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À quoi servent les élections au Maroc si le Roi nomme le Chef du gouvernement ?

il y a 13 heures
8 min de lecture
legislatives maroc

Depuis 2011, le souverain ne choisit pas librement parmi tous les partis : la Constitution l’oblige à nommer le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des législatives. Mais elle lui conserve une véritable fonction de nomination. Voilà comment les deux logiques s’articulent.


Demain, 23 septembre 2026, les Marocains éliront les 395 membres de la Chambre des représentants. À partir du 24 septembre commencera la séquence qui conduira à la formation d’un nouveau gouvernement.


Et déjà revient cette petite phrase, particulièrement commode lorsqu’on veut résumer les institutions marocaines en dix secondes :

« C’est le Roi qui nomme le Chef du gouvernement. »

Oui.

C’est même écrit dans la Constitution.

Mais ce qui est fascinant est la manière dont le mot « nomme » suffit parfois à certains observateurs pour considérer que l’affaire est entendue. Il y aurait les élections d’un côté, puis le Palais de l’autre, et puisque le second intervient après les premières, les premières ne serviraient finalement pas à grand-chose.

C’est une lecture extraordinairement confortable.

Elle évite surtout d’avoir à lire la phrase suivante.

L’article 47 de la Constitution ne dit pas seulement que le Roi nomme le Chef du gouvernement. Il précise qu’il le choisit au sein du parti politique arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants et au vu de leurs résultats. Les membres du gouvernement sont ensuite nommés par le Roi sur proposition du Chef du gouvernement.

Ce n’est pas un détail.

Le souverain ne peut donc pas regarder demain soir les résultats, ignorer le parti arrivé en tête et aller chercher à sa convenance une personnalité dans une formation arrivée quatrième.

Le vote produit une contrainte constitutionnelle.

Et c’est déjà une réponse à ceux qui demandent à quoi servent les élections marocaines.

Mais ce n’est pas encore la question la plus intéressante.

Car la Constitution aurait pu aller plus loin. Elle aurait pu prévoir que le chef du parti vainqueur devienne automatiquement Chef du gouvernement. Elle aurait pu confier au Parlement le soin d’élire lui-même le responsable de l’exécutif. Elle aurait pu transformer la nomination royale en cérémonie purement symbolique.

Elle ne l’a pas fait.

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