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Naza secoue Israël. Le Maroc choisit pourtant d’aller plus loin.

il y a 2 jours
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Au moment même où un documentaire israélien sur Gaza provoque une tempête internationale et une crise politique en Israël, Rabat et Tel-Aviv décident de transformer leurs bureaux de liaison en ambassades. Ce calendrier ne prouve pas un lien entre les deux événements. Mais il révèle quelque chose de la manière dont le Maroc conçoit sa relation avec Israël : comme une politique d’État qui ne disparaît pas à chaque crise.



Il y a des moments où une décision diplomatique est facile.

Et il y en a d’autres où elle devient politiquement coûteuse.

Le 10 septembre 2026, à la Mostra de Venise, un documentaire israélien provoque un choc.

Son nom : Naza.


Réalisé par les Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, le film repose sur les témoignages anonymisés de militaires et de membres du renseignement israéliens ayant participé à la guerre à Gaza. Le documentaire décrit notamment l’utilisation de systèmes de ciblage et donne la parole à des témoins qui mettent en cause la manière dont certaines frappes ont été autorisées malgré les risques connus pour les civils. L’armée israélienne conteste ces accusations et critique l’utilisation de sources anonymes impossibles, selon elle, à vérifier publiquement.


Deux jours plus tard, le film reçoit le prix spécial du jury à Venise.

Puis Israël s’enflamme.


Des responsables politiques israéliens accusent les réalisateurs de nuire à leur pays. Le ministre israélien de la Culture réclame leur déchéance de nationalité. Les cinéastes reçoivent des menaces. Le débat ne porte plus seulement sur Gaza : il devient un débat sur ce qu’un Israélien peut dire de son propre pays en temps de guerre.


Et quatre jours après la récompense de Venise, quelque chose d’autre se produit.


Le Maroc et Israël annoncent qu’ils vont élever leurs relations diplomatiques au rang d’ambassades.

Plus seulement des bureaux de liaison.

Des ambassades.

Avec échange d’ambassadeurs.

Reprise et extension des liaisons aériennes.

Et volonté d’approfondir les relations économiques entre les deux pays.

À première vue, les deux histoires n’ont rien à voir.

Et il faut être rigoureux : aucune source sérieuse ne permet d’affirmer que la décision marocaine est une réponse à Naza.

Une décision diplomatique de cette ampleur ne se négocie pas en quatre jours.

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