La Haggadah de Tinghir n'est pas écrite en hébreu
Dans la vallée du Todgha, au pied du Haut Atlas, il existait une communauté juive. Elle vivait à Tinghir, à quelques heures de piste des villes, parmi des villages amazighs, et elle possédait un texte.
C'était une Haggadah de Pessah, le récit que l'on lit chaque année à la table du Séder. Deux chercheurs, Paulette Galand-Pernet et Haïm Zafrani, l'ont établie et publiée en 1970.

La langue de ce texte n'est ni l'hébreu, ni l'arabe.
C'est du tamazight, transcrit en caractères hébraïques.
Prenez une seconde pour mesurer ce que cet objet implique. Il implique qu'il a existé au Maroc des Juifs pour qui l'amazigh n'était pas la langue des voisins, mais la leur. Des Juifs qui priaient dans la langue des montagnes.
Et il implique que presque tout ce qu'on raconte à leur sujet est bâti sur une phrase mal traduite en 1852.
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