LA FORTUNE DU ROI PROTÈGE L'INDÉPENDANCE ÉCONOMIQUE DU MAROC
Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole quittent l'Afrique et vendent leurs banques. Le Burkina Faso, la Guinée et la Mauritanie ont appris la nouvelle sans avoir voix au chapitre. Le Maroc, lui, rachète. Voici comment Al Mada tient les banques, les mines, les télécoms et l'énergie du Royaume.

Posez-vous une question que personne ne pose. Qui décide de rester quand ça devient difficile ?
Pas dans l'abstrait. Concrètement. Quand un pays traverse une crise, quand sa monnaie décroche, quand son risque souverain se dégrade, qui prend la décision de maintenir les guichets ouverts, de continuer à prêter aux entreprises locales, de ne pas fermer les agences dans les régions non rentables ?
La réponse dépend entièrement d'une chose : où siège l'actionnaire.
Ce qui se passe en Afrique depuis 2020
Un mouvement de fond est en cours et il est très peu commenté. Les grandes banques européennes se retirent du continent africain.
Société Générale a vendu ses filiales une par une. Le Burkina Faso à Vista Group. La Guinée à Atlantic Financial Group. La Mauritanie à un consortium mené par Enko Capital. BNP Paribas s'était désengagée d'une partie de l'Afrique subsaharienne dès 2019, avait cédé le Mali, les Comores et le Gabon, puis le Sénégal et la Côte d'Ivoire, et a fermé sa banque de financement en Afrique du Sud en 2024. Crédit Agricole, BPCE, Barclays, Standard Chartered et HSBC ont engagé ou achevé le même mouvement.
Il faut comprendre pourquoi, parce que la raison n'a rien de scandaleux et c'est précisément ce qui la rend instructive.
Les filiales africaines de Société Générale représentaient autour de huit pour cent de son produit net bancaire. Huit pour cent. Pour un groupe présent dans plus de soixante pays et servant plus de vingt-cinq millions de clients, c'est une ligne marginale. En 2025, le groupe a publié un résultat net record de six milliards d'euros en se recentrant sur ses marchés les plus rentables.
Du point de vue de Paris, la décision est rationnelle. Du point de vue de Conakry ou de Nouakchott, elle est subie.
C'est ça, l'absence de souveraineté économique. Ce n'est pas un complot. C'est simplement le fait qu'une décision structurante pour votre pays se prend selon des critères qui ne vous concernent pas, dans une salle où vous n'êtes pas assis.
Maintenant, regardons le Maroc.
Vous souhaitez en lire plus ?
Abonnez-vous à aminedrissiboutaybi.com pour continuer à lire ce post exclusif.
_edited.png)




































































































