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La Marche noire de décembre 1975 : le jour où l'Algérie a expulsé ses Marocains, et pourquoi c'est là que la frontière s'est vraiment fermée

8 sept.
3 min de lecture

Un mois après la Marche verte, à l'Aïd al-Adha, des familles installées depuis des générations à Oran, Tlemcen ou Sidi Bel Abbès sont chargées dans des camions et déposées à la frontière. Cinquante ans plus tard, aucune reconnaissance. Ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas, et ce que ce silence coûte.

la marche noire

Une marche sans nom pendant trente ans

La Marche verte a une date, un chant, une fête nationale. Sa réponse n'a eu, pendant des décennies, ni nom officiel ni chiffre stable. Ce sont les victimes elles-mêmes qui l'ont baptisée : la Marche noire. Le cinquantième anniversaire vient de passer, en décembre 2025, et un collectif de familles a porté le dossier devant les instances onusiennes à Genève quelques semaines plus tôt. Alger n'a rien répondu.

Ma thèse est la suivante : la fermeture de la frontière algéro-marocaine ne s'explique ni par la guerre des sables ni par le Sahara marocain. Elle s'explique par ce qui s'est passé dans les maisons d'Oranie en décembre 1975. Un État qui expulse des couples mixtes, sépare des enfants de leur père et confisque des maisons ne peut plus rouvrir la porte sans devoir s'expliquer. Le silence algérien n'est pas de l'indifférence. C'est de la prudence.

Ce que le mot « représailles » cache

Un mois plus tôt, Sa Majesté le Roi Hassan II a lancé la Marche verte. Le régime de Houari Boumediene a perdu la partie diplomatique. Il lui reste une carte : les Marocains qui vivent chez lui. Ce n'est pas une décision de sécurité, c'est une punition collective, et elle est datée pour faire mal. Les détails, les chiffres et les témoins sont là où la démonstration commence.

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