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Il n'a pas renoncé au trône

25 août
3 min de lecture

En janvier 2022, une femme de 92 ans meurt à Rabat. Elle s'appelle Jeannine Paulette Verret. Elle est née à Belleville, dans le vingtième arrondissement de Paris, et personne au Maroc ne connaît ce nom. Sous celui d'Etchika Choureau, elle avait été l'un des visages du cinéma français des années 1950. Prix du meilleur espoir féminin en 1953. Hollywood en 1958, deux films tournés sous la direction de William Wellman. Puis plus rien, ou presque. Dix-sept longs métrages en tout, et un retrait définitif en 1966, à un âge où les carrières commencent.

Jeannine Paulette Verret et hassan 2

La question n'est pas pourquoi sa carrière s'est arrêtée. La question est pourquoi elle est morte à Rabat.

En décembre 1957, un magazine français met une phrase en couverture. Le Maroc a recouvré son indépendance depuis vingt mois. Le trône est encore en train de se réinstaller, la dynastie de se reconstruire, l'État de s'écrire. Et la presse parisienne pose publiquement cette question : « Le prince héritier du Maroc va-t-il renoncer au trône pour une Française ? »


Ce n'est pas une rubrique mondaine. C'est une question d'État posée à voix haute, dans le pays qui vient tout juste de quitter le protectorat.


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