Un pays ne confie pas son ciel à quelqu'un dont il se méfie : ce que le Barak MX dit vraiment du lien entre le Maroc et Israël
Depuis le début de l'année, un système israélien de défense aérienne est pleinement opérationnel sur le sol marocain. On a beaucoup commenté les vols, les bureaux de liaison, les symboles. Le vrai signal de la normalisation n'est dans rien de tout cela. Il est sur une base militaire au nord-est de Rabat.

On mesure toujours la normalisation entre le Maroc et Israël avec les mauvais instruments. Les vols directs, les visites de ministres, les cérémonies. Tout cela est réversible en une semaine.
Il existe un instrument de mesure infiniment plus fiable, et il tient en une question : que se passe-t-il dans le domaine où aucun État ne peut se permettre de mentir, celui de sa propre survie ?
Réponse : depuis le début de 2026, selon la presse spécialisée israélienne et marocaine et les analyses d'images satellites, le système de défense aérienne et antimissile Barak MX, conçu par Israel Aerospace Industries, est pleinement opérationnel au Maroc. Déployé sur la base de Sidi Yahya El Gharb, à une soixantaine de kilomètres au nord-est de Rabat, avec des signatures électroniques détectées jusqu'au Sahara marocain.
Je vais expliquer ce que c'est, pourquoi ce n'est pas le Dôme de fer, et surtout ce que cet achat signifie réellement, parce que c'est le développement le plus important de toute la relation, et presque personne n'en a saisi la portée.
Ce que c'est, exactement
Le Barak MX n'est pas un canon antiaérien amélioré. C'est un système complet de gestion du ciel.
Au centre, un cerveau : un centre de commandement qui fusionne les données de plusieurs radars en une seule image aérienne, analyse les menaces et décide des interceptions. Autour, des lanceurs, mobiles ou fixes, terrestres ou navals. Et trois familles d'intercepteurs qui se répartissent les distances : le Barak MRAD jusqu'à trente-cinq kilomètres, le Barak LRAD jusqu'à soixante-dix, et le Barak ER, à double impulsion et booster, jusqu'à cent cinquante kilomètres.
Ce que ça intercepte : des avions de combat, des hélicoptères, des drones, des missiles de croisière, des missiles balistiques tactiques. C'est-à-dire, très exactement, la panoplie des menaces modernes, celles qu'on a vues transformer les guerres d'Ukraine et du Caucase.
Le contrat a été signé en février 2022, pour un montant estimé à cinq cents millions de dollars, dans la foulée du mémorandum de coopération de défense signé à Rabat fin 2021 lors de la visite du ministre israélien de la Défense de l'époque. Les livraisons ont commencé à la mi-2023, un calendrier confirmé au passage par les fuites de documents du Pentagone. Détail qui ne s'invente pas : le patron d'IAI au moment du contrat s'appelait Amir Peretz, ancien ministre de la Défense, né au Maroc.
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