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Quand le Maroc envoyait déjà ses ambassadeurs à Londres, Versailles, Madrid et Istanbul

il y a 1 jour
11 min de lecture

Bien avant les ambassades permanentes et les ministères modernes, les souverains marocains envoyaient à travers l’Europe et la Méditerranée des savants, gouverneurs, amiraux, négociants et secrétaires. Leur travail ne consistait pas seulement à transmettre une lettre : ils négociaient des alliances, libéraient des captifs, récupéraient des manuscrits, achetaient des armes et observaient les puissances

étrangères.


ambassadeur marocain venise

En 1600, un homme arrive à la cour d’Élisabeth Ire d’Angleterre.

Longue robe.

Turban blanc.

Épée à la ceinture.

Son nom est Abd al-Wahid ben Messaoud ben Mohammed Anoun.

Il ne vient pas de Constantinople.

Ni du royaume de Perse.

Il représente le sultan saadien du Maroc, Ahmad al-Mansour.

Son portrait est réalisé en Angleterre cette année-là. Le Metropolitan Museum le décrit comme, à notre connaissance, le plus ancien portrait conservé d’un musulman réalisé en Angleterre.

Abd al-Wahid restera plusieurs mois auprès de la cour anglaise.

Il doit parler commerce.

Mais surtout Espagne.

Le Maroc et l’Angleterre partagent alors un adversaire puissant, la monarchie espagnole. L’ambassade doit explorer la possibilité d’une coopération militaire contre elle.

Quatre siècles plus tard, ce tableau ressemble presque à une anomalie.

Un ambassadeur marocain négociant avec Élisabeth Ire à Londres en 1600 ?

Pourtant, il ne s’agit absolument pas d’un accident.

Abd al-Wahid appartient à une histoire beaucoup plus vaste : celle d’une diplomatie marocaine active, mobile et parfois extraordinairement sophistiquée, plusieurs siècles avant le Protectorat.

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