Le jour où Hassan II a pleuré devant les caméras : 20 décembre 1983, la mort de son frère Moulay Abdallah
Le Roi qui ne montrait jamais une faille s'effondre en direct à la télévision sur le cercueil de son cadet, mort d'un cancer à 48 ans. Douze ans plus tôt, ce frère avait pris des balles pour lui à Skhirat.

Le 20 décembre 1983, les Marocains allument la télévision et voient une chose qu'ils n'ont jamais vue : Feu Sa Majesté le Roi Hassan II pleure. Pas une larme retenue. Le souverain plié en deux, inconsolable, sur le cercueil de son frère cadet, le prince Moulay Abdallah, mort le jour même à Rabat, à 48 ans, d'un cancer.
Pour un monarque qui a survécu à deux coups d'État sans jamais laisser transparaître la peur, cette scène est une rupture. Une scène comme l'une des plus fascinantes du règne. Le Roi pleure, et le pays découvre qu'il en est capable.
Ce que pleure Hassan II, ce n'est pas seulement un frère. C'est le compagnon d'une vie entière au Palais : le Collège royal créé pour eux deux en 1942, l'exil de 1953 en Corse puis à Madagascar, le double mariage du 9 novembre 1961 où les deux frères épousent le même jour, l'un Lalla Latifa, l'autre Lamia Solh, fille du premier chef de gouvernement du Liban.
Et c'est l'homme qui, le 10 juillet 1971, à Skhirat, a été touché au bras et à la cuisse par les balles des mutins venus tuer le Roi.
Ce que Moulay Abdallah a été pour son frère, ce qu'il a coûté à la monarchie, et ce que sa mort a laissé derrière elle, c'est là que l'histoire se joue.
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