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À LA UNE


Bataille des Trois Rois : en 1578, Ahmed al-Mansour prend le pouvoir pendant que le Portugal cherche son avenir
Le 4 août 1578, près de Ksar el-Kébir, le Maroc remporte une victoire dont son souverain ne verra pas les conséquences. Pour comprendre ce qui se joue ce jour-là, il faut suivre le quatrième homme : celui qui survit aux trois rois. Le 4 août 1578, dans le nord du Maroc, une armée continue de combattre alors que son souverain vient de mourir. Sa Majesté le Roi Abd al-Malik, déjà malade, succombe pendant l’affrontement. Selon les récits historiques de la bataille, son entourage


À quoi ressemblerait un Maroc où des Juifs siègent de nouveau au Parlement ?
Députés, ministres, hauts responsables : après avoir réintégré l’affluent hébraïque dans son récit national, le Royaume pourrait un jour le voir réapparaître dans ses institutions. Et ce ne serait pas une rupture avec son histoire, mais un retour. Imaginez la photographie. Nous sommes en 1956. Le Maroc vient à peine de retrouver son indépendance. Tout est à construire : l’administration, la diplomatie, l’économie, les institutions, les cadres du nouvel État. Autour de Mohamme


Le jour où la Tunisie a expulsé Moulay Hicham avant sa conférence sur la démocratie
Le 8 septembre 2017, cinq policiers viennent chercher le cousin germain du roi Mohammed VI au bord de la piscine de son hôtel à Tunis. Il devait intervenir deux jours plus tard dans un forum de Stanford consacré aux transitions démocratiques. Aucun motif précis ne lui est donné. Six ans plus tard, les autorités tunisiennes lui refusent de nouveau l'entrée sur le territoire. Moulay Hicham vient d'arriver à Tunis. Le prince marocain, fils de Moulay Abdallah, frère de Hassan II,


Quand le Maroc envoyait déjà ses ambassadeurs à Londres, Versailles, Madrid et Istanbul
Bien avant les ambassades permanentes et les ministères modernes, les souverains marocains envoyaient à travers l’Europe et la Méditerranée des savants, gouverneurs, amiraux, négociants et secrétaires. Leur travail ne consistait pas seulement à transmettre une lettre : ils négociaient des alliances, libéraient des captifs, récupéraient des manuscrits, achetaient des armes et observaient les puissances étrangères. En 1600, un homme arrive à la cour d’Élisabeth Ire d’Angleterre


Pourquoi une synagogue marocaine ne sonnait-elle pas comme une synagogue ashkénaze d’Europe ?
Les prières fondamentales étaient celles du judaïsme. Mais au Maroc, des siècles d’histoire locale, l’arrivée des Séfarades d’Espagne, la poésie hébraïque et surtout la musique andalouse ont produit une tradition que l’on pouvait parfois reconnaître dès les premières notes. Il faut commencer par corriger une idée. Les Juifs marocains ne pratiquaient pas une autre religion que les Juifs de Pologne ou d’Allemagne. Le Shema restait le Shema. La Amidah restait la prière centrale.


Pourquoi retrouve-t-on les mêmes noms de famille chez des Juifs et des Musulmans marocains ?
Attar, Amar et d’autres patronymes peuvent apparaître dans des familles musulmanes comme juives d’Afrique du Nord. Ce n’est pas nécessairement la preuve d’un ancêtre commun. C’est parfois quelque chose de plus intéressant : la trace d’un monde où deux communautés religieuses différentes fabriquaient leurs noms avec les mêmes langues, les mêmes métiers et les mêmes territoires. Prenez le nom Attar. En arabe, ʿaṭṭār désigne traditionnellement le marchand de parfums, d’épices ou


Le Maroc avait-il vraiment fermé ses portes à l’Europe avant le Protectorat ?
Avant 1912, voyager à l’intérieur du Maroc pouvait être difficile et le pouvoir cherchait régulièrement à limiter l’ingérence étrangère. Pourtant, ports, consulats, négociants et ambassades reliaient déjà le Royaume à l’Europe depuis des siècles. L’image est puissante. Un Maroc ancien. Des remparts fermés. Une cour installée à Fès. Une Europe industrielle qui avance autour de lui. Puis, soudain, 1912. Le pays s’ouvrirait enfin au monde moderne avec le Protectorat. Le problème


Pourquoi tant de villes marocaines ressemblent-elles à plusieurs villes collées ensemble ?
Une médina ancienne, parfois une kasbah, puis de grandes avenues et une ville nouvelle. Ce paysage n’est pas un accident : il permet de lire plusieurs siècles de pouvoir marocain directement sur une carte. Prenez Rabat. Entrez dans la médina. Puis sortez vers les grandes avenues du centre. Passez par la kasbah des Oudayas. Vous pouvez avoir l’impression d’avoir changé de ville trois fois sans avoir quitté Rabat. Faites une expérience similaire à Fès. Vous trouvez Fès el-Bali.


Pourquoi tant de Juifs marocains portent-ils le nom d’une ville qu’ils ont quittée depuis des siècles ?
Toledano renvoie à Tolède. Alfasi à Fès. D’autres patronymes conservent Murcia, Coria, Zagora ou un village disparu. Chez certaines familles juives marocaines, le nom de famille est devenu une carte géographique miniature. Un homme peut quitter une ville. Ses enfants peuvent naître à mille kilomètres. Ses petits-enfants ne jamais y retourner. La langue familiale peut changer. La nationalité aussi. Puis cinq siècles passent. Et pourtant, chaque fois qu’un descendant donne son


Pourquoi tant de tombes des cimetières juifs marocains sont-elles blanches ?
À Fès ou Marrakech, certaines nécropoles juives apparaissent comme des mers de chaux. Ce blanc spectaculaire n’est pourtant ni universel au Maroc ni un simple choix esthétique. À Fès, la première impression est presque irréelle. Des centaines de formes blanches couvrent la pente. Certaines sont arrondies. D’autres ressemblent à de petites constructions. Sous le soleil, le cimetière juif devient presque aveuglant. On pourrait croire que cette blancheur obéit à une grande règle


Amazigh ou arabe ? Ce que l’ADN des Marocains dit vraiment de nous, et de notre part juive
En 2025, des chercheurs ont séquencé 109 génomes marocains. Leur résultat bouscule une question que nous posons depuis des décennies : génétiquement, le Marocain n’est pas simplement “amazigh ou arabe”. Et lorsqu’on cherche sa part juive, l’histoire devient encore plus surprenante. Amazigh ou arabe ? C’est probablement l’une des questions identitaires les plus mal posées du Maroc. Parce que la génétique ne voit pas deux peuples parfaitement séparés, l’un amazigh, l’autre arab


Marock : tout le monde se souvient du sexe. La scène la plus explosive était une étoile de David
En 2006, le film de Laila Marrakchi est accusé de « sionisme », visé par des demandes d’interdiction puis des appels au boycott. Au centre de la polémique, une scène toute simple : Youri, Juif marocain, passe son étoile de David au cou de Rita, musulmane. Vingt ans plus tard, le Maroc choisit la réalisatrice pour le représenter dans la course aux Oscars 2027. Le 2 septembre 2026, le Centre cinématographique marocain choisit La Más Dulce, le nouveau film de Laila Marrakchi, po


Naza secoue Israël. Le Maroc choisit pourtant d’aller plus loin.
Au moment même où un documentaire israélien sur Gaza provoque une tempête internationale et une crise politique en Israël, Rabat et Tel-Aviv décident de transformer leurs bureaux de liaison en ambassades. Ce calendrier ne prouve pas un lien entre les deux événements. Mais il révèle quelque chose de la manière dont le Maroc conçoit sa relation avec Israël : comme une politique d’État qui ne disparaît pas à chaque crise. Il y a des moments où une décision diplomatique est facil


1991 : après 17 ans de prison, Abraham Serfaty est expulsé comme « Brésilien ».
Né à Casablanca, juif marocain, ingénieur et ancien haut fonctionnaire, il n’avait jamais mis les pieds au Brésil. Huit ans plus tard, Mohammed VI autorise son retour au Maroc. 13 septembre 1991. Abraham Serfaty sort de la prison centrale de Kénitra. Il a 65 ans. Il vient de passer dix-sept années en détention après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour son engagement au sein de l’organisation marxiste-léniniste clandestine Ila al-Amam. On pourrait imaginer qu’il va en


1862 : l’école creuse un nouvel écart entre Juifs et musulmans du Maroc.
Avant l’Alliance israélite universelle, Juifs et Musulmans étudiaient déjà séparément. Mais leurs écoles traditionnelles partageaient une logique profonde : transmettre un héritage religieux. Puis une école ouvre à Tétouan. Elle ne crée pas la différence entre les deux communautés. Elle en change progressivement la nature. Imaginez le Maroc vers 1850. Deux garçons vivent peut-être dans la même ville. L’un est musulman. L’autre est juif. Chaque matin, ils partent apprendre. Le


Pourquoi le Mellah de Fès a-t-il des balcons quand la médina regarde vers l’intérieur ?
À quelques mètres de distance, deux façades semblent raconter deux Maroc différents. Dans la médina traditionnelle, la maison protège son intimité derrière ses murs. Dans certaines rues du Mellah, fenêtres et balcons s’ouvrent au contraire sur la rue. Mais l’explication n’est ni aussi religieuse ni aussi simple qu’on pourrait le croire. Il suffit de marcher quelques minutes dans Fès pour remarquer quelque chose d’étrange. Dans une grande partie de la médina ancienne, la maiso


Pourquoi certaines familles marocaines savent encore d’où elles viennent sur plusieurs siècles
Au Maroc, demander à quelqu’un « tu es d’où ? » n’a jamais voulu dire seulement « dans quelle ville habites-tu ? ». Dans certaines maisons, le nom de famille est encore une archive, l’origine une boussole, et l’arbre généalogique une façon de tenir debout dans le temps. Il y a des pays où un nom de famille sert surtout à remplir un formulaire. Et puis il y a le Maroc. Au Maroc, un nom peut encore ouvrir une porte. Il peut vous renvoyer à une ville, une tribu, une vallée, un s


Pourquoi certains Marocains disent qu’Israël leur a « pris » leurs Juifs
On connaît l’antisionisme lié à la Palestine. On connaît celui des idéologies panarabes ou islamistes. Au Maroc, il existe aussi un sentiment beaucoup plus paradoxal : celui de Marocains qui ne reprochent pas aux Juifs d’avoir été marocains, mais au contraire au sionisme d’avoir contribué à les faire partir. C’est précisément pour cela que je refuse de confondre automatiquement antisionisme et antisémitisme. Il existe une phrase qui résume brutalement le sentiment que je veux


Les années de plomb : la force d’un pays qui a choisi de regarder son histoire en face
Le Maroc aurait pu enfouir cette période, attendre que les témoins disparaissent et laisser d’autres écrire son histoire à sa place. Il a fait l’inverse. En 2004, le Royaume a créé une commission officielle pour enquêter sur les violations graves commises entre 1956 et 1999. Reconnaître cette page n’affaiblit pas le Maroc. C’est précisément ce qui montre la solidité de ses institutions. Il y a une erreur que nous commettons parfois entre Marocains. Nous croyons que défendre n


Neta Elkayam : quand la darija marocaine devient une musique d’avant-garde
Née en Israël dans une famille venue de Tinghir et de Casablanca, Neta Elkayam a fait de la langue de ses grands-parents autre chose qu’un souvenir. Elle la mêle au jazz, à l’électronique, à la pop, puis revient la chanter au Maroc. Ce mouvement raconte une transformation plus profonde de la culture judéo-marocaine : elle n’est plus seulement conservée, elle recommence à produire du présent. À Netivot, dans le sud d’Israël, la frontière entre Israël et le Maroc passait autref


Paul Marciano, fils de rabbin de Debdou, a fondé Guess à Los Angeles en 1981
Quatre frères, un village de montagne dans l'Oriental marocain, une lignée de rabbins. Ils débarquent en Californie sans réseau et inventent le jean qui va habiller l'Amérique. Ce que leur empire doit au Maroc, et pourquoi le Maroc n'en a rien récolté. Regardez l'étiquette de votre jean. Si c'est un Guess, vous portez le travail de quatre frères qui, au début des années 1980, débarquent à Los Angeles sans carnet d'adresses, sans capital américain, sans nom qui ouvre des porte


Juifs et Musulmans du Maroc : le même caftan, le même tagine, les mêmes saints
Rabat, 18 novembre 1941. C'est la Fête du Trône, et la France qui administre le Maroc est celle de Vichy. Des lois viennent d'exclure les Juifs des écoles, des professions, des quartiers européens. Ce jour-là, au palais, devant les officiels français, le Sultan Mohammed V reçoit les dirigeants de la communauté juive avec les notables musulmans, et leur dit ce que Vichy ne veut pas entendre : ils sont ses sujets, au même titre que les autres, et il ne fera pas de différence. I


En 1764, Mohammed III choisit dix familles juives pour faire d’Essaouira le port du Maroc
Le sultan construit une ville neuve sur l’Atlantique, détourne une partie du commerce d’Agadir et recrute une poignée de négociants juifs. Leur mission : connecter le Maroc à l’Europe. En 1764, Essaouira n’est pas encore l’Essaouira que nous connaissons. Le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah, Mohammed III, veut créer sur l’Atlantique un port directement contrôlé par le pouvoir central. Il cherche à développer le commerce avec l’Europe mais aussi à mieux maîtriser les échanges


À Fès, des familles musulmanes descendent des Juifs convertis de 1465
Fès, mai 1465. Le sultan mérinide Abd al-Haqq II a un vizir juif, Harun ben Batash. Dans une ville affamée et humiliée, la rumeur suffit : le vizir aurait fait violenter une femme musulmane. La foule se soulève, le vizir est tué, le sultan lui-même est égorgé, et le quartier juif est mis à sac. Ceux qui survivent ont un choix : mourir, partir, ou prononcer la chahada. Des dizaines de familles la prononcent. Cinq siècles plus tard, leurs descendants sont là. Ils sont musulmans


Le 8 juin 2023, Amir Ohana, fils d'un enfant de la médina de Rabat, a demandé devant le Parlement marocain qu'Israël reconnaisse le Sahara marocain. Trente-neuf jours plus tard, Netanyahou l'a fait.
Le 7 juin 2023, Amir Ohana, président de la Knesset, atterrit à Rabat. Première chose qu'il fait : marcher dans l'ancienne médina, là où son père Meir est né avant d'émigrer en 1950. Le lendemain, il est reçu à la Chambre des représentants par Rachid Talbi Alami, signe un accord de coopération parlementaire, puis déclare en conférence de presse qu'Israël doit reconnaître le Sahara marocain et que Netanyahou l'annoncera bientôt. Le 17 juillet, une lettre du Premier ministre is


Le jour de l'Aïd 1968, Hassan II a envoyé Oum Kalthoum fêter le mouton chez un coursier d'un quartier populaire de Rabat. Elle en est sortie en larmes, et a laissé filmer ses concerts.
En mars 1968, Oum Kalthoum, la plus grande voix de la région, vient chanter à Rabat pour la première fois. Elle a 64 ans, elle refuse les caméras depuis toujours, et le billet coûte 300 dirhams, le salaire d'un mois pour beaucoup. Hassan II l'a invitée. Pendant son séjour tombe l'Aïd al-Adha, la fête du mouton. Le Roi lui fait porter deux moutons à son hôtel, puis, sur son ordre, une Jeep l'emmène à Akkari, un quartier ouvrier de Rabat, frapper à la première porte venue. Ce q


Le grand-père de Richard Attias était le tailleur de Mohammed V. En 1994, le petit-fils a organisé pour Hassan II la conférence qui a créé l'OMC.
Dans les années 50, Mimoun Botbol est l'un des tailleurs de Mohammed V. Sa femme Hannah fournit les épouses du Palais en caftans. Le couple tient, à l'intérieur même des enceintes du Palais royal de Rabat, une boutique où l'on trouve du tissu et de l'épicerie, la seule du genre, où princes et épouses viennent acheter et où le Sultan lui-même vient parler avec son tailleur. Mohammed V le décore du wissam alaouite, parmi les tout premiers. Quarante ans plus tard, en avril 1994,


Le jour où Hassan II a pleuré devant les caméras : 20 décembre 1983, la mort de son frère Moulay Abdallah
Le Roi qui ne montrait jamais une faille s'effondre en direct à la télévision sur le cercueil de son cadet, mort d'un cancer à 48 ans. Douze ans plus tôt, ce frère avait pris des balles pour lui à Skhirat. Le 20 décembre 1983, les Marocains allument la télévision et voient une chose qu'ils n'ont jamais vue : Feu Sa Majesté le Roi Hassan II pleure. Pas une larme retenue. Le souverain plié en deux, inconsolable, sur le cercueil de son frère cadet, le prince Moulay Abdallah, mor


Fès n'est pas une capitale juive grâce à Maïmonide. Maïmonide est venu à Fès parce qu'elle l'était déjà.
On raconte l'histoire à l'envers. Quand Maïmonide arrive à Fès vers 1160, l'autorité y est fondée depuis un siècle par un homme dont le nom est devenu celui de la ville : Isaac Alfasi, « celui de Fès ». Il a écrit ici le premier code de la loi juive. Le génie avait un maître, et il était fassi. Demandez à n'importe qui pourquoi Fès compte dans l'histoire juive. On vous répondra : Maïmonide. Le plus grand esprit du judaïsme médiéval a vécu ici, a étudié ici, a écrit ici une pa


Les coranistes gagnent du terrain au Maroc : ce n'est pas un retour au Coran, c'est une réaction au salafisme rigoriste d'inspiration wahhabite
Ils rejettent les hadiths, ne gardent que le texte et remplissent les réseaux. Une autre religion a connu le même schisme il y a douze siècles, et sa fin dit ce qui attend celui-ci. Le Maroc, lui, dispose d'une réponse que peu de pays de la région possèdent. Un jeune Marocain filme son téléphone et déclare qu'il ne croit qu'au Coran. Pas aux hadiths, pas aux imams, pas aux quatre écoles. Il y a dix ans, on l'aurait traité de fou ou d'apostat. Aujourd'hui, il a des dizaines de


L'Algérie rompt avec les Émirats pour le même motif qu'avec le Maroc en 2021 : le mouvement kabyle de Ferhat Mehenni
Deux ruptures diplomatiques en cinq ans, un seul mouvement séparatiste invoqué les deux fois. Entre les deux, la Knesset a débattu de la Kabylie. Ce jeudi 10 septembre, l'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. L'ambassadeur émirati a 48 heures pour quitter Alger. Le motif officiel : Abou Dhabi soutiendrait le MAK, le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie. Un mouvement séparatiste kabyle, basé à Paris, dirigé par Ferhat Mehenni, 75


Aïcha Kandisha : pourquoi personne ne sait vraiment d’où elle vient
Depuis un siècle, des chercheurs ont voulu retrouver l’origine du personnage le plus inquiétant du folklore marocain. Déesse antique, djinniya, souvenir portugais, figure gnawa : leurs réponses sont incompatibles. Et si le problème venait précisément de notre obsession à lui chercher une seule naissance ? Vous avez peut-être huit ans. Il fait déjà nuit. Vous devez sortir chercher quelque chose, traverser une cour, longer un terrain vague ou passer près d’un point d’eau. Et qu


Ces noms de famille juifs marocains portent 2 500 ans d'histoire : Fassi, Toledano, Ohayon, Attar, chaque nom est une preuve d'ancrage, et beaucoup sont aussi portés par des Musulmans
Un Toledano à Montréal, un Swiri à Tel-Aviv, un Fassi à Paris : ouvrez l'annuaire de la diaspora et vous lisez la carte du Royaume. Mais le plus fort n'est pas là. Le plus fort, c'est qu'un Fassi juif et un Fassi musulman viennent de la même rue. Le nom, cette archive qu'on ne peut pas brûler On peut fermer une synagogue, vider un mellah, oublier une recette. On ne peut pas retirer son nom à un homme. Les Juifs du Maroc sont partis par centaines de milliers ; ils ont emporté


Une princesse au visage découvert et un Code de la famille réformé : les deux années qui ont changé la place des femmes au Maroc
Pendant des siècles, l'épouse du souverain n'a eu ni nom, ni visage, ni rang. En 2002, le Roi donne à une ingénieure de Fès un titre, des tournées officielles et une place à ses côtés. Ce n'était pas une histoire d'amour rendue publique. C'était la preuve visuelle d'une réforme qui n'existait pas encore. La règle On dit que le Maroc n'a pas de reine. Le protocole alaouite ne connaît que la « Mère des Princes ». La mère de Hassan II, Lalla Abla, n'a jamais été montrée. La mère


Pourquoi le Maroc garde un tribunal rabbinique dans ses palais de justice, paie ses juges juifs et signe leurs jugements au nom du Commandeur des croyants
Un citoyen juif marocain qui divorce entre dans le même tribunal que n'importe quel Marocain, monte à la section hébraïque, et un juge rabbinique y applique la loi de Moïse. Le jugement est rendu au nom du Roi, Amir Al-Mouminine. Ce n'est pas une survivance. C'est une architecture. Imaginez la scène. Un tribunal de première instance, à Casablanca. Des avocats en robe noire, des greffiers, des justiciables qui attendent. Un homme franchit la porte. Il ne va ni à la chambre civ


Pourquoi un Roi musulman paie la restauration des synagogues de son pays : l'exception marocaine expliquée
Dans quatre jours, c'est Roch Hachana. Des synagogues restaurées aux frais du Royaume rouvriront leurs portes à Fès, à Marrakech, à Casablanca, à Essaouira. Dans un pays où il reste à peine quelques milliers de Juifs. Dans quatre jours, c'est Roch Hachana. Des synagogues restaurées aux frais du Royaume rouvriront leurs portes à Fès, à Marrakech, à Casablanca, à Essaouira. Dans un pays où il reste à peine quelques milliers de Juifs. Aucun autre État de la région ne fait cela.


Léon Benzaquen, le médecin juif que le Roi a fait ministre en 1956
Premier Marocain admis à l'internat de Paris, allié du Sultan à Aix-les-Bains, ministre à l'indépendance. Il n'est jamais parti.


Le Maroc a reconnu les États-Unis en 1777. L'Amérique a mis sept ans à répondre.
Il a fallu saisir un navire américain pour obtenir un traité. Et George Washington s'en est excusé par écrit. Tout le monde connaît la phrase : le Maroc est le premier pays au monde à avoir reconnu les États-Unis. Le 20 décembre 1777, Sa Majesté le Sultan Sidi Mohammed ben Abdallah ouvre ses ports aux navires américains. La France, alliée officielle des insurgés, ne signera que deux mois plus tard. C'est vrai. C'est documenté. Et c'est la moitié de l'histoire. L'autre moitié,


Février 1983 : le jour où Abdellatif Jouahri est allé dire à Hassan II que le Maroc n’avait presque plus de devises
Il restait à peine de quoi couvrir deux jours d’importations. Le ministre des Finances part pour Fès sans rendez-vous, fait comprendre l’urgence au chef du protocole avec une histoire de lumière qui pourrait ne plus s’allumer, puis se retrouve face à Hassan II. Quarante ans plus tard, Abdellatif Jouahri a raconté cette scène au FMI. Derrière l’anecdote se trouve l’un des traumatismes économiques les plus profonds du Maroc contemporain.


Moulay El Hassan à 23 ans : le premier Prince Héritier formé entièrement au Maroc, et ce que ce choix dit du Royaume qu'il héritera
Formé au Maroc, en amazighe, dans l'armée, au contact d'étudiants ordinaires. Rien dans le parcours du Prince Héritier n'est un hasard. Voici ce que les sources publiques permettent d'établir, et ce qu'elles ne disent pas. Le 8 mai 2003, 101 coups de canon annoncent à Rabat la naissance d'un garçon au Palais royal. Sa Majesté le Roi Mohammed VI lui donne le prénom de son père, feu Hassan II. Vingt-trois ans plus tard, Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan pré


Charles de Foucauld, le saint catholique qui a traversé le Maroc déguisé en rabbin pour le cartographier, et le Juif marocain sans qui il n'aurait pas fait cent kilomètres
Onze mois sous un faux nom et une kippa, hébergé de mellah en mellah par des familles qui ignoraient qu'elles logeaient un officier français. Son rapport a préparé la conquête. Son guide est mort dans l'oubli. En 1883, un jeune aristocrate français démissionne de l'armée et décide de traverser un pays interdit aux chrétiens. Il ne peut pas y entrer en Français. Il ne peut pas y entrer en musulman, on le démasquerait à la première prière. Alors il choisit la seule identité qui


Rabat, 1969 : le jour où Nasser a menacé de faire la paix avec Israël et où Kadhafi a posé la main sur son revolver
Décembre 1969. Le cinquième sommet arabe se tient à Rabat. Autour de la table : Nasser, le roi Fayçal, Boumediene, et un colonel de 27 ans arrivé trois mois plus tôt au pouvoir à Tripoli, en tenue de terrain verte, revolver à la ceinture. Abdelhadi Boutaleb, ministre des Affaires étrangères depuis deux mois, est dans la salle. Il n'aurait pas dû y être.


Le déjeuner où Oufkir a dit à Boutaleb que le régime devait tomber, quatorze mois avant Skhirat
Mai 1970. Un ministre des Affaires étrangères démissionnaire, un général qui a trop bu, une table à Rabat. Ce qui s'est dit ce jour-là, Abdelhadi Boutaleb ne l'a raconté à personne pendant trente ans. Il l'a écrit en 2002. Il y a une question que je me pose chaque fois que je relis l'histoire des deux coups d'État de 1971 et 1972 : est-ce que quelqu'un savait ? La réponse est oui. Au moins un homme savait, quatorze mois avant Skhirat. Il était ministre. Il n'a rien dit. Et il


Pourquoi le renseignement marocain est devenu l'un des plus respectés du monde, et pourquoi Israël l'a su cinquante ans avant l'Europe
En novembre 2015, l'adresse du coordinateur des attentats de Paris est venue de Rabat. Ce n'était pas un coup de chance. C'est le résultat d'une méthode que les Européens ont découverte tard, et que les Israéliens connaissaient depuis les années 60. Cinq jours après les attentats du 13 novembre 2015, la police française prend d'assaut un appartement de Saint-Denis. À l'intérieur, Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attaques. L'adresse ne vient ni de la DGSI, ni des Améric


Au Maroc, 126 saints sont priés par les Juifs et par les Musulmans
Pendant plus de dix ans, Issachar Ben-Ami a parcouru le Maroc et recueilli environ 1 200 témoignages. Son inventaire révèle un phénomène fascinant : des lieux sacrés que Juifs et Musulmans ne percevaient pas toujours de la même manière, mais auprès desquels ils venaient parfois chercher la même chose. À Ben Ahmed, dans la région de Settat, il existe un sanctuaire consacré à Rabbi Yahia Lakhdar. Pour les Juifs marocains qui s'y rendaient en pèlerinage, Yahia Lakhdar était un t


Aucun État ne garde ses saints juifs comme le Maroc, et mardi soir Essaouira va le prouver
Plus de deux mille pèlerins venus d'Israël, de France et du Canada convergent vers la Hiloula de Rabbi Haïm Pinto. Ce n'est pas le plus grand pèlerinage juif du monde. C'est celui qu'aucun autre pays ne pourrait porter ainsi. Mardi 8 septembre, Essaouira change de visage. L'aéroport active un dispositif d'accueil spécial. Des vols arrivent d'Israël. Des familles descendent de Paris, de Montréal, de New York. Elles viennent prier sur le tombeau d'un rabbin mort il y a cent qua


Les Juifs marocains prêtent allégeance au Roi, mais pas par la bay'a, et le jour qu'ils ont choisi n'est pas un hasard
La bay'a est un acte islamique, adressé à un Commandeur des croyants descendant du Prophète. Un sujet juif ne peut donc pas y entrer par la même porte. Le Maroc a résolu ce problème d'une manière que presque personne ne connaît. Il y a une question que je n'avais jamais vue posée nulle part, et qui est pourtant élémentaire. Chaque année, le Maroc renouvelle le pacte de la bay'a. Des représentants du peuple, des corps constitués et des commis de l'État réaffirment le lien au T


Le Maroc l'a exécutée à dix-sept ans, puis il l'a appelée Lalla
En 1834, une jeune juive de Tanger est décapitée à Fès pour apostasie. Ce qui suit est le vrai sujet : le pays qui l'a condamnée lui a donné le titre qu'il réserve à ses saintes, et sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage pour les deux communautés. Il y a des histoires qu'on ne peut pas raconter à moitié. Celle-ci en fait partie, et je vais la raconter entièrement, y compris ce qui nous met mal à l'aise. Les faits, dans l'ordre Solika Hachuel naît à Tanger en 1817, dans un


Le salafisme rigoriste ne menace pas seulement la sécurité du Maroc, il menace sa mémoire
Appliquée à la lettre, cette doctrine supprimerait six cents mausolées, les zaouïas, les moussems, les Gnaoua et le Malhoun. Après 2003, le Maroc n'a pas répondu par la seule répression : il a placé un soufi à la tête de son champ religieux.


La structure du soufisme mondial est une invention marocaine
Deux hommes, une montagne du Rif, et une confrérie qui se pratique aujourd'hui de l'Égypte à l'Indonésie. Voici ce que le Maroc a réellement apporté au soufisme mondial, et pourquoi presque personne ici ne le sait. Il y a une phrase qu'un homme a dite à Bagdad, au treizième siècle, et que j'aimerais faire graver quelque part. Un jeune Marocain venait de traverser la moitié du monde connu pour trouver le pôle spirituel de son temps, celui qui pourrait l'initier. On lui répond
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