Bataille des Trois Rois : en 1578, Ahmed al-Mansour prend le pouvoir pendant que le Portugal cherche son avenir

Le 4 août 1578, près de Ksar el-Kébir, le Maroc remporte une victoire dont son souverain ne verra pas les conséquences. Pour comprendre ce qui se joue ce jour-là, il faut suivre le quatrième homme : celui qui survit aux trois rois.
Le 4 août 1578, dans le nord du Maroc, une armée continue de combattre alors que son souverain vient de mourir. Sa Majesté le Roi Abd al-Malik, déjà malade, succombe pendant l’affrontement. Selon les récits historiques de la bataille, son entourage retient la nouvelle pour éviter qu’elle ne désorganise les troupes. À quelques kilomètres de Ksar el-Kébir, la victoire dépend aussi d’une information qui ne doit pas encore circuler.
En face se trouve Sébastien, roi du Portugal, venu soutenir Mohammed al-Mutawakkil, le souverain marocain déchu. Aucun des trois ne survivra à cette journée. C’est cette coïncidence tragique que la mémoire a retenue, au point d’en faire le nom de la bataille.
Mais une question demeure derrière ce nom : comment un royaume remporte-t-il une victoire décisive le jour même où il perd celui qui le commande ? Nous racontons volontiers les charges, l’encerclement et la déroute. Nous regardons moins ce qui permet aux vainqueurs de rester unis après les combats.
Je voudrais m’arrêter sur cet instant. Car un quatrième homme se trouve dans le camp marocain : Ahmed, frère du souverain, le futur Ahmed al-Mansour. En suivant son accession, puis la succession portugaise jusqu’en 1580 et les négociations sur les captifs, on découvre ce que la seule histoire militaire laisse dans l’ombre : la manière dont une victoire devient du pouvoir.
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