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Le mauvais œil au Maroc : pourquoi on cache ce qui est précieux

il y a 3 jours
8 min de lecture

Façades modestes, intérieurs somptueux, « tbarkallah », khmissa, silence autour de certaines réussites : derrière le mauvais œil se cache bien plus qu’une superstition. Il révèle une manière marocaine de penser le regard des autres.


mauvais oeil maroc


Dans une médina marocaine, l’une des plus belles maisons de la rue peut être celle que vous ne remarquez pas.

Une porte en bois. Un mur presque aveugle. Peu d’ornements visibles depuis l’extérieur. Puis la porte s’ouvre : zellige, bois sculpté, plâtre ciselé, fontaine, patio, tapis, lumière descendant du ciel.

La richesse était là.

Simplement, elle ne regardait pas la rue.

Cette architecture tournée vers l’intérieur répond d’abord à des logiques précises : protéger la vie familiale, préserver l’intimité et adapter la maison au climat. Les travaux consacrés aux riads marocains montrent cette préférence pour le patio central et pour des façades extérieures peu ouvertes.

Mais cette opposition entre un dehors discret et un dedans précieux entre en résonance avec quelque chose de beaucoup plus profond dans la culture marocaine : la méfiance envers le regard lorsqu’il se pose trop longtemps sur ce que l’on possède, ce que l’on aime ou ce que l’on réussit.

C’est là qu’apparaît l3ayn.

Le mauvais œil.


Derrière le mur : pourquoi le compliment lui-même peut devenir inquiétant, ce que protège réellement la khmissa, pourquoi les nouveau-nés ont longtemps été particulièrement entourés de précautions, comment la jalousie est devenue une question culturelle, et pourquoi le Marocain peut parfois préférer minimiser une réussite plutôt que l’exposer.

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