Guerre de l’information : celui qui impose le récit a déjà gagné

Depuis le 7 octobre 2023, le conflit israélo-palestinien se joue aussi dans un espace où quelques heures suffisent pour installer une image, un vocabulaire et un cadre d’interprétation. Répondre à chaque polémique ne suffit pas. Il existe une autre méthode : construire, dans la durée, un récit appuyé sur des faits. Le Maroc en offre un exemple singulier.
Dans les premières soixante-douze heures qui suivent le 7 octobre 2023, le Hamas, ses branches armées et plusieurs groupes palestiniens alliés publient des milliers de contenus sur Telegram. L’Atlantic Council en a recensé près de 6 000. Images, communiqués, vidéos, messages courts : avant même que beaucoup de gouvernements, de médias ou de diplomates aient stabilisé leur propre récit des événements, la bataille de l’interprétation avait commencé.
Ce constat ne signifie pas que tout ce qui circule sur Gaza relève de la propagande.
Les morts sont réels. Les destructions sont réelles. Les souffrances civiles sont réelles. Les critiques adressées à Israël peuvent être fondées, documentées et parfaitement indépendantes du Hamas.
Dire qu’une guerre possède une dimension informationnelle ne permet pas d’annuler les faits qui dérangent son propre camp.
Mais cela oblige à regarder autre chose : qui choisit les mots, les images et les questions auxquelles tout le monde finit par répondre ?
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