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SOCIÉTÉ


Pourquoi la Palestine fait-elle marcher ensemble islamistes et gauche radicale au Maroc ?
Le coordinateur national du Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation vient d’Annahj Addimocrati Al Oummali. Son premier adjoint appartient à Al Adl wal Ihsane. Sur la religion, la société, les institutions ou le modèle politique, ces familles ne défendent pas le même Maroc. Pourtant, lorsqu’il est question de Palestine et de normalisation, elles peuvent se retrouver dans la même organisation et bientôt dans les mêmes manifestations. Ce rapprochement


À quoi servent les élections au Maroc si le Roi nomme le Chef du gouvernement ?
Depuis 2011, le souverain ne choisit pas librement parmi tous les partis : la Constitution l’oblige à nommer le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des législatives. Mais elle lui conserve une véritable fonction de nomination. Voilà comment les deux logiques s’articulent. Demain, 23 septembre 2026, les Marocains éliront les 395 membres de la Chambre des représentants. À partir du 24 septembre commencera la séquence qui conduira à la formation d’un nouveau gou


Sorcellerie au Maroc : quand l’invisible passe avant le diagnostic
Du souvenir de Bouya Omar aux amulettes portant des signes kabbalistiques, les pratiques de l’invisible ont une histoire matérielle. Leurs conséquences se mesurent aussi dans les familles, les consultations et les soins retardés. Le 29 juin 2015, le ministère marocain de la Santé annonce la fin de l’opération d’évacuation de personnes souffrant de troubles mentaux retenues aux alentours de Bouya Omar. Son communiqué indique que les hôpitaux ont accueilli quelque 795 malades.


Al Hoceima : le Maroc face à l’épreuve du Hirak
En 2016, la mort de Mouhcine Fikri déclenche une contestation qui dépasse rapidement le Rif. Mais l’histoire du Hirak raconte aussi autre chose : comment le Maroc a été confronté aux retards de sa propre administration et à l’exigence de rendre des comptes. Le 28 octobre 2016, à Al Hoceima, Mouhcine Fikri meurt dans des circonstances terribles en tentant de récupérer une marchandise confisquée jetée dans une benne à ordures. L’image choque le Maroc. Dès le lendemain, des habi


Un Juif marocain installé à Tel-Aviv est-il encore marocain ?
La réponse à cette question dit probablement plus de notre identité nationale que cent discours sur la « marocanité ». Et elle tient dans un mot que beaucoup de Marocains commencent seulement à découvrir : Tamaghrabit. Prenez une famille juive originaire de Fès. Les grands-parents parlaient darija. La grand-mère préparait la dafina. Les mariages se faisaient au son de mélodies marocaines. Les ancêtres sont enterrés au Maroc. Les noms de famille, les bénédictions, les recettes


Pourquoi retrouve-t-on les mêmes noms de famille chez des Juifs et des Musulmans marocains ?
Attar, Amar et d’autres patronymes peuvent apparaître dans des familles musulmanes comme juives d’Afrique du Nord. Ce n’est pas nécessairement la preuve d’un ancêtre commun. C’est parfois quelque chose de plus intéressant : la trace d’un monde où deux communautés religieuses différentes fabriquaient leurs noms avec les mêmes langues, les mêmes métiers et les mêmes territoires. Prenez le nom Attar. En arabe, ʿaṭṭār désigne traditionnellement le marchand de parfums, d’épices ou


Amazigh ou arabe ? Ce que l’ADN des Marocains dit vraiment de nous, et de notre part juive
En 2025, des chercheurs ont séquencé 109 génomes marocains. Leur résultat bouscule une question que nous posons depuis des décennies : génétiquement, le Marocain n’est pas simplement “amazigh ou arabe”. Et lorsqu’on cherche sa part juive, l’histoire devient encore plus surprenante. Amazigh ou arabe ? C’est probablement l’une des questions identitaires les plus mal posées du Maroc. Parce que la génétique ne voit pas deux peuples parfaitement séparés, l’un amazigh, l’autre arab


Au Maroc, « sioniste » est devenu une insulte avant d’être une définition.
On peut rejeter la politique de Netanyahu, les colonies ou la guerre à Gaza. On peut défendre les Palestiniens. Mais encore faut-il savoir ce que l’on désigne lorsque l’on traite quelqu’un de « sioniste ». Car à force de transformer un mot historique en condamnation morale automatique, nous avons cessé de discuter de ce qu’il signifie réellement. Au Maroc, il suffit parfois d’un mot pour arrêter une conversation. Sioniste. Vous parlez du judaïsme marocain ? Sioniste. Vous pub


1991 : après 17 ans de prison, Abraham Serfaty est expulsé comme « Brésilien ».
Né à Casablanca, juif marocain, ingénieur et ancien haut fonctionnaire, il n’avait jamais mis les pieds au Brésil. Huit ans plus tard, Mohammed VI autorise son retour au Maroc. 13 septembre 1991. Abraham Serfaty sort de la prison centrale de Kénitra. Il a 65 ans. Il vient de passer dix-sept années en détention après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour son engagement au sein de l’organisation marxiste-léniniste clandestine Ila al-Amam. On pourrait imaginer qu’il va en


Pourquoi le Mellah de Fès a-t-il des balcons quand la médina regarde vers l’intérieur ?
À quelques mètres de distance, deux façades semblent raconter deux Maroc différents. Dans la médina traditionnelle, la maison protège son intimité derrière ses murs. Dans certaines rues du Mellah, fenêtres et balcons s’ouvrent au contraire sur la rue. Mais l’explication n’est ni aussi religieuse ni aussi simple qu’on pourrait le croire. Il suffit de marcher quelques minutes dans Fès pour remarquer quelque chose d’étrange. Dans une grande partie de la médina ancienne, la maiso


Le mauvais œil au Maroc : pourquoi on cache ce qui est précieux
Façades modestes, intérieurs somptueux, « tbarkallah », khmissa, silence autour de certaines réussites : derrière le mauvais œil se cache bien plus qu’une superstition. Il révèle une manière marocaine de penser le regard des autres. Dans une médina marocaine, l’une des plus belles maisons de la rue peut être celle que vous ne remarquez pas. Une porte en bois. Un mur presque aveugle. Peu d’ornements visibles depuis l’extérieur. Puis la porte s’ouvre : zellige, bois sculpté, pl


Pourquoi certaines familles marocaines savent encore d’où elles viennent sur plusieurs siècles
Au Maroc, demander à quelqu’un « tu es d’où ? » n’a jamais voulu dire seulement « dans quelle ville habites-tu ? ». Dans certaines maisons, le nom de famille est encore une archive, l’origine une boussole, et l’arbre généalogique une façon de tenir debout dans le temps. Il y a des pays où un nom de famille sert surtout à remplir un formulaire. Et puis il y a le Maroc. Au Maroc, un nom peut encore ouvrir une porte. Il peut vous renvoyer à une ville, une tribu, une vallée, un s


Ibn Khaldoun l’avait compris en 1377 : un État s’affaiblit quand son peuple ne sait plus dire « nous »
Dans la Muqaddimah, Ibn Khaldoun donne un nom à la force invisible qui fait naître les puissances puis disparaît lorsqu’elles s’installent dans le confort : l’ʿasabiyya. Sept siècles plus tard, son intuition permet de comprendre pourquoi le patriotisme reste une question centrale pour la cohésion d’un pays. 1377 Ibn Khaldoun s’est retiré à Qalʿat Ibn Salama. L’homme a vu les cours, les intrigues, les changements de pouvoir, les alliances qui se font et se défont. Dans cette r


Le PJD condamne les ambassades Maroc-Israël… puis demande à ses militants de passer à autre chose
À six jours des législatives, le Parti de la justice et du développement a publié un communiqué d’une rare tension : il condamne l’élévation des représentations maroco-israéliennes au rang d’ambassades, puis demande presque aussitôt à ses militants de ne pas laisser le sujet engloutir la campagne. Pour comprendre ce paradoxe, il faut connaître le PJD, Abdelilah Benkirane et surtout une contradiction vieille de six ans. Le 17 septembre, le Parti de la justice et du développeme


Casablanca va boire l’Atlantique. Et le Maroc n’a pas construit ce virage seul.
La première phase de la future station de dessalement de Casablanca doit entrer en service en 2027. Le projet est marocain, construit avec un groupe espagnol, mais il s’inscrit aussi dans plusieurs années de coopération technique avec Israël sur l’eau et le dessalement. À Casablanca, le changement va bientôt arriver directement au robinet. La Société régionale multiservices de Casablanca-Settat prépare actuellement le raccordement de la future eau dessalée au réseau de distri


Les années de plomb : la force d’un pays qui a choisi de regarder son histoire en face
Le Maroc aurait pu enfouir cette période, attendre que les témoins disparaissent et laisser d’autres écrire son histoire à sa place. Il a fait l’inverse. En 2004, le Royaume a créé une commission officielle pour enquêter sur les violations graves commises entre 1956 et 1999. Reconnaître cette page n’affaiblit pas le Maroc. C’est précisément ce qui montre la solidité de ses institutions. Il y a une erreur que nous commettons parfois entre Marocains. Nous croyons que défendre n


Juifs et Musulmans du Maroc : le même caftan, le même tagine, les mêmes saints
Rabat, 18 novembre 1941. C'est la Fête du Trône, et la France qui administre le Maroc est celle de Vichy. Des lois viennent d'exclure les Juifs des écoles, des professions, des quartiers européens. Ce jour-là, au palais, devant les officiels français, le Sultan Mohammed V reçoit les dirigeants de la communauté juive avec les notables musulmans, et leur dit ce que Vichy ne veut pas entendre : ils sont ses sujets, au même titre que les autres, et il ne fera pas de différence. I


À Fès, des familles musulmanes descendent des Juifs convertis de 1465
Fès, mai 1465. Le sultan mérinide Abd al-Haqq II a un vizir juif, Harun ben Batash. Dans une ville affamée et humiliée, la rumeur suffit : le vizir aurait fait violenter une femme musulmane. La foule se soulève, le vizir est tué, le sultan lui-même est égorgé, et le quartier juif est mis à sac. Ceux qui survivent ont un choix : mourir, partir, ou prononcer la chahada. Des dizaines de familles la prononcent. Cinq siècles plus tard, leurs descendants sont là. Ils sont musulmans


Le jour de l'Aïd 1968, Hassan II a envoyé Oum Kalthoum fêter le mouton chez un coursier d'un quartier populaire de Rabat. Elle en est sortie en larmes, et a laissé filmer ses concerts.
En mars 1968, Oum Kalthoum, la plus grande voix de la région, vient chanter à Rabat pour la première fois. Elle a 64 ans, elle refuse les caméras depuis toujours, et le billet coûte 300 dirhams, le salaire d'un mois pour beaucoup. Hassan II l'a invitée. Pendant son séjour tombe l'Aïd al-Adha, la fête du mouton. Le Roi lui fait porter deux moutons à son hôtel, puis, sur son ordre, une Jeep l'emmène à Akkari, un quartier ouvrier de Rabat, frapper à la première porte venue. Ce q


Le 4 février 1998, Hassan II a nommé Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, l'opposant qu'il avait fait condamner en 1963
En Algérie, en janvier 1992, l'armée a annulé le vote plutôt que de laisser gagner l'opposition. 200 000 morts ont suivi. Pourquoi le Maroc a pu faire l'inverse. Le 4 février 1998, Hassan II nomme Abderrahmane Youssoufi Premier ministre. Cet homme, le Roi l'avait fait condamner pour complot en 1963. Il avait vécu quinze ans en exil en France pour lui échapper. Il revient au Palais à 73 ans, parce que son parti a gagné les élections, et le Roi lui confie le gouvernement. Six a


Les coranistes gagnent du terrain au Maroc : ce n'est pas un retour au Coran, c'est une réaction au salafisme rigoriste d'inspiration wahhabite
Ils rejettent les hadiths, ne gardent que le texte et remplissent les réseaux. Une autre religion a connu le même schisme il y a douze siècles, et sa fin dit ce qui attend celui-ci. Le Maroc, lui, dispose d'une réponse que peu de pays de la région possèdent. Un jeune Marocain filme son téléphone et déclare qu'il ne croit qu'au Coran. Pas aux hadiths, pas aux imams, pas aux quatre écoles. Il y a dix ans, on l'aurait traité de fou ou d'apostat. Aujourd'hui, il a des dizaines de


Aïcha Kandisha : pourquoi personne ne sait vraiment d’où elle vient
Depuis un siècle, des chercheurs ont voulu retrouver l’origine du personnage le plus inquiétant du folklore marocain. Déesse antique, djinniya, souvenir portugais, figure gnawa : leurs réponses sont incompatibles. Et si le problème venait précisément de notre obsession à lui chercher une seule naissance ? Vous avez peut-être huit ans. Il fait déjà nuit. Vous devez sortir chercher quelque chose, traverser une cour, longer un terrain vague ou passer près d’un point d’eau. Et qu


La Marche noire de décembre 1975 : le jour où l'Algérie a expulsé ses Marocains, et pourquoi c'est là que la frontière s'est vraiment fermée
Un mois après la Marche verte, à l'Aïd al-Adha, des familles installées depuis des générations à Oran, Tlemcen ou Sidi Bel Abbès sont chargées dans des camions et déposées à la frontière. Cinquante ans plus tard, aucune reconnaissance. Ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas, et ce que ce silence coûte. Une marche sans nom pendant trente ans La Marche verte a une date, un chant, une fête nationale. Sa réponse n'a eu, pendant des décennies, ni nom officiel ni chiffre stable.


Une princesse au visage découvert et un Code de la famille réformé : les deux années qui ont changé la place des femmes au Maroc
Pendant des siècles, l'épouse du souverain n'a eu ni nom, ni visage, ni rang. En 2002, le Roi donne à une ingénieure de Fès un titre, des tournées officielles et une place à ses côtés. Ce n'était pas une histoire d'amour rendue publique. C'était la preuve visuelle d'une réforme qui n'existait pas encore. La règle On dit que le Maroc n'a pas de reine. Le protocole alaouite ne connaît que la « Mère des Princes ». La mère de Hassan II, Lalla Abla, n'a jamais été montrée. La mère


Pourquoi le Maroc a réussi à éclairer 42 000 villages et n'a pas encore réussi à y faire venir un médecin
Il y a trente ans, la nuit tombait pour de bon sur les douars de l'Atlas. Aujourd'hui, presque plus un village sans lumière ni point d'eau. Mais à Bouchaouene comme à Tafajight, sept habitants sur dix restent pauvres. Le vrai contraste marocain n'est pas riche contre pauvre. C'est le câble contre la blouse.


Je ne suis pas ton frère.
La fraternité ne se crie pas dans les stades. Elle se prouve. Réponse aux khawa khawa. Pendant la CAN, j'ai vu fleurir les khawa khawa, ces prôneurs de fraternité algéro-marocaine automatique, qui s'indignent qu'on ose en douter. Frères, forcément frères, puisqu'on partage une frontière, une religion, des sonorités. Alors mettons les choses au clair.


Les écoliers marocains étudient en classe la photo de leur Roi dans une synagogue. Aucun autre pays de la région ne l'a fait.
Depuis la rentrée 2020, un manuel du primaire consacre une leçon à Bayt Dakira, la maison de la mémoire juive d'Essaouira. Sur la page, la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le rappel de la Constitution, et une question posée à des enfants de dix ans : que nous apprend cette visite sur le Maroc ? Ouvrez un manuel de sciences sociales du primaire marocain. Pas un livre d'histoire pour adultes, pas une brochure diplomatique. Un manuel d'école, avec des exercices, des docu


Au Maroc, l'antisémitisme n'est pas une opinion. C'est un délit, avec un numéro d'article, une peine et une circonstance aggravante.
Article 431-5 du Code pénal. Un mois à un an de prison, 5 000 à 50 000 dirhams. Le double si c'est public, et un écran est un lieu public. La loi ne nomme pas les Juifs : elle nomme la religion, et elle vaut pour tous. Voici exactement ce qu'elle dit, ce qu'elle ne dit pas, et pourquoi elle existe. Dans plusieurs pays d'Europe, un discours antisémite déclenche un débat. Est-ce de l'humour, de la politique, de la critique d'Israël, une provocation artistique ? Des mois de plat


Nos parents sont partis pour réussir. Nous rentrons pour la même raison.
Le chemin inverse n'est pas un retour en arrière. C'est le calcul le plus rationnel de la décennie. Il y a soixante ans, on quittait le Maroc avec une valise et une certitude : l'avenir était de l'autre côté de la mer. Nos parents et grands-parents ont pris le bateau à Tanger, le train à Oujda, l'avion à Casablanca, direction Paris, Bruxelles, Amsterdam, Montréal. Ils ont eu raison. À leur époque, c'était le calcul juste. Aujourd'hui, leurs enfants font le chemin inverse. Et


Le Maroc met 4 milliards sur la santé mentale. Il soignait déjà les malades mentaux par la musique au XIIIe siècle.
Près d'un Marocain sur deux a connu un trouble mental. Le pays compte moins de cinq cents psychiatres. Jeudi, l'État a enfin mis un chiffre en face. Il reste à faire tomber ce que l'argent ne fait pas tomber : le tabou. Jeudi 3 septembre, à Rabat, le ministre de la Santé a lancé le Plan Santé Mentale 2030. Près de quatre milliards de dirhams. Le nombre de lits psychiatriques presque doublé, de 2 466 à 4 728. Dix-sept hôpitaux au lieu de dix. Des psychologues dans le secteur p


Le Maroc envoie aux Oscars un film sur ses propres femmes exploitées dans les fraises d'Espagne, signé par la réalisatrice qu'on voulait interdire en 2006
La más dulce représentera le Royaume à l'Oscar du meilleur film international 2027. Un titre en espagnol, des ouvrières agricoles marocaines maltraitées en Andalousie, et derrière la caméra, Laila Marrakchi, dont le premier film avait déclenché une campagne pour le faire retirer des salles. Ce choix dit plus sur le pays que sur le film. Un pays qui choisit sa blessure Un État qui sélectionne son film pour les Oscars choisit une image de lui-même. Il peut envoyer une carte pos


« Je suis fondamentaliste » : la phrase royale que personne n'a comprise
Imaginez un chef d'État déclarer aujourd'hui, face caméra, à la télévision française : je suis fondamentaliste. Tollé immédiat, unes indignées, éditorialistes en surchauffe. C'est pourtant exactement ce qu'a fait Feu Sa Majesté le Roi Hassan II en 1991. Et ceux qui ont crié au scandale n'avaient simplement pas le niveau pour comprendre la leçon. Laissez-moi vous la donner. Deux mots que tout le monde confond


Le Maroc produit quarante millions de bouteilles de vin par an, et cette histoire commence bien avant l'islam
Les Phéniciens ont planté la vigne ici, Rome l'a développée, le protectorat l'a industrialisée, un Roi l'a relancée. Voici le dossier complet d'un secteur dont personne ne parle et que tout le monde connaît. Il y a un sujet que la presse marocaine effleure et que personne ne traite sérieusement. Alors je vais le faire, avec des chiffres, des dates, et sans faire semblant. Le Maroc produit environ quarante millions de bouteilles de vin par an. Cela le place autour du trente-si


Corruption au Maroc : le pays a construit tout l'arsenal, et bute depuis cinq ans sur une loi de trois articles
Cinquante milliards de dirhams par an, une Constitution qui nomme le problème, une Instance, une Cour des comptes, un parquet indépendant. Et un texte que le Maroc a signé à l'ONU et qu'il n'arrive pas à voter chez lui. Le débat qu'il soulève en dit plus que tous les classements. Cinquante milliards de dirhams. C'est ce que la corruption coûte chaque année à l'économie marocaine selon l'Instance nationale de la probité, entre 3,5 % et 6 % du PIB. Plus que le budget annuel de


Pourquoi le renseignement marocain est devenu l'un des plus respectés du monde, et pourquoi Israël l'a su cinquante ans avant l'Europe
En novembre 2015, l'adresse du coordinateur des attentats de Paris est venue de Rabat. Ce n'était pas un coup de chance. C'est le résultat d'une méthode que les Européens ont découverte tard, et que les Israéliens connaissaient depuis les années 60. Cinq jours après les attentats du 13 novembre 2015, la police française prend d'assaut un appartement de Saint-Denis. À l'intérieur, Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attaques. L'adresse ne vient ni de la DGSI, ni des Améric


Contre la normalisation avec Israël, la gauche radicale et les islamistes marchent ensemble, et c'est exactement pour cela que leur front ne changera rien
Depuis décembre 2020, la gauche radicale et les islamistes défilent sous les mêmes banderoles. Ils ne veulent pas la même Palestine, ni le même Maroc. Leur seul point commun est un refus, et un refus n'a jamais gouverné. Dans les rues de Rabat, un militant de la gauche radicale marche derrière un militant ultra-conservateur. Ils scandent la même chose : non à la normalisation. Ils ne sont d'accord sur rien d'autre. Ni sur les femmes, ni sur l'alcool, ni sur l'école, ni sur l'


Au Maroc, 126 saints sont priés par les Juifs et par les Musulmans
Pendant plus de dix ans, Issachar Ben-Ami a parcouru le Maroc et recueilli environ 1 200 témoignages. Son inventaire révèle un phénomène fascinant : des lieux sacrés que Juifs et Musulmans ne percevaient pas toujours de la même manière, mais auprès desquels ils venaient parfois chercher la même chose. À Ben Ahmed, dans la région de Settat, il existe un sanctuaire consacré à Rabbi Yahia Lakhdar. Pour les Juifs marocains qui s'y rendaient en pèlerinage, Yahia Lakhdar était un t


Le féminisme n'est pas né en Occident, et vouloir s'identifier au sien est notre pire erreur de méthode
Deux sociétés qui n'ont pas eu la même histoire n'ont pas besoin du même combat. En important un logiciel de rupture conçu pour renverser autre chose, nous fabriquons nos propres blocages. Il y a une chose que je veux poser d'emblée, pour qu'il n'y ait aucun malentendu sur ce texte. Je ne dis pas que la condition des femmes au Maroc est satisfaisante. Je dirai le contraire, chiffres à l'appui, avant la fin de cet article. Ce que je conteste, ce n'est pas la revendication. C'e


Le salafisme rigoriste ne menace pas seulement la sécurité du Maroc, il menace sa mémoire
Appliquée à la lettre, cette doctrine supprimerait six cents mausolées, les zaouïas, les moussems, les Gnaoua et le Malhoun. Après 2003, le Maroc n'a pas répondu par la seule répression : il a placé un soufi à la tête de son champ religieux.


La structure du soufisme mondial est une invention marocaine
Deux hommes, une montagne du Rif, et une confrérie qui se pratique aujourd'hui de l'Égypte à l'Indonésie. Voici ce que le Maroc a réellement apporté au soufisme mondial, et pourquoi presque personne ici ne le sait. Il y a une phrase qu'un homme a dite à Bagdad, au treizième siècle, et que j'aimerais faire graver quelque part. Un jeune Marocain venait de traverser la moitié du monde connu pour trouver le pôle spirituel de son temps, celui qui pourrait l'initier. On lui répond


Le dahir berbère de 1930 voulait couper le Maroc en deux, et il a réveillé la nation marocaine
Un texte juridique technique, signé le 16 mai 1930, déclenche la première mobilisation politique de masse de l'histoire moderne du pays. Quatre ans plus tard il est vidé de sa substance. Un siècle plus tard, nous vivons encore avec ses conséquences, et pas celles que l'on croit. Le 16 mai 1930 paraît un dahir au titre parfaitement ennuyeux : un texte réglant le fonctionnement de la justice dans les tribus dites de coutume berbère non pourvues de tribunaux appliquant le chraâ.


Un sultan de Fès a payé pour un livre en 1355, et cinq siècles plus tard le Maroc confisquait une imprimerie sur le port d'Essaouira
Abou Inan Farès avait compris que produire du texte est un acte de souveraineté. Ce que le Maroc a fait ensuite de cette leçon est l'histoire d'un retard qui n'était pas technique, mais politique.


Pourquoi je n'écoute le Coran qu'à la marocaine : ce que la récitation de Benmoussa réveille en moi, et ce qu'elle partage avec les piyoutim des Juifs du Maroc
Une même matrice andalouse, une même respiration, deux langues sacrées : quand la voix d'un récitateur marocain et le chant d'une synagogue de Casablanca racontent la même civilisation. Je vais commencer par un aveu que certains trouveront étrange : je n'arrive à écouter le Coran qu'à la marocaine. Les grandes voix orientales, je les respecte, je reconnais leur maîtrise. Mais elles ne me font rien. Quand j'écoute Abderrahman Benmoussa, il se passe autre chose. Quelque chose s


La plus ancienne université du monde n'a pas été fondée par un homme
Elles sont belles, intelligentes et talentueuses. Et depuis douze siècles, elles contribuent au rayonnement du Royaume. Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Fès, 859 : une femme devance Bologne et la Sorbonne L'histoire retient qu'une femme, Fatima al-Fihriya, fonde en 859 l'université Al Qarawiyyin, l'une des plus anciennes institutions académiques du monde, reconnue comme la plus ancienne université encore en activité. Pendant que l'Europe attend encore Bologne et la Sorbon


Pinhas Cohen, le chanteur juif qui faisait danser tout le Maroc, et que la rumeur a accusé de financer Israël
En novembre 2000, un tribunal marocain condamne un chanteur pour transfert illégal de devises. Le dossier est ordinaire. En quelques semaines, la rue en fait autre chose : une affaire de trahison. Le chanteur s'appelle Pinhas Cohen, il est juif, et il avait chanté devant trois rois. Il y a une génération de Marocains, juifs et musulmans, qui le reconnaît aux trois premières notes de Zine li âtak Allah. Elle a un nom pour cette période. Elle dit : « l'époque de Pinhas. » L'hom


Le coffre a tenu, les cartons ont cédé : ce que révèle vraiment la fuite des 70 000 noms
Les services de sécurité marocains démentent toute intrusion et désignent l'origine réelle des données : des fichiers d'assurance et de couverture sociale. Le démenti reconnaît donc une fuite réelle, mais déplace la faille. Et c'est ce déplacement qui dit tout. Lundi, un groupe de pirates informatiques a publié des fichiers contenant environ soixante-dix mille noms, présentés comme la liste d'agents des services de sécurité marocains. Matricules, dates de naissance, coordonné


« MAROCAIN SOUS-DÉVELOPPÉ » : L'HISTOIRE VRAIE D'UNE INSULTE ISRAÉLIENNE
La phrase qui vaut une plainte cette semaine à Jérusalem n'est pas un dérapage isolé. Elle a soixante-dix ans, elle a failli déchirer Israël, et ceux qui l'ont entendue à la descente des bateaux ont fini par renverser le pays qui la prononçait. Cette semaine, un ancien employé de la résidence du Premier ministre israélien a déposé plainte devant le tribunal du travail de Jérusalem. Selon sa plainte, l'épouse du Premier ministre l'aurait qualifié de « Marocain sous-développé »


LE MAROC OBLIGE SES DONNÉES À RESTER AU PAYS
Depuis 2020, une loi impose que les données sensibles du Royaume soient hébergées sur le territoire national. Voici pourquoi cette phrase, qui semble technique, décide de qui peut lire votre dossier fiscal, votre relevé bancaire et votre acte de naissance. Posez-vous une question simple. Où sont vos papiers ? Pas les copies dans votre tiroir. Les vrais. Votre dossier fiscal, votre relevé bancaire, votre acte de naissance, votre dossier médical, votre numéro de sécurité social


Les femmes amazighes ont effacé leurs propres tatouages
Pendant des siècles, l'oucham a couvert les visages et les mains dans le Rif, l'Atlas et le Souss. Ce n'était pas de l'ornement : les mêmes motifs géométriques figuraient sur les tapis, la poterie et les remparts des kasbahs. Puis certaines ont brûlé leur peau pour les faire disparaître.


LE MAROC N'A JAMAIS CONNU LES VACANCES, IL A INVENTÉ MIEUX
Personne ne partait se reposer au Moyen Âge. Pourtant des dizaines de milliers de Marocains prenaient la route chaque année, musulmans vers La Mecque, juifs vers les tombeaux des saints. Ces déplacements n'étaient pas seulement religieux : ils étaient le système économique, judiciaire et matrimonial du pays. Est-ce que les Marocains partaient en vacances au Moyen Âge ? Non. Et poser la question ainsi, c'est déjà passer à côté de l'essentiel. Le voyage d'agrément, celui qu'on
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