Sdérot, Ofakim, Netivot : les villes des Juifs du Maroc que le Hamas a frappées le 7 octobre

Trois villes du Néguev, peuplées dans les années 1950 par des familles venues du Maroc, à quelques kilomètres de Gaza. Le 7 octobre 2023, elles ont été parmi les premières frappées. Ce qui s'y est passé, ceux qui y sont morts en portant des noms de chez nous, et ce que le Maroc y a encore.
Ofakim, samedi 7 octobre 2023, 9h06. Cinq hommes armés entrent dans la maison de Rachel et David Edri. Pendant près de dix-sept heures, Rachel, soixante-cinq ans, leur sert du thé, de l'ananas en boîte et des biscuits qu'elle avait préparés pour Kippour. Elle leur chante des chansons en arabe. Son fils Eviatar, policier, dessine pour l'unité antiterroriste de la police le plan de la maison. Dans la nuit, au terme de l'assaut, les cinq hommes sont morts, et le couple en sort vivant. Rachel Edri est née à Ofakim de parents venus d'Iran. Les biscuits, eux, étaient marocains. Comme la ville.
Ofakim a été fondée le 19 avril 1955 par dix-sept familles du Maroc et quatre de Tunisie et d'Égypte. Sdérot, en 1961, comptait 87 % d'habitants venus d'Afrique du Nord, surtout du Maroc. Netivot a été fondée en 1956 par des immigrants du Maroc et de Tunisie, et c'est là que repose Baba Salé. Sdérot est à moins d'un kilomètre de Gaza, Netivot à treize, Ofakim à vingt-cinq. Pourquoi des villes parmi les plus marocaines d'Israël se trouvent-elles sur sa frontière la plus exposée, et que leur est-il arrivé ce samedi-là ?
Ma réponse tient en une phrase : Israël a installé les Juifs du Maroc sur sa frontière la plus dangereuse, et près de soixante-dix ans plus tard, ce sont leurs villes qui ont été parmi les premières frappées le 7 octobre, et presque personne, au Maroc, ne les a nommées.
Derrière le mur : les deux hommes nés au Maroc tués à Sdérot ce matin-là, ce que le Hamas avait préparé pour la hilloula de Baba Salé, et la ville marocaine d'Israël où des officiers des Forces armées royales sont arrivés cet été.
Vous souhaitez en lire plus ?
Abonnez-vous à aminedrissiboutaybi.com pour continuer à lire ce post exclusif.













