Le mellah n'était pas un ghetto. Voici pourquoi les Juifs marocains habitaient à côté du palais, et pas au bout de la ville.
- il y a 7 jours
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On croit connaître ce mot parce qu'on traverse ces quartiers. On le traduit mentalement par ghetto, et c'est exactement le contresens. La géographie des villes marocaines raconte une autre histoire, et elle se vérifie encore aujourd'hui, à pied, dans n'importe quelle médina.

Faites l'exercice la prochaine fois que vous êtes à Fès, à Marrakech ou à Meknès.
Demandez où se trouve l'ancien mellah, le quartier juif historique. Puis demandez où se trouve le palais royal.
Vous n'aurez pas besoin de deux réponses. C'est la même.
Et cette coïncidence, répétée de ville en ville pendant cinq siècles, est l'une des choses les plus mal comprises de toute l'histoire du Maroc.
Le contresens.
Quand un Européen, ou un Marocain formé sur des références européennes, entend « quartier juif séparé », son cerveau traduit automatiquement : ghetto.
Or le ghetto européen est une chose très précise. Celui de Venise, créé en 1516, était une île, fermée la nuit par des grilles, surveillée. Celui de Rome fonctionnait sur le même principe. Un lieu de relégation imposé par l'hostilité, dont on verrouillait les portes sur les habitants comme sur des suspects.
Le mellah marocain porte un nom qui vient de l'arabe, du mot melh, le sel. Le premier a été créé à Fès en 1438.
Et il a été construit sur une logique exactement inverse. Laquelle, c'est toute l'histoire.
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