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15 janvier 2020 : le Roi qui préside le Comité Al-Qods entre dans une synagogue d'Essaouira. Aucune propagande ne sait quoi faire de cette image

23 sept.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 sept.


Depuis le 7 octobre, la guerre des récits oppose ceux qui accusent et ceux qui répondent. Les deux perdent leur temps. Il existe un fait que ni les uns ni les autres ne savent ranger, et il est marocain.


Le 7 octobre 2023, à 7 h 14, les Brigades al-Qassam annoncent le début de l'attaque sur leur chaîne Telegram. La première déclaration de guerre n'est pas un communiqué diplomatique. C'est un message sur une messagerie. Dans les soixante-douze heures qui suivent, le Hamas et les groupes qui gravitent autour de lui publient près de 6 000 messages sur Telegram. Avant que la plupart des gouvernements aient fini leur première réunion de crise, le cadre était posé.

Je ne dis pas que tout ce qui circule sur Gaza est de la propagande. Les morts sont réels. Les destructions sont réelles. Critiquer Israël n'est pas être antisémite. Mais une guerre se gagne aussi sur une question simple : qui choisit le sujet dont tout le monde parlera demain ?

Et sur ce terrain, j'ai un verdict. La communication pro-israélienne a perdu la guerre des réseaux. Pas parce qu'elle a tort. Parce qu'elle répond.


Ma thèse

Répondre, c'est déjà avoir perdu une partie de la bataille, parce que c'est laisser l'adversaire choisir le terrain. Et le terrain le plus dangereux de cette guerre n'est ni Gaza ni l'Eurovision. C'est une idée : Juifs et Musulmans seraient, par nature, incompatibles. Cette idée, le Hamas la vend. Une partie de l'extrême droite en Israël et en Europe la vend aussi. Les deux camps qui se haïssent vendent le même produit.

Le Maroc est le fait qui casse ce produit. Pas un slogan, pas une campagne. Un pays musulman qui défend la cause palestinienne et qui, dans le même temps, reconstruit la mémoire de ses Juifs. Les deux camps sont obligés de l'enjamber, parce qu'il ne rentre dans aucune de leurs cases.

La preuve tient dans une ligne d'un texte que chaque Marocain a voté, et dans des tombes que presque plus personne ne visite.


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