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DIPLOMATIE


Du Sahara au caftan : quand le Maroc devient une grille de lecture de la politique algérienne
Il existe une formule extraordinairement brutale parce qu’elle n’a pas été prononcée par un Marocain. Dans une vidéo largement diffusée à partir de 2021, l’ancien ministre algérien Noureddine Boukrouh emploie, parlant de son propre pays, l’expression de « clandestins de l’histoire », avant de comparer la construction historique algérienne avec la continuité étatique marocaine. La formule lui appartient et ne constitue évidemment pas une vérité historique simplement parce qu’u


14 août 1979 : pourquoi les représentants d’Oued Eddahab ont prêté allégeance à Hassan II
Neuf jours après le retrait mauritanien, des représentants d’Oued Eddahab se présentent devant Hassan II. Ils auraient pu signer une pétition, publier une déclaration ou négocier un accord. Ils choisissent un geste beaucoup plus ancien : la bayʿa. Et ce détail raconte peut-être mieux le Maroc que tout le reste. Il existe une photographie étonnante du mois d’août 1979. Nous ne sommes ni sur une ligne de front, ni autour d’une table de négociation internationale. Nous sommes au


Le jour où la Tunisie a expulsé Moulay Hicham avant sa conférence sur la démocratie
Le 8 septembre 2017, cinq policiers viennent chercher le cousin germain du roi Mohammed VI au bord de la piscine de son hôtel à Tunis. Il devait intervenir deux jours plus tard dans un forum de Stanford consacré aux transitions démocratiques. Aucun motif précis ne lui est donné. Six ans plus tard, les autorités tunisiennes lui refusent de nouveau l'entrée sur le territoire. Moulay Hicham vient d'arriver à Tunis. Le prince marocain, fils de Moulay Abdallah, frère de Hassan II,


Après le passage aux ambassades, un responsable de l’OLP demande trois choses très concrètes au Maroc
Fonds palestiniens retenus par Israël, passage vers la Jordanie, élections du 28 novembre : derrière la réaction palestinienne au rapprochement diplomatique entre Rabat et Tel-Aviv se cache une liste de demandes beaucoup plus concrète qu’un simple soutien politique. Le passage est presque passé inaperçu derrière l’annonce diplomatique. Le 18 septembre, deux jours après l’accord prévoyant le passage des représentations marocaine et israélienne au rang d’ambassades, Hespress in


Naza secoue Israël. Le Maroc choisit pourtant d’aller plus loin.
Au moment même où un documentaire israélien sur Gaza provoque une tempête internationale et une crise politique en Israël, Rabat et Tel-Aviv décident de transformer leurs bureaux de liaison en ambassades. Ce calendrier ne prouve pas un lien entre les deux événements. Mais il révèle quelque chose de la manière dont le Maroc conçoit sa relation avec Israël : comme une politique d’État qui ne disparaît pas à chaque crise. Il y a des moments où une décision diplomatique est facil


Il y a des adversaires qui vous obligent à travailler. Et puis il y a Abdelmadjid Tebboune.
Quand la communication d’un président fournit elle-même à ses adversaires les contradictions, les petites phrases et les images dont ils ont besoin, la guerre des récits devient beaucoup plus facile. Il y a des adversaires qui vous obligent à travailler. Il faut lire leurs discours, décortiquer leurs chiffres, repérer leurs contradictions, attendre trois heures de conférence de presse pour trouver les quinze secondes qui révèlent quelque chose. Leur communication est verrouil


Ce n’est pas un visa. C’est peut-être beaucoup plus profond.
Depuis le 16 septembre, des ressortissants algériens non-résidents sont refusés à l’embarquement vers le Maroc. Derrière cette consigne encore inexpliquée officiellement, une question plus importante apparaît : Rabat est-il en train de changer sa manière de penser l’accès à son territoire ? Pendant des années, le Maroc a maintenu une anomalie. La frontière terrestre avec l’Algérie était fermée. Les relations diplomatiques étaient rompues. L’espace aérien algérien était fermé


Joseph Aoun parle de paix avec Israël : ce que le Liban révèle du choix marocain de 2020
Le président libanais ne parle pas encore de normalisation. Il parle d’un accord sécuritaire avec Israël qui pourrait, plus tard, ouvrir la voie à la paix. La nuance est importante. Mais depuis le Maroc, cette déclaration mérite d’être regardée de près : elle rappelle qu’entre la guerre permanente et l’adhésion à toutes les politiques israéliennes, il existe une troisième voie, celle de la relation diplomatique utilisée comme instrument d’État. Pendant des années, le mot « no


Ghana, Sahara marocain : quand Accra confirme que le vent tourne en Afrique
Pendant quelques heures, les relais du Polisario ont tenté d’exploiter une image. Un envoyé du Front reçu à Accra. Une poignée de main. Une séquence diplomatique suffisamment ambiguë pour être présentée comme un retour en grâce. Puis le Ghana a clarifié sa position. Accra a rappelé que son retrait de reconnaissance de la « RASD » demeurait en vigueur et que l’homme reçu ne l’était pas en qualité d’ambassadeur accrédité. Dans le même temps, le Ghana a réaffirmé son soutien au


Judée-Samarie ou Cisjordanie ?
Pourquoi la solution à deux États défendue par le Maroc est la seule voie viable avant le chaos Parler de la Cisjordanie, c’est parler de l’avenir d’Israël Il existe aujourd’hui une contradiction fondamentale au cœur du conflit israélo-palestinien. Israël a besoin de sécurité. Les Palestiniens ont besoin d’un État. Le monde arabe veut voir naître une solution politique. Les puissances occidentales redoutent une nouvelle génération de guerres. Et pourtant, sur le terrain, la d


Fouzi Lekjaa a annoncé que la finale du Mondial 2030 se jouera à Benslimane, et Madrid a compris pourquoi Vox et Podemos s'étaient mis d'accord pour la première fois
L'extrême droite espagnole et la gauche radicale ont déposé le même mois deux textes pour exclure le Maroc de la Coupe du monde. Ni l'un ni l'autre n'a la moindre valeur contraignante, et le Royaume vient de répondre par un stade de 115 000 places. Le 10 septembre, dans une salle de Bouznika, en campagne pour les législatives du 23, Fouzi Lekjaa lâche une phrase que la presse espagnole reprend dans l'heure : la province de Benslimane aura l'honneur d'accueillir la finale de l


Le 8 juin 2023, Amir Ohana, fils d'un enfant de la médina de Rabat, a demandé devant le Parlement marocain qu'Israël reconnaisse le Sahara marocain. Trente-neuf jours plus tard, Netanyahou l'a fait.
Le 7 juin 2023, Amir Ohana, président de la Knesset, atterrit à Rabat. Première chose qu'il fait : marcher dans l'ancienne médina, là où son père Meir est né avant d'émigrer en 1950. Le lendemain, il est reçu à la Chambre des représentants par Rachid Talbi Alami, signe un accord de coopération parlementaire, puis déclare en conférence de presse qu'Israël doit reconnaître le Sahara marocain et que Netanyahou l'annoncera bientôt. Le 17 juillet, une lettre du Premier ministre is


Le 22 septembre 1978, Sadate est venu à Skhirat expliquer Camp David à Hassan II. Le Roi ne l'a pas condamné.
Le 22 septembre 1978, cinq jours après avoir signé la paix avec Israël à Washington, Anouar Sadate atterrit à Rabat avant même de rentrer au Caire. Il vient convaincre Hassan II. Dans la pièce, le conseiller Abdelhadi Boutaleb tient le procès-verbal. Ce document dit où commence vraiment la position marocaine sur Israël, et ce n'est pas en 2020. Quand on parle de la normalisation entre le Maroc et Israël, on cite décembre 2020, les accords d'Abraham, Trump, la reconnaissance d


Le jour où le Maroc a reçu des députés israéliens à Rabat, trente-six ans avant la normalisation de 2020
Les 13 et 14 mai 1984, trente-cinq Israéliens, dont des membres de la Knesset, ont siégé dans la capitale du Royaume sous le nom le plus inoffensif du monde : un congrès de communautés. Le gouvernement marocain au complet était au dîner de clôture. Chaque décembre, on commémore 2020 comme un commencement. Les mieux informés remontent à Ifrane, juillet 1986, quand Feu Sa Majesté le Roi Hassan II a reçu Shimon Peres. Les deux dates sont vraies. Aucune des deux n'est la première


L'Algérie rompt avec les Émirats pour le même motif qu'avec le Maroc en 2021 : le mouvement kabyle de Ferhat Mehenni
Deux ruptures diplomatiques en cinq ans, un seul mouvement séparatiste invoqué les deux fois. Entre les deux, la Knesset a débattu de la Kabylie. Ce jeudi 10 septembre, l'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. L'ambassadeur émirati a 48 heures pour quitter Alger. Le motif officiel : Abou Dhabi soutiendrait le MAK, le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie. Un mouvement séparatiste kabyle, basé à Paris, dirigé par Ferhat Mehenni, 75


Sept pays ont des relations avec Israël, un seul est traité de traître.
L'Égypte a signé la paix en 1979, la Jordanie en 1994, les Émirats et Bahreïn quelques mois avant le Maroc. La Turquie a commercé avec Israël pendant sept mois de guerre. Aucun d'eux n'est sommé de s'expliquer. Le Maroc, si. Une accusation qui ne vise qu'un pays sur sept ne parle pas de la Palestine. Vous connaissez la scène. Un dîner, un fil de commentaires, un groupe WhatsApp. Quelqu'un lâche la phrase : le Maroc a vendu la Palestine. Et vous restez court. Pas parce que vou


LE JOUR OÙ UN ESPAGNOL A DIT TOUT HAUT QUE L'ESPAGNE QUITTERA CEUTA ET MELILLA
Santiago Niño Becerra n'est ni marocain, ni militant, ni marginal. C'est un économiste espagnol connu, publié dans La Razón. Il vient d'écrire que la question n'est plus de savoir si le Maroc reprendra Sebta et Melilia, mais quand Madrid partira. Ce n'est pas sa prédiction qui compte. C'est qu'en Espagne, on ait désormais le droit de la formuler. Je me souviens de ce qu'on disait, il y a vingt ans, quand un Marocain prononçait le mot Sebta devant un Espagnol. Un silence, un s


Fouzi Lekjaa : pourquoi un haut fonctionnaire de Berkane est devenu l'obsession de la presse algérienne
On l'accuse d'espionner la CAF avec Pegasus, d'être un agent infiltré, de corrompre des dirigeants africains. Aucune preuve n'a jamais été produite. Mais l'obsession a une origine précise : trois élections, un maillot, et vingt ans de retard. Hier, à Sefrou puis à Fès, Fouzi Lekjaa faisait campagne pour le PAM en vue des législatives du 23 septembre. Le360 le décrit en superstar. Un ministre du Budget qui remplit les salles sur le pouvoir d'achat, c'est rare. Mais ce n'est pa


L'accord Maroc-Israël de 2020 était d'abord une victoire électorale intérieure.
Le Likoud a signé avec le Maroc parce que le Maroc est le pays d'origine de ses électeurs. Personne à Washington ne l'a compris. Tout le monde à Sdérot l'a compris tout de suite. En décembre 2020, quand Israël rétablit ses relations avec le Maroc, les chancelleries parlent d'accords d'Abraham, de fenêtre américaine, de Sahara marocain, de Trump sur le départ. Tout cela est vrai. Et tout cela passe à côté de l'essentiel. Le Premier ministre qui signe s'appelle Benjamin Netanya


Le Maroc a reconnu les États-Unis en 1777. L'Amérique a mis sept ans à répondre.
Il a fallu saisir un navire américain pour obtenir un traité. Et George Washington s'en est excusé par écrit. Tout le monde connaît la phrase : le Maroc est le premier pays au monde à avoir reconnu les États-Unis. Le 20 décembre 1777, Sa Majesté le Sultan Sidi Mohammed ben Abdallah ouvre ses ports aux navires américains. La France, alliée officielle des insurgés, ne signera que deux mois plus tard. C'est vrai. C'est documenté. Et c'est la moitié de l'histoire. L'autre moitié,


Rabat, 1969 : le jour où Nasser a menacé de faire la paix avec Israël et où Kadhafi a posé la main sur son revolver
Décembre 1969. Le cinquième sommet arabe se tient à Rabat. Autour de la table : Nasser, le roi Fayçal, Boumediene, et un colonel de 27 ans arrivé trois mois plus tôt au pouvoir à Tripoli, en tenue de terrain verte, revolver à la ceinture. Abdelhadi Boutaleb, ministre des Affaires étrangères depuis deux mois, est dans la salle. Il n'aurait pas dû y être.


Pourquoi le renseignement marocain est devenu l'un des plus respectés du monde, et pourquoi Israël l'a su cinquante ans avant l'Europe
En novembre 2015, l'adresse du coordinateur des attentats de Paris est venue de Rabat. Ce n'était pas un coup de chance. C'est le résultat d'une méthode que les Européens ont découverte tard, et que les Israéliens connaissaient depuis les années 60. Cinq jours après les attentats du 13 novembre 2015, la police française prend d'assaut un appartement de Saint-Denis. À l'intérieur, Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attaques. L'adresse ne vient ni de la DGSI, ni des Améric


Le Maroc est le pays le mieux réputé d'Afrique et du monde arabe, et il est perçu bien mieux que son poids économique ne le justifierait
Vingt-septième au classement mondial de la réputation, contre une soixantième place environ pour la taille de son économie. Cet écart a un nom, une valeur marchande, et une fragilité que personne ne mesure. Un classement international vient de sortir. Il s'appelle RepCore Nations, et il mesure une chose précise : ce que les opinions publiques des pays du G7 pensent des autres pays. Le niveau de confiance, d'admiration, de respect. Le Maroc arrive vingt-septième au monde. Prem


Le Maroc va fournir de l'électricité à l'Allemagne
Des parcs solaires et éoliens dans le sud du Royaume, un câble sous-marin de plusieurs milliers de kilomètres, de quoi couvrir jusqu'à cinq pour cent de la consommation allemande. Rabat vient de dire oui, mais après avoir vu Londres tuer le même projet, il a posé deux conditions. Il y a une phrase qu'on entend depuis vingt ans sur le Maroc et l'énergie. Le pays a du soleil, du vent, de l'espace, et l'Europe a besoin d'électricité verte. La suite semblait évidente. Elle ne l'é


Sans le Maroc, le monde aurait faim, et ce n'est pas une exagération, c'est une réalité géopolitique
Soixante-dix pour cent des réserves mondiales de phosphate sont ici. Il n'existe aucun substitut chimique à cet élément. Aucune agriculture moderne ne s'en passe. Voici ce que ça signifie vraiment, et ce que ça ne signifie pas. Il y a une phrase que je répète et qui fait sourire ceux qui ne connaissent pas le dossier : sans le Maroc, le monde aurait faim. Ce n'est pas une formule de fierté nationale. C'est une description technique, et je vais vous la démontrer.


Le Maroc parle à Israël depuis soixante ans. Décembre 2020 n'a fait que le rendre public.
Coopération avec les services israéliens dès le début des années soixante sous Sa Majesté le Roi Hassan II. Négociations secrètes hébergées sur le sol du Royaume en 1977. Et en juillet 1986, un Premier ministre israélien arrivant déguisé à Ifrane pour un sommet que personne ne devait connaître. La normalisation n'a rien inauguré. Elle a officialisé un demi-siècle de fiabilité. Chaque fois qu'un plateau parle de la normalisation, la même phrase revient : le Maroc a normalisé e


Le soft power marocain ne ressemble à aucun autre
Une tombe à Fès, des imams diplômés à Rabat, et des mosquées étrangères où l'on prie pour le Roi. Comment le Royaume a bâti deux siècles d'influence sans un soldat. On parle beaucoup de soft power marocain. On cite la cuisine, le tourisme, le football. On passe complètement à côté du vrai. Le soft power le plus puissant du Royaume est religieux, il a deux siècles d'avance sur le concept, et il produit des effets qu'aucune autre puissance au monde ne peut répliquer. Un détail


Un pays ne confie pas son ciel à quelqu'un dont il se méfie : ce que le Barak MX dit vraiment du lien entre le Maroc et Israël
Depuis le début de l'année, un système israélien de défense aérienne est pleinement opérationnel sur le sol marocain. On a beaucoup commenté les vols, les bureaux de liaison, les symboles. Le vrai signal de la normalisation n'est dans rien de tout cela. Il est sur une base militaire au nord-est de Rabat. On mesure toujours la normalisation entre le Maroc et Israël avec les mauvais instruments. Les vols directs, les visites de ministres, les cérémonies. Tout cela est réversibl


Maroc-Algérie : pourquoi la réconciliation n'aura pas lieu, et pourquoi il ne faut pas la souhaiter
Je vais écrire ce que personne ne veut écrire : dans les conditions actuelles, elle est impossible, et si elle était possible, elle serait dangereuse pour le Maroc. Pas à cause d'un contentieux territorial ou d'une vieille rancune de voisinage. À cause d'une doctrine. Et tant que cette doctrine tient, la frontière fermée n'est pas le problème. Elle est la protection. Posons d'abord les faits, ils sont publics et personne ne les conteste. La frontière terrestre entre les deux


Pourquoi le Maroc n'annonce jamais ses armes, et pourquoi c'est la décision la plus intelligente de sa doctrine de défense
Pas un communiqué pour le Barak MX. Pas un mot pour les satellites. Pas une image officielle des livraisons. Pendant que d'autres défilent, Rabat se tait, et ce silence n'est ni de la pudeur ni de la prudence. C'est une arme, et elle fonctionne sur cinq étages en même temps. Faites l'exercice, il est instructif. Cherchez un communiqué officiel marocain annonçant l'acquisition du Barak MX. Cherchez une déclaration sur les satellites d'observation. Cherchez une conférence de pr


L'Algérie n'est plus l'adversaire du Maroc. Et c'est pire qu'une défaite. (Série Maroc-Algérie, épisode 4 sur 5)
Un adversaire vous dispute quelque chose. Alger et Rabat ne jouent plus au même jeu. Je vais écrire une phrase qui va fâcher des deux côtés de la frontière fermée : la rivalité Maroc-Algérie n'existe plus. Non pas parce que la paix est revenue. Parce que la compétition suppose deux concurrents sur la même piste, et qu'il n'y a plus qu'un seul pays en train de courir. Regardez où va l'argent, c'est le seul témoin qui ne ment jamais.


Les chiens aboient et la caravane passe
Depuis cinq ans, aucune relation diplomatique au monde n'a subi une campagne aussi méthodique pour faire reculer un pays. Cinq ans plus tard, le Royaume n'a pas reculé d'un mètre, et ceux qui aboient le plus fort sont précisément ceux qui ont le plus perdu. Je vais dire les choses comme je les vois. Depuis décembre 2020, j'observe le volume de contenus produits pour convaincre les Marocains que la reprise des relations avec Israël est une faute, une trahison, une humiliation


Soixante-sept jours à Marrakech : ce que l'exil du Chah dit vraiment de la politique étrangère du Royaume
En 1979, le Maroc a hébergé l'homme le plus encombrant de la planète. On raconte cette histoire comme un conte de fidélité. Je crois qu'il faut la lire autrement : comme la première application d'une doctrine que le Royaume oppose encore à Téhéran aujourd'hui. Il y a une image que je regarde souvent. Deux hommes en tenue de cérémonie, un rideau lourd derrière eux, une souveraine entre les deux. L'un règne sur le Levant, l'autre sur le Couchant. Ils se ressemblent : même idée


Maroc-Israël : la vérité des chiffres sur une relation économique qui décolle sans avoir encore quitté la piste
105 millions de dollars d'échanges au premier semestre 2026, en hausse de 70 %. C'est beaucoup et c'est très peu à la fois. État des lieux froid de ce qui marche, de ce qui bloque, et du potentiel que les deux pays laissent dormir. On célèbre beaucoup la relation maroco-israélienne pour sa dimension diplomatique et militaire, et j'en suis. Mais une alliance qui dure se mesure aussi en conteneurs, en factures et en emplois. Alors aujourd'hui, sortons les chiffres, les vrais, c


La plus grande erreur diplomatique du Maroc a été commise par fraternité. (Série Maroc-Algérie, épisode 3 sur 5)
La France proposait de rendre le Sahara oriental. Mohammed V a refusé de négocier dans le dos des Algériens. Voici ce que ça a coûté. Il faut avoir le courage de raconter aussi les erreurs de son propre camp. Surtout quand l'erreur est née d'une vertu. Fin des années 1950, la situation est celle-ci : le Maroc vient de retrouver son indépendance, mais ses territoires de l'est, Tindouf, le Touat, une partie du Sahara oriental, restent sous administration française, rattachés à


Comment un rabbin d'Essaouira a pesé sur les Accords d'Abraham
Le gendre du président américain a un maître spirituel. Il est marocain, il descend d'un saint enterré à Essaouira, et son nom n'apparaît dans aucun traité.


L'Algérie n'existerait pas sans le Maroc. C'est précisément pour ça qu'elle le combat. (Série Maroc-Algérie, épisode 2 sur 5)
Les hommes qui ont dirigé l'Algérie pendant cinquante ans ont préparé leur révolution depuis Oujda. Leur premier acte d'indépendance a été d'attaquer leur refuge. Il y a des ingratitudes individuelles. Et puis il y a celle-ci, qui engage l'histoire de toute l'Afrique du Nord. Entre 1954 et 1962, pendant huit ans de guerre contre la France, les futurs dirigeants de l'Algérie indépendante avaient une base arrière, un refuge, une capitale officieuse : Oujda. Sur le territoire ma


L'ambassade d'Israël à Rabat existe déjà. Il ne manque que la plaque.
Des plans militaires annuels, des vols directs, un chantier qui avance. Et un mot, un seul, que personne ne pose sur la porte. Cherchez l'ambassade d'Israël à Rabat dans les annuaires officiels : vous ne la trouverez pas. Elle n'a jamais été inaugurée, aucune date n'est annoncée, aucun ruban n'attend d'être coupé. Maintenant regardez ce qui se passe réellement entre les deux pays, et dites-moi à quoi ressemble une ambassade. Une troisième commission militaire conjointe s'est


En 2030, la finale du Mondial ne se jouera peut-être pas à Madrid.
À 38 kilomètres de Casablanca, un pays construit la plus grande enceinte du monde pour aller la chercher. Madrid croit que c'est déjà réglé. Le Santiago Bernabéu, temple rénové à coups de milliards, maison du club le plus titré de la planète, se voit déjà accueillir la finale de la Coupe du Monde 2030. L'Espagne le pense, l'Europe le suppose, la presse madrilène l'écrit comme une évidence. Et pendant ce temps, à 38 kilomètres de Casablanca, dans la province de Benslimane, 5 0


Ceux qui veulent éteindre la dernière lumière ignorent ce qu'elle éclaire.
La rupture avec Israël ne punirait pas Tel-Aviv. Elle amputerait le Maroc de lui-même. Toutes les lumières sont éteintes. Sauf une. Bagdad comptait 130 000 Juifs, il n'en reste rien. Le Caire, Tripoli, Damas, Tunis : des communautés deux fois millénaires, réduites à des cimetières fermés et des synagogues murées. Dans toute la région, une seule lumière brûle encore. Elle brûle à Casablanca, à Marrakech, à Essaouira. Entre 2 000 et 3 000 Juifs y maintiennent des synagogues act


Ormuz : la crise pétrolière qui renforce un pays sans pétrole
Un cinquième du pétrole mondial est bloqué à 7 000 kilomètres de Rabat. Et c'est le Maroc qui en sort grandi. Le Maroc n'a pas une goutte de pétrole. Et pourtant, la crise qui étrangle l'or noir mondial depuis six mois est en train de renforcer la position stratégique du Royaume. Explication en trois temps.


Les palais royaux marocains ne sont pas des résidences
Ce que les détracteurs oublient de dire quand ils parlent de leur coût. Les ignorants y voient des résidences de luxe avec piscines. La réalité est ailleurs : les palais royaux du Maroc sont l'un des investissements les plus stratégiques du Royaume.


Le 15 août, la frontière que personne n'a ouverte
111 interpellations, zéro passage. Comment le Royaume a tué une rumeur avant qu'elle ne devienne un assaut. Ils étaient venus pour une porte ouverte. Elle n'a jamais existé. Ce samedi 15 août, jour de l'Assomption, férié en Espagne, devait être selon des milliers de messages viraux le jour où le poste-frontière de Bab Sebta s'ouvrirait de lui-même. Une rumeur, rien de plus. Mais une rumeur qui a mis des foules en mouvement vers Fnideq. Bilan de la journée : 111 candidats à la


Extraditions : le jour où le Maroc a cessé de coopérer gratuitement avec l'Espagne
Rabat livre les fugitifs que Madrid réclame. Dans l'autre sens, les agents d'escorte marocains rentrent les mains vides. Le ministre de la Justice envisage désormais de suspendre l'accord d'extradition, et ce n'est pas une brouille de plus : c'est un changement de doctrine. Il y a des annonces qui paraissent techniques et qui sont en réalité stratégiques. Celle du ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi, faite cette semaine à l'agence espagnole EFE, appartient à la seconde c


Comment détruire sa diplomatie en étant obsédé par son voisin : l'étude de cas que l'Algérie offre au monde
Pendant que le Maroc signait les Accords d'Abraham et engrangeait les reconnaissances sur son Sahara, le régime d'Alger coupait les ponts avec la moitié de ses partenaires. L'isolement est le prix à payer quand on n'a rien d'autre à proposer que de la nuisance. Il y a un exercice que les écoles diplomatiques devraient donner à leurs étudiants : listez les pays avec lesquels le régime algérien s'est brouillé depuis 2020, puis listez ceux avec lesquels le Maroc s'est rapproché


Sebta n'est pas une crise migratoire, et il est temps de dire tout haut ce que ce mot recouvre
Samedi, des comptes anonymes promettent un assaut sur l'enclave. On vous parlera de grillages et de nageurs. Moi je vous parle du fond : une ville espagnole depuis 1580, jamais reconnue par le Maroc, et dont la survie quotidienne dépend du pays qui l'entoure. Il y a des mots qui servent à comprendre et des mots qui servent à ne pas comprendre. « Crise migratoire » appartient à la seconde catégorie. Depuis deux semaines, il recouvre tout ce qui se passe à Sebta, et il va satur


Madrid ne critique pas Rabat. Madrid remercie Rabat.
Le chef de la diplomatie espagnole s'est rendu à Sebta ce mardi. Douze jours après la crise migratoire la plus massive de l'histoire de l'enclave, son message tient en une formule : coopération pleine et entière du Maroc. Récit d'un renversement diplomatique que peu avaient anticipé. Il y a des visites ministérielles qui sanctionnent. Celle-ci consacre. Ce mardi 11 août, le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares s'est rendu à Sebta, accompagné de la min


le plan de paix bloque, et le Maroc est dans la salle
Israël a rejeté la dernière feuille de route américaine, pourtant acceptée par le Hamas. Derrière ce blocage diplomatique, un fait passe inaperçu : le Maroc fait partie des pays appelés à jouer un rôle concret dans la suite.
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