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Sans son judaïsme, le Maroc serait amputé d’une part de lui-même

il y a 11 heures
9 min de lecture
judaisme marocain

Fès a accueilli Maïmonide au moment où prenait forme son Commentaire de la Michna. Salé a vu naître l’Or HaHaïm, l’un des grands commentaires de la Torah. Marrakech a formé Shalom Buzaglo, auteur du premier commentaire systématique publié sur l’ensemble du Zohar. Ces faits ne racontent pas seulement l’histoire des Juifs du Maroc. Ils posent une question plus profonde : que reste-t-il du Maroc si l’on retire de son histoire tout ce que ses Juifs y ont produit, transmis et reçu ?


Il existe une manière facile de parler des Juifs du Maroc.

On dit patrimoine.

On montre une synagogue restaurée. Un mellah. Une ketouba. Une photographie en noir et blanc. On évoque Essaouira, Fès ou Debdou. Puis on conclut que le Maroc a toujours été pluriel.

Tout cela est vrai.

Mais cela reste insuffisant.

Parce que le mot « patrimoine » donne parfois l’impression que le judaïsme serait une magnifique pièce ancienne conservée dans la maison marocaine.

Une pièce importante.

Une pièce respectable.

Mais une pièce que l’on pourrait retirer sans modifier l’architecture du bâtiment.

Je crois exactement l’inverse.

Retirer le judaïsme de l’histoire du Maroc ne ferait pas disparaître le Royaume.

Mais cela lui retirerait quelque chose de constitutif.

Le Maroc serait encore le Maroc.

Mais pas tout le Maroc.

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