1991 : après 17 ans de prison, Abraham Serfaty est expulsé comme « Brésilien ».
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Né à Casablanca, juif marocain, ingénieur et ancien haut fonctionnaire, il n’avait jamais mis les pieds au Brésil. Huit ans plus tard, Mohammed VI autorise son retour au Maroc.

13 septembre 1991.
Abraham Serfaty sort de la prison centrale de Kénitra.
Il a 65 ans.
Il vient de passer dix-sept années en détention après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour son engagement au sein de l’organisation marxiste-léniniste clandestine Ila al-Amam.
On pourrait imaginer qu’il va enfin rentrer chez lui.
Il n’en aura pas le temps.
Le même jour, il est conduit à l’aéroport et envoyé en France.
L’explication officielle est stupéfiante : Abraham Serfaty ne serait pas marocain. Il serait brésilien.
Pourtant, il est né à Casablanca en 1926. Il a travaillé dans la haute administration du Maroc indépendant. Il a dirigé des activités minières, travaillé à l’Office chérifien des phosphates et possédé des papiers marocains. Lui-même affirme n’avoir jamais mis les pieds au Brésil.
Comment un homme ayant passé l’essentiel de sa vie au Maroc, y compris dix-sept années dans une prison marocaine, peut-il soudain être considéré comme étranger ?
C’est là que commence la partie la plus étrange de son histoire.
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