Pourquoi le Maroc garde un tribunal rabbinique dans ses palais de justice, paie ses juges juifs et signe leurs jugements au nom du Commandeur des croyants
Un citoyen juif marocain qui divorce entre dans le même tribunal que n'importe quel Marocain, monte à la section hébraïque, et un juge rabbinique y applique la loi de Moïse. Le jugement est rendu au nom du Roi, Amir Al-Mouminine. Ce n'est pas une survivance. C'est une architecture.

Imaginez la scène.
Un tribunal de première instance, à Casablanca. Des avocats en robe noire, des greffiers, des justiciables qui attendent. Un homme franchit la porte. Il ne va ni à la chambre civile ni à la chambre de la famille. Il accède à une section spécifique, où siège un juge rabbinique. Ce juge n'appliquera pas le Code de la famille. Il appliquera la Halakha, la loi religieuse juive, pour prononcer un divorce, régler une succession, valider un mariage.
Et quand le jugement est rendu, il l'est au nom de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants.
Un tribunal religieux juif, physiquement installé dans l'appareil judiciaire d'un pays musulman, rendant la justice au nom d'un souverain musulman. Cette configuration n'a pas d'équivalent connu dans le monde musulman.
D'où elle vient, ce qu'elle dit de la conception marocaine du pouvoir, et pourquoi elle ne tient nulle part ailleurs dans la région, c'est ce qui suit.
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