À quoi ressemblerait un Maroc où des Juifs siègent de nouveau au Parlement ?
Députés, ministres, hauts responsables : après avoir réintégré l’affluent hébraïque dans son récit national, le Royaume pourrait un jour le voir réapparaître dans ses institutions. Et ce ne serait pas une rupture avec son histoire, mais un retour.

Imaginez la photographie.
Nous sommes en 1956.
Le Maroc vient à peine de retrouver son indépendance. Tout est à construire : l’administration, la diplomatie, l’économie, les institutions, les cadres du nouvel État.
Autour de Mohammed V se tient le gouvernement marocain.
Et parmi les ministres se trouve un homme juif.
Il s’appelle Léon Benzaquen.
Il ne s’agit pas d’un conseiller chargé du patrimoine hébraïque. Ni d’un représentant invité pour montrer la diversité du pays. Ni d’un responsable communautaire assis au fond d’une cérémonie.
Il est ministre des PTT.
Lorsque Le Monde reviendra sur sa carrière lors de sa mort en 1977, le journal insistera sur un détail essentiel : Benzaquen n’avait pas été appelé au gouvernement comme « représentant des Juifs », mais comme citoyen marocain à part entière. Il siègera dans les deux premiers gouvernements constitués autour de Mohammed V.
Voilà peut-être le détail le plus intéressant de toute cette histoire.
À peine sorti du Protectorat, le Maroc n’avait pas commencé par se demander s’il était suffisamment moderne pour mettre un Juif au gouvernement.
Il l’avait fait.
Alors comment sommes-nous arrivés à une époque où l’idée même d’un député ou d’un ministre juif marocain semble presque audacieuse ?
Vous souhaitez en lire plus ?
Abonnez-vous à aminedrissiboutaybi.com pour continuer à lire ce post exclusif.
_edited.png)




































































































