top of page


Pourquoi la Palestine fait-elle marcher ensemble islamistes et gauche radicale au Maroc ?
Le coordinateur national du Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation vient d’Annahj Addimocrati Al Oummali. Son premier adjoint appartient à Al Adl wal Ihsane. Sur la religion, la société, les institutions ou le modèle politique, ces familles ne défendent pas le même Maroc. Pourtant, lorsqu’il est question de Palestine et de normalisation, elles peuvent se retrouver dans la même organisation et bientôt dans les mêmes manifestations. Ce rapprochement


À quoi servent les élections au Maroc si le Roi nomme le Chef du gouvernement ?
Depuis 2011, le souverain ne choisit pas librement parmi tous les partis : la Constitution l’oblige à nommer le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des législatives. Mais elle lui conserve une véritable fonction de nomination. Voilà comment les deux logiques s’articulent. Demain, 23 septembre 2026, les Marocains éliront les 395 membres de la Chambre des représentants. À partir du 24 septembre commencera la séquence qui conduira à la formation d’un nouveau gou


Sorcellerie au Maroc : quand l’invisible passe avant le diagnostic
Du souvenir de Bouya Omar aux amulettes portant des signes kabbalistiques, les pratiques de l’invisible ont une histoire matérielle. Leurs conséquences se mesurent aussi dans les familles, les consultations et les soins retardés. Le 29 juin 2015, le ministère marocain de la Santé annonce la fin de l’opération d’évacuation de personnes souffrant de troubles mentaux retenues aux alentours de Bouya Omar. Son communiqué indique que les hôpitaux ont accueilli quelque 795 malades.


Al Hoceima : le Maroc face à l’épreuve du Hirak
En 2016, la mort de Mouhcine Fikri déclenche une contestation qui dépasse rapidement le Rif. Mais l’histoire du Hirak raconte aussi autre chose : comment le Maroc a été confronté aux retards de sa propre administration et à l’exigence de rendre des comptes. Le 28 octobre 2016, à Al Hoceima, Mouhcine Fikri meurt dans des circonstances terribles en tentant de récupérer une marchandise confisquée jetée dans une benne à ordures. L’image choque le Maroc. Dès le lendemain, des habi


Un Juif marocain installé à Tel-Aviv est-il encore marocain ?
La réponse à cette question dit probablement plus de notre identité nationale que cent discours sur la « marocanité ». Et elle tient dans un mot que beaucoup de Marocains commencent seulement à découvrir : Tamaghrabit. Prenez une famille juive originaire de Fès. Les grands-parents parlaient darija. La grand-mère préparait la dafina. Les mariages se faisaient au son de mélodies marocaines. Les ancêtres sont enterrés au Maroc. Les noms de famille, les bénédictions, les recettes


Pourquoi retrouve-t-on les mêmes noms de famille chez des Juifs et des Musulmans marocains ?
Attar, Amar et d’autres patronymes peuvent apparaître dans des familles musulmanes comme juives d’Afrique du Nord. Ce n’est pas nécessairement la preuve d’un ancêtre commun. C’est parfois quelque chose de plus intéressant : la trace d’un monde où deux communautés religieuses différentes fabriquaient leurs noms avec les mêmes langues, les mêmes métiers et les mêmes territoires. Prenez le nom Attar. En arabe, ʿaṭṭār désigne traditionnellement le marchand de parfums, d’épices ou


Amazigh ou arabe ? Ce que l’ADN des Marocains dit vraiment de nous, et de notre part juive
En 2025, des chercheurs ont séquencé 109 génomes marocains. Leur résultat bouscule une question que nous posons depuis des décennies : génétiquement, le Marocain n’est pas simplement “amazigh ou arabe”. Et lorsqu’on cherche sa part juive, l’histoire devient encore plus surprenante. Amazigh ou arabe ? C’est probablement l’une des questions identitaires les plus mal posées du Maroc. Parce que la génétique ne voit pas deux peuples parfaitement séparés, l’un amazigh, l’autre arab


Au Maroc, « sioniste » est devenu une insulte avant d’être une définition.
On peut rejeter la politique de Netanyahu, les colonies ou la guerre à Gaza. On peut défendre les Palestiniens. Mais encore faut-il savoir ce que l’on désigne lorsque l’on traite quelqu’un de « sioniste ». Car à force de transformer un mot historique en condamnation morale automatique, nous avons cessé de discuter de ce qu’il signifie réellement. Au Maroc, il suffit parfois d’un mot pour arrêter une conversation. Sioniste. Vous parlez du judaïsme marocain ? Sioniste. Vous pub


1991 : après 17 ans de prison, Abraham Serfaty est expulsé comme « Brésilien ».
Né à Casablanca, juif marocain, ingénieur et ancien haut fonctionnaire, il n’avait jamais mis les pieds au Brésil. Huit ans plus tard, Mohammed VI autorise son retour au Maroc. 13 septembre 1991. Abraham Serfaty sort de la prison centrale de Kénitra. Il a 65 ans. Il vient de passer dix-sept années en détention après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour son engagement au sein de l’organisation marxiste-léniniste clandestine Ila al-Amam. On pourrait imaginer qu’il va en


Pourquoi le Mellah de Fès a-t-il des balcons quand la médina regarde vers l’intérieur ?
À quelques mètres de distance, deux façades semblent raconter deux Maroc différents. Dans la médina traditionnelle, la maison protège son intimité derrière ses murs. Dans certaines rues du Mellah, fenêtres et balcons s’ouvrent au contraire sur la rue. Mais l’explication n’est ni aussi religieuse ni aussi simple qu’on pourrait le croire. Il suffit de marcher quelques minutes dans Fès pour remarquer quelque chose d’étrange. Dans une grande partie de la médina ancienne, la maiso


Le mauvais œil au Maroc : pourquoi on cache ce qui est précieux
Façades modestes, intérieurs somptueux, « tbarkallah », khmissa, silence autour de certaines réussites : derrière le mauvais œil se cache bien plus qu’une superstition. Il révèle une manière marocaine de penser le regard des autres. Dans une médina marocaine, l’une des plus belles maisons de la rue peut être celle que vous ne remarquez pas. Une porte en bois. Un mur presque aveugle. Peu d’ornements visibles depuis l’extérieur. Puis la porte s’ouvre : zellige, bois sculpté, pl


Pourquoi certaines familles marocaines savent encore d’où elles viennent sur plusieurs siècles
Au Maroc, demander à quelqu’un « tu es d’où ? » n’a jamais voulu dire seulement « dans quelle ville habites-tu ? ». Dans certaines maisons, le nom de famille est encore une archive, l’origine une boussole, et l’arbre généalogique une façon de tenir debout dans le temps. Il y a des pays où un nom de famille sert surtout à remplir un formulaire. Et puis il y a le Maroc. Au Maroc, un nom peut encore ouvrir une porte. Il peut vous renvoyer à une ville, une tribu, une vallée, un s


Ibn Khaldoun l’avait compris en 1377 : un État s’affaiblit quand son peuple ne sait plus dire « nous »
Dans la Muqaddimah, Ibn Khaldoun donne un nom à la force invisible qui fait naître les puissances puis disparaît lorsqu’elles s’installent dans le confort : l’ʿasabiyya. Sept siècles plus tard, son intuition permet de comprendre pourquoi le patriotisme reste une question centrale pour la cohésion d’un pays. 1377 Ibn Khaldoun s’est retiré à Qalʿat Ibn Salama. L’homme a vu les cours, les intrigues, les changements de pouvoir, les alliances qui se font et se défont. Dans cette r


Le PJD condamne les ambassades Maroc-Israël… puis demande à ses militants de passer à autre chose
À six jours des législatives, le Parti de la justice et du développement a publié un communiqué d’une rare tension : il condamne l’élévation des représentations maroco-israéliennes au rang d’ambassades, puis demande presque aussitôt à ses militants de ne pas laisser le sujet engloutir la campagne. Pour comprendre ce paradoxe, il faut connaître le PJD, Abdelilah Benkirane et surtout une contradiction vieille de six ans. Le 17 septembre, le Parti de la justice et du développeme


Casablanca va boire l’Atlantique. Et le Maroc n’a pas construit ce virage seul.
La première phase de la future station de dessalement de Casablanca doit entrer en service en 2027. Le projet est marocain, construit avec un groupe espagnol, mais il s’inscrit aussi dans plusieurs années de coopération technique avec Israël sur l’eau et le dessalement. À Casablanca, le changement va bientôt arriver directement au robinet. La Société régionale multiservices de Casablanca-Settat prépare actuellement le raccordement de la future eau dessalée au réseau de distri


Les années de plomb : la force d’un pays qui a choisi de regarder son histoire en face
Le Maroc aurait pu enfouir cette période, attendre que les témoins disparaissent et laisser d’autres écrire son histoire à sa place. Il a fait l’inverse. En 2004, le Royaume a créé une commission officielle pour enquêter sur les violations graves commises entre 1956 et 1999. Reconnaître cette page n’affaiblit pas le Maroc. C’est précisément ce qui montre la solidité de ses institutions. Il y a une erreur que nous commettons parfois entre Marocains. Nous croyons que défendre n


Juifs et Musulmans du Maroc : le même caftan, le même tagine, les mêmes saints
Rabat, 18 novembre 1941. C'est la Fête du Trône, et la France qui administre le Maroc est celle de Vichy. Des lois viennent d'exclure les Juifs des écoles, des professions, des quartiers européens. Ce jour-là, au palais, devant les officiels français, le Sultan Mohammed V reçoit les dirigeants de la communauté juive avec les notables musulmans, et leur dit ce que Vichy ne veut pas entendre : ils sont ses sujets, au même titre que les autres, et il ne fera pas de différence. I


À Fès, des familles musulmanes descendent des Juifs convertis de 1465
Fès, mai 1465. Le sultan mérinide Abd al-Haqq II a un vizir juif, Harun ben Batash. Dans une ville affamée et humiliée, la rumeur suffit : le vizir aurait fait violenter une femme musulmane. La foule se soulève, le vizir est tué, le sultan lui-même est égorgé, et le quartier juif est mis à sac. Ceux qui survivent ont un choix : mourir, partir, ou prononcer la chahada. Des dizaines de familles la prononcent. Cinq siècles plus tard, leurs descendants sont là. Ils sont musulmans


Le jour de l'Aïd 1968, Hassan II a envoyé Oum Kalthoum fêter le mouton chez un coursier d'un quartier populaire de Rabat. Elle en est sortie en larmes, et a laissé filmer ses concerts.
En mars 1968, Oum Kalthoum, la plus grande voix de la région, vient chanter à Rabat pour la première fois. Elle a 64 ans, elle refuse les caméras depuis toujours, et le billet coûte 300 dirhams, le salaire d'un mois pour beaucoup. Hassan II l'a invitée. Pendant son séjour tombe l'Aïd al-Adha, la fête du mouton. Le Roi lui fait porter deux moutons à son hôtel, puis, sur son ordre, une Jeep l'emmène à Akkari, un quartier ouvrier de Rabat, frapper à la première porte venue. Ce q


Le 4 février 1998, Hassan II a nommé Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, l'opposant qu'il avait fait condamner en 1963
En Algérie, en janvier 1992, l'armée a annulé le vote plutôt que de laisser gagner l'opposition. 200 000 morts ont suivi. Pourquoi le Maroc a pu faire l'inverse. Le 4 février 1998, Hassan II nomme Abderrahmane Youssoufi Premier ministre. Cet homme, le Roi l'avait fait condamner pour complot en 1963. Il avait vécu quinze ans en exil en France pour lui échapper. Il revient au Palais à 73 ans, parce que son parti a gagné les élections, et le Roi lui confie le gouvernement. Six a


Les coranistes gagnent du terrain au Maroc : ce n'est pas un retour au Coran, c'est une réaction au salafisme rigoriste d'inspiration wahhabite
Ils rejettent les hadiths, ne gardent que le texte et remplissent les réseaux. Une autre religion a connu le même schisme il y a douze siècles, et sa fin dit ce qui attend celui-ci. Le Maroc, lui, dispose d'une réponse que peu de pays de la région possèdent. Un jeune Marocain filme son téléphone et déclare qu'il ne croit qu'au Coran. Pas aux hadiths, pas aux imams, pas aux quatre écoles. Il y a dix ans, on l'aurait traité de fou ou d'apostat. Aujourd'hui, il a des dizaines de


Aïcha Kandisha : pourquoi personne ne sait vraiment d’où elle vient
Depuis un siècle, des chercheurs ont voulu retrouver l’origine du personnage le plus inquiétant du folklore marocain. Déesse antique, djinniya, souvenir portugais, figure gnawa : leurs réponses sont incompatibles. Et si le problème venait précisément de notre obsession à lui chercher une seule naissance ? Vous avez peut-être huit ans. Il fait déjà nuit. Vous devez sortir chercher quelque chose, traverser une cour, longer un terrain vague ou passer près d’un point d’eau. Et qu


La Marche noire de décembre 1975 : le jour où l'Algérie a expulsé ses Marocains, et pourquoi c'est là que la frontière s'est vraiment fermée
Un mois après la Marche verte, à l'Aïd al-Adha, des familles installées depuis des générations à Oran, Tlemcen ou Sidi Bel Abbès sont chargées dans des camions et déposées à la frontière. Cinquante ans plus tard, aucune reconnaissance. Ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas, et ce que ce silence coûte. Une marche sans nom pendant trente ans La Marche verte a une date, un chant, une fête nationale. Sa réponse n'a eu, pendant des décennies, ni nom officiel ni chiffre stable.


Une princesse au visage découvert et un Code de la famille réformé : les deux années qui ont changé la place des femmes au Maroc
Pendant des siècles, l'épouse du souverain n'a eu ni nom, ni visage, ni rang. En 2002, le Roi donne à une ingénieure de Fès un titre, des tournées officielles et une place à ses côtés. Ce n'était pas une histoire d'amour rendue publique. C'était la preuve visuelle d'une réforme qui n'existait pas encore. La règle On dit que le Maroc n'a pas de reine. Le protocole alaouite ne connaît que la « Mère des Princes ». La mère de Hassan II, Lalla Abla, n'a jamais été montrée. La mère
EXPLORER
bottom of page
_edited.png)