Le jour où Lyautey a corrigé un député français devant tout Lyon : « le Maroc est un empire, pas une colonie »
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
En février 1916, le Résident général reprend publiquement un élu qui range le Royaume avec l'Algérie et la Tunisie. Histoire d'un occupant qui a fini par plaider la cause du pays qu'il occupait, et de ce que cet amour valait vraiment.

Un amour suspect
On dit que Lyautey a aimé le Maroc. La phrase est devenue une carte postale, et je me méfie des cartes postales. Un homme envoyé pour tenir un pays au nom d'une puissance étrangère, et qui déclare l'aimer, cela s'appelle d'abord un problème.
Ma thèse est pourtant celle-ci : cet amour a laissé une trace utile, et elle n'est pas dans les jardins de Rabat ni dans les boulevards de Casablanca. Elle est dans une phrase. Un jour, devant un public français, un député a parlé du Maroc comme d'une colonie parmi d'autres. Le Résident général l'a repris, en public, point par point. Ce jour-là, l'État français a entendu de la bouche de son propre représentant que le Maroc était une nation avant qu'il n'y mette les pieds. C'est la seule chose que j'accepte de retenir de cet amour. Elle vaut cher.
Ce que dit un mot
« Colonie ». Pour Birot, ce n'était qu'une facilité de langage. Pour Lyautey, c'était une erreur de doctrine, et une erreur dangereuse. Il a expliqué pourquoi. Il a décrit ce qu'il avait trouvé en arrivant : des ambassadeurs, des lettrés, des marchands, une hiérarchie, un État. Et il a fixé pour ses successeurs une ligne qu'ils allaient s'empresser d'enjamber.
Vous souhaitez en lire plus ?
Abonnez-vous à aminedrissiboutaybi.com pour continuer à lire ce post exclusif.
_edited.png)




































































































