Aucun État ne garde ses saints juifs comme le Maroc, et mardi soir Essaouira va le prouver
- il y a 5 jours
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Plus de deux mille pèlerins venus d'Israël, de France et du Canada convergent vers la Hiloula de Rabbi Haïm Pinto. Ce n'est pas le plus grand pèlerinage juif du monde. C'est celui qu'aucun autre pays ne pourrait porter ainsi.

Mardi 8 septembre, Essaouira change de visage. L'aéroport active un dispositif d'accueil spécial. Des vols arrivent d'Israël. Des familles descendent de Paris, de Montréal, de New York. Elles viennent prier sur le tombeau d'un rabbin mort il y a cent quatre-vingts ans, dans une ville marocaine, sous la protection de l'État marocain.
Je vais l'écrire précisément, parce que la précision est ici plus forte que l'emphase : il existe d'autres pèlerinages juifs dans le monde. Aucun ne repose sur ce qui existe au Maroc. Ailleurs, on protège un lieu. Ici, l'État porte une doctrine.
Cette doctrine n'est pas sortie d'un ministère. Elle commence par une nuit précise, dans la ville en chantier que je racontais hier, avec un enfant que personne n'attendait et qui dormait là où il avait pu. Elle traverse ensuite deux siècles, une promesse faite sur un lit de mort, un trousseau de clés transmis dans une famille qui n'est pas juive, deux objections célèbres que je vais démonter nommément, et elle finit par peser sur le dossier le plus sensible de la diplomatie marocaine.
Chaque étape est documentée. Voici la première.
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