31 juillet 2026 : pourquoi des centaines de dignitaires s’inclinent encore devant Mohammed VI
Pour beaucoup d’étrangers, la scène paraît sortie d’un autre siècle. Pourtant, la Bayʿa n’est ni un folklore inventé pour les caméras ni une simple révérence au Roi : elle vient d’une institution politique islamique ancienne que le Maroc a transformée en rituel national. Et même les Juifs marocains ont historiquement exprimé leur allégeance au Trône, à leur manière.

Le 31 juillet 2026, dans la cour du palais royal de Tétouan, la scène recommence.
Mohammed VI est là. Devant lui passent les représentants des régions, les responsables de l’administration territoriale et les dignitaires du Royaume. Les rangs avancent, saluent, s’inclinent. Le rituel est réglé avec une précision qui semble appartenir à une autre époque. Le communiqué officiel parle de renouvellement de l’allégeance et de continuité entre le Trône et le peuple.
Montrez ces images à quelqu’un qui ne connaît rien au Maroc.
Sa première réaction sera probablement simple :
« Mais qu’est-ce qu’ils font ? »
Dans une Europe habituée aux présidents en costume qui serrent des mains, la Bayʿa peut paraître féodale. Pour certains spectateurs, elle ressemble à une soumission corporelle. Pour d’autres, à une survivance presque théâtrale d’un ordre ancien.
Les deux lectures passent pourtant à côté de quelque chose.
Parce que le geste visible n’est que la dernière couche d’une institution beaucoup plus vieille.
Et pour comprendre pourquoi le Maroc continue à la mettre en scène au XXIe siècle, il faut remonter beaucoup plus loin que Mohammed VI, Hassan II ou même la dynastie alaouite.
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