debout quand ses voisins s'effondrent.


Le Maroc est 6e nation mondiale de football. Ce n'est pas un exploit, c'est un plan de 2008.
Ce que le monde appelle une surprise, le Royaume l'appelle un calendrier. Regardez ce classement une seconde fois. Espagne, championne du monde. Argentine. France. Angleterre. Brésil. Maroc. Sixième nation mondiale. À moins d'un point du Brésil. Devant le Portugal de Ronaldo, devant les Pays-Bas, devant l'Allemagne et l'Italie. Aucun pays africain n'avait approché un tel rang depuis le Nigeria de 1994. Et pendant le tournoi, les Lions de l'Atlas ont même touché la cinquième p
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