14 août 1979 : pourquoi les représentants d’Oued Eddahab ont prêté allégeance à Hassan II

Neuf jours après le retrait mauritanien, des représentants d’Oued Eddahab se présentent devant Hassan II. Ils auraient pu signer une pétition, publier une déclaration ou négocier un accord. Ils choisissent un geste beaucoup plus ancien : la bayʿa. Et ce détail raconte peut-être mieux le Maroc que tout le reste.
Il existe une photographie étonnante du mois d’août 1979.
Nous ne sommes ni sur une ligne de front, ni autour d’une table de négociation internationale.
Nous sommes au Palais royal de Rabat.
Face à Hassan II se trouvent des représentants venus d’Oued Eddahab, la région de Dakhla. Les sources marocaines évoquent une délégation de 360 personnes mandatées par les populations de la région. Le conseil de la ville donne lecture d’un acte solennel.
Mais ce n’est pas un traité.
Ce n’est pas non plus un référendum.
C’est une bayʿa.
Le 14 août 1979, au moment précis où le statut du sud du Sahara vient d’être bouleversé par le retrait mauritanien, la scène politique se déplace soudain vers une institution beaucoup plus ancienne que les frontières coloniales elles-mêmes.
Et c’est là que cette histoire devient beaucoup plus intéressante qu’une simple chronique territoriale.
Pourquoi, en 1979, dans un conflit suivi par l’ONU, l’OUA, Alger, Nouakchott, Rabat et plusieurs capitales occidentales, faire appel à un serment dont la logique appartient à l’histoire politique marocaine depuis des siècles ?
Pourquoi cette scène ?
Pourquoi cette institution ?
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