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Le Maroc a transformé Delacroix, Matisse et Saint Laurent

il y a 4 jours
5 min de lecture

En 1832, 1912 et 1966, trois créateurs arrivent au Maroc à des moments radicalement différents de leur vie. Aucun n’y cherche la même chose. Pourtant, tous trois vont intégrer le Royaume à leur manière de voir, de peindre, de composer ou de créer.


artistes inspirés du maroc

Le 21 février 1832, Eugène Delacroix se trouve à Tanger.


Il n’est pas venu pour peindre une carte postale. Il accompagne une mission diplomatique française auprès du sultan Moulay Abd al-Rahman. L’interprète de la délégation, Abraham Ben-Chimol, lui ouvre les portes d’un monde auquel un Européen de son époque accède rarement. Ce jour-là, Delacroix assiste à un mariage juif marocain. Il regarde les étoffes, les gestes, les visages, les intérieurs. Il note. Il dessine. Il mémorise.


Il pense observer le Maroc.


En réalité, le Maroc est déjà en train d’entrer dans son œuvre.

Delacroix reviendra en France avec des carnets remplis de figures et de scènes. Plusieurs œuvres ultérieures naîtront directement ou indirectement de ce voyage. Ce qu’il rencontre au Maroc lui paraît si puissant qu’il croit y reconnaître une forme d’« antiquité vivante », une expression révélatrice de son admiration, mais aussi du regard européen de son siècle.

Quatre-vingts ans plus tard, un autre géant débarque à Tanger.

Henri Matisse.

Puis, encore un demi-siècle plus tard, en 1966, Yves Saint Laurent découvre Marrakech.

Trois hommes. Trois disciplines. Trois époques. Aucun Maroc identique.

Et pourtant une même question demeure : qu’est-ce que ces créateurs ont trouvé ici qu’ils ne trouvaient pas ailleurs ?

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