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Soixante-sept jours à Marrakech : ce que l'exil du Chah dit vraiment de la politique étrangère du Royaume

20 août
5 min de lecture

En 1979, le Maroc a hébergé l'homme le plus encombrant de la planète. On raconte cette histoire comme un conte de fidélité. Je crois qu'il faut la lire autrement : comme la première application d'une doctrine que le Royaume oppose encore à Téhéran aujourd'hui.

Hasssan 2 et le shah d'Iran

Il y a une image que je regarde souvent. Deux hommes en tenue de cérémonie, un rideau lourd derrière eux, une souveraine entre les deux. L'un règne sur le Levant, l'autre sur le Couchant. Ils se ressemblent : même idée de l'État, même obsession de la modernisation, même conviction qu'une nation millénaire peut avancer sans se renier. Quinze ans plus tard, l'un est mort en exil au Caire et l'autre a rompu avec le pays de son ami.


Cette histoire circule sur les réseaux sous une forme confortable : le Maroc aurait été fidèle quand le monde entier a été lâche. C'est vrai, mais c'est incomplet. Et l'incomplet, en géopolitique, produit toujours de mauvaises conclusions.


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