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À Fès, des familles musulmanes descendent des Juifs convertis de 1465

13 sept.
3 min de lecture
juif marocain

Fès, mai 1465. Le sultan mérinide Abd al-Haqq II a un vizir juif, Harun ben Batash. Dans une ville affamée et humiliée, la rumeur suffit : le vizir aurait fait violenter une femme musulmane. La foule se soulève, le vizir est tué, le sultan lui-même est égorgé, et le quartier juif est mis à sac. Ceux qui survivent ont un choix : mourir, partir, ou prononcer la chahada. Des dizaines de familles la prononcent.


Cinq siècles plus tard, leurs descendants sont là. Ils sont musulmans, fassis, souvent de la meilleure bourgeoisie. Ils portent parfois un nom qui dit tout, comme Kouhen. Ils ont chez eux un arbre généalogique qu'ils gardent et ne montrent pas. Voilà ma thèse, et je la pose avant d'aller plus loin : une partie des grandes familles musulmanes de Fès descend des Juifs du Royaume, ce n'est pas une rumeur, c'est un fait d'archives, et le silence qui l'entoure en dit plus long sur nous que le fait lui-même.

Qui étaient ces convertis, comment Fès les a traités pendant trois cents ans, et pourquoi leurs petits-enfants se taisent encore, c'est ce que je vais vous montrer.


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