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Au Maroc, « sioniste » est devenu une insulte avant d’être une définition.

il y a 2 jours
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

On peut rejeter la politique de Netanyahu, les colonies ou la guerre à Gaza. On peut défendre les Palestiniens. Mais encore faut-il savoir ce que l’on désigne lorsque l’on traite quelqu’un de « sioniste ». Car à force de transformer un mot historique en condamnation morale automatique, nous avons cessé de discuter de ce qu’il signifie réellement.


sionisme

Au Maroc, il suffit parfois d’un mot pour arrêter une conversation.

Sioniste.

Vous parlez du judaïsme marocain ?

Sioniste.

Vous publiez une photographie prise en Israël ?

Sioniste.

Vous défendez les relations entre le Maroc et Israël ?

Sioniste.


Parfois même, une scène qui ne contient absolument rien de politique peut être aspirée par cette logique. En avril 2026, la vidéo de Juifs hassidiques priant dans une rue de Marrakech a provoqué sur les réseaux marocains des réactions décrivant notamment la scène comme une manifestation du « sionisme ». Pourtant, les hommes filmés étaient simplement en train de prier.


C’est cela qui me désole.

Pas que des Marocains soient antisionistes.

Ils en ont parfaitement le droit.

Pas qu’ils soient profondément attachés à la Palestine.

Cette sensibilité est ancienne, et les enquêtes d’opinion montrent qu’elle demeure extrêmement forte.

Ce qui me désole, c’est de voir un concept historique complexe devenir parfois un simple synonyme de « traître », « criminel », « vendu » ou « ennemi », sans même passer par l’étape la plus élémentaire :

qu’est-ce que le sionisme ?


Je pourrais écrire que « l’écrasante majorité des Marocains ne le sait pas ».

Je ne le ferai pas.

Je n’ai trouvé aucune enquête nationale sérieuse demandant aux Marocains de définir précisément le sionisme.

En revanche, nous savons autre chose : les réseaux sociaux occupent une place considérable dans l’information au Maroc, et le Reuters Institute souligne que cette dépendance, associée à une confiance relativement faible dans l’information, expose régulièrement le pays à la désinformation.

Alors revenons au mot.


Parce qu’avant d’être une insulte, « sionisme » a une histoire.

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