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Le Maroc l'a exécutée à dix-sept ans, puis il l'a appelée Lalla

  • il y a 5 jours
  • 5 min de lecture

En 1834, une jeune juive de Tanger est décapitée à Fès pour apostasie. Ce qui suit est le vrai sujet : le pays qui l'a condamnée lui a donné le titre qu'il réserve à ses saintes, et sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage pour les deux communautés.

lala soulika

Il y a des histoires qu'on ne peut pas raconter à moitié. Celle-ci en fait partie, et je vais la raconter entièrement, y compris ce qui nous met mal à l'aise.


Les faits, dans l'ordre

Solika Hachuel naît à Tanger en 1817, dans une famille juive d'origine andalouse. Son père, Chaïm, est commerçant et talmudiste, et il tient chez lui un cercle d'étude. Elle a un frère aîné, Yissachar.

Toutes les versions du récit s'accordent sur un point : elle était d'une beauté remarquable.

En 1834, une voisine musulmane affirme que la jeune fille s'est convertie à l'islam. Solika le nie.

C'est là que le mécanisme se met en marche, et il faut le comprendre précisément, parce que tout dépend de lui.


Le point de droit

Dans le droit musulman classique, un non-musulman qui vit en terre d'islam est protégé et n'a aucune obligation de conversion. Personne n'est censé être forcé.

Mais un musulman qui abjure relève de la ridda, l'apostasie, punie de mort.

Toute l'affaire tient donc à une question de fait : Solika s'est-elle convertie, oui ou non ? Si elle ne l'a jamais fait, elle n'a rien à répudier et le droit ne s'applique pas. Si elle l'a fait, même sous contrainte ou même par une formule prononcée devant témoins, alors son refus de le confirmer devient un crime capital.

Elle est conduite devant le gouverneur de Tanger, puis devant la cour du sultan Moulay Abderrahmane à Fès, où l'on tente de la convaincre de confirmer la conversion. On lui promet, selon les récits, la soie, l'or, la protection de sa famille et un beau mariage.

Elle refuse.

Elle est décapitée en place publique à Fès le 5 juin 1834. Elle a dix-sept ans.

La communauté juive de Fès doit racheter son corps, sa tête et la terre ensanglantée pour lui donner une sépulture au cimetière juif.


Et maintenant, le fait que personne ne commente

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