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QUE CHERCHEZ-VOUS ?
Plus de 500 publications sur le Maroc, son histoire et ses identités.
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Bataille des Trois Rois : en 1578, Ahmed al-Mansour prend le pouvoir pendant que le Portugal cherche son avenir
Le 4 août 1578, près de Ksar el-Kébir, le Maroc remporte une victoire dont son souverain ne verra pas les conséquences. Pour comprendre ce qui se joue ce jour-là, il faut suivre le quatrième homme : celui qui survit aux trois rois. Le 4 août 1578, dans le nord du Maroc, une armée continue de combattre alors que son souverain vient de mourir. Sa Majesté le Roi Abd al-Malik, déjà malade, succombe pendant l’affrontement. Selon les récits historiques de la bataille, son entourage


À quoi ressemblerait un Maroc où des Juifs siègent de nouveau au Parlement ?
Députés, ministres, hauts responsables : après avoir réintégré l’affluent hébraïque dans son récit national, le Royaume pourrait un jour le voir réapparaître dans ses institutions. Et ce ne serait pas une rupture avec son histoire, mais un retour. Imaginez la photographie. Nous sommes en 1956. Le Maroc vient à peine de retrouver son indépendance. Tout est à construire : l’administration, la diplomatie, l’économie, les institutions, les cadres du nouvel État. Autour de Mohamme


Le jour où la Tunisie a expulsé Moulay Hicham avant sa conférence sur la démocratie
Le 8 septembre 2017, cinq policiers viennent chercher le cousin germain du roi Mohammed VI au bord de la piscine de son hôtel à Tunis. Il devait intervenir deux jours plus tard dans un forum de Stanford consacré aux transitions démocratiques. Aucun motif précis ne lui est donné. Six ans plus tard, les autorités tunisiennes lui refusent de nouveau l'entrée sur le territoire. Moulay Hicham vient d'arriver à Tunis. Le prince marocain, fils de Moulay Abdallah, frère de Hassan II,


Quand le Maroc envoyait déjà ses ambassadeurs à Londres, Versailles, Madrid et Istanbul
Bien avant les ambassades permanentes et les ministères modernes, les souverains marocains envoyaient à travers l’Europe et la Méditerranée des savants, gouverneurs, amiraux, négociants et secrétaires. Leur travail ne consistait pas seulement à transmettre une lettre : ils négociaient des alliances, libéraient des captifs, récupéraient des manuscrits, achetaient des armes et observaient les puissances étrangères. En 1600, un homme arrive à la cour d’Élisabeth Ire d’Angleterre


Pourquoi une synagogue marocaine ne sonnait-elle pas comme une synagogue ashkénaze d’Europe ?
Les prières fondamentales étaient celles du judaïsme. Mais au Maroc, des siècles d’histoire locale, l’arrivée des Séfarades d’Espagne, la poésie hébraïque et surtout la musique andalouse ont produit une tradition que l’on pouvait parfois reconnaître dès les premières notes. Il faut commencer par corriger une idée. Les Juifs marocains ne pratiquaient pas une autre religion que les Juifs de Pologne ou d’Allemagne. Le Shema restait le Shema. La Amidah restait la prière centrale.


Pourquoi retrouve-t-on les mêmes noms de famille chez des Juifs et des Musulmans marocains ?
Attar, Amar et d’autres patronymes peuvent apparaître dans des familles musulmanes comme juives d’Afrique du Nord. Ce n’est pas nécessairement la preuve d’un ancêtre commun. C’est parfois quelque chose de plus intéressant : la trace d’un monde où deux communautés religieuses différentes fabriquaient leurs noms avec les mêmes langues, les mêmes métiers et les mêmes territoires. Prenez le nom Attar. En arabe, ʿaṭṭār désigne traditionnellement le marchand de parfums, d’épices ou


Le Maroc avait-il vraiment fermé ses portes à l’Europe avant le Protectorat ?
Avant 1912, voyager à l’intérieur du Maroc pouvait être difficile et le pouvoir cherchait régulièrement à limiter l’ingérence étrangère. Pourtant, ports, consulats, négociants et ambassades reliaient déjà le Royaume à l’Europe depuis des siècles. L’image est puissante. Un Maroc ancien. Des remparts fermés. Une cour installée à Fès. Une Europe industrielle qui avance autour de lui. Puis, soudain, 1912. Le pays s’ouvrirait enfin au monde moderne avec le Protectorat. Le problème


Pourquoi tant de villes marocaines ressemblent-elles à plusieurs villes collées ensemble ?
Une médina ancienne, parfois une kasbah, puis de grandes avenues et une ville nouvelle. Ce paysage n’est pas un accident : il permet de lire plusieurs siècles de pouvoir marocain directement sur une carte. Prenez Rabat. Entrez dans la médina. Puis sortez vers les grandes avenues du centre. Passez par la kasbah des Oudayas. Vous pouvez avoir l’impression d’avoir changé de ville trois fois sans avoir quitté Rabat. Faites une expérience similaire à Fès. Vous trouvez Fès el-Bali.


Pourquoi tant de Juifs marocains portent-ils le nom d’une ville qu’ils ont quittée depuis des siècles ?
Toledano renvoie à Tolède. Alfasi à Fès. D’autres patronymes conservent Murcia, Coria, Zagora ou un village disparu. Chez certaines familles juives marocaines, le nom de famille est devenu une carte géographique miniature. Un homme peut quitter une ville. Ses enfants peuvent naître à mille kilomètres. Ses petits-enfants ne jamais y retourner. La langue familiale peut changer. La nationalité aussi. Puis cinq siècles passent. Et pourtant, chaque fois qu’un descendant donne son


Pourquoi tant de tombes des cimetières juifs marocains sont-elles blanches ?
À Fès ou Marrakech, certaines nécropoles juives apparaissent comme des mers de chaux. Ce blanc spectaculaire n’est pourtant ni universel au Maroc ni un simple choix esthétique. À Fès, la première impression est presque irréelle. Des centaines de formes blanches couvrent la pente. Certaines sont arrondies. D’autres ressemblent à de petites constructions. Sous le soleil, le cimetière juif devient presque aveuglant. On pourrait croire que cette blancheur obéit à une grande règle


Amazigh ou arabe ? Ce que l’ADN des Marocains dit vraiment de nous, et de notre part juive
En 2025, des chercheurs ont séquencé 109 génomes marocains. Leur résultat bouscule une question que nous posons depuis des décennies : génétiquement, le Marocain n’est pas simplement “amazigh ou arabe”. Et lorsqu’on cherche sa part juive, l’histoire devient encore plus surprenante. Amazigh ou arabe ? C’est probablement l’une des questions identitaires les plus mal posées du Maroc. Parce que la génétique ne voit pas deux peuples parfaitement séparés, l’un amazigh, l’autre arab


Marock : tout le monde se souvient du sexe. La scène la plus explosive était une étoile de David
En 2006, le film de Laila Marrakchi est accusé de « sionisme », visé par des demandes d’interdiction puis des appels au boycott. Au centre de la polémique, une scène toute simple : Youri, Juif marocain, passe son étoile de David au cou de Rita, musulmane. Vingt ans plus tard, le Maroc choisit la réalisatrice pour le représenter dans la course aux Oscars 2027. Le 2 septembre 2026, le Centre cinématographique marocain choisit La Más Dulce, le nouveau film de Laila Marrakchi, po


Après le passage aux ambassades, un responsable de l’OLP demande trois choses très concrètes au Maroc
Fonds palestiniens retenus par Israël, passage vers la Jordanie, élections du 28 novembre : derrière la réaction palestinienne au rapprochement diplomatique entre Rabat et Tel-Aviv se cache une liste de demandes beaucoup plus concrète qu’un simple soutien politique. Le passage est presque passé inaperçu derrière l’annonce diplomatique. Le 18 septembre, deux jours après l’accord prévoyant le passage des représentations marocaine et israélienne au rang d’ambassades, Hespress in


Naza secoue Israël. Le Maroc choisit pourtant d’aller plus loin.
Au moment même où un documentaire israélien sur Gaza provoque une tempête internationale et une crise politique en Israël, Rabat et Tel-Aviv décident de transformer leurs bureaux de liaison en ambassades. Ce calendrier ne prouve pas un lien entre les deux événements. Mais il révèle quelque chose de la manière dont le Maroc conçoit sa relation avec Israël : comme une politique d’État qui ne disparaît pas à chaque crise. Il y a des moments où une décision diplomatique est facil


Au Maroc, « sioniste » est devenu une insulte avant d’être une définition.
On peut rejeter la politique de Netanyahu, les colonies ou la guerre à Gaza. On peut défendre les Palestiniens. Mais encore faut-il savoir ce que l’on désigne lorsque l’on traite quelqu’un de « sioniste ». Car à force de transformer un mot historique en condamnation morale automatique, nous avons cessé de discuter de ce qu’il signifie réellement. Au Maroc, il suffit parfois d’un mot pour arrêter une conversation. Sioniste. Vous parlez du judaïsme marocain ? Sioniste. Vous pub


1991 : après 17 ans de prison, Abraham Serfaty est expulsé comme « Brésilien ».
Né à Casablanca, juif marocain, ingénieur et ancien haut fonctionnaire, il n’avait jamais mis les pieds au Brésil. Huit ans plus tard, Mohammed VI autorise son retour au Maroc. 13 septembre 1991. Abraham Serfaty sort de la prison centrale de Kénitra. Il a 65 ans. Il vient de passer dix-sept années en détention après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour son engagement au sein de l’organisation marxiste-léniniste clandestine Ila al-Amam. On pourrait imaginer qu’il va en


1862 : l’école creuse un nouvel écart entre Juifs et musulmans du Maroc.
Avant l’Alliance israélite universelle, Juifs et Musulmans étudiaient déjà séparément. Mais leurs écoles traditionnelles partageaient une logique profonde : transmettre un héritage religieux. Puis une école ouvre à Tétouan. Elle ne crée pas la différence entre les deux communautés. Elle en change progressivement la nature. Imaginez le Maroc vers 1850. Deux garçons vivent peut-être dans la même ville. L’un est musulman. L’autre est juif. Chaque matin, ils partent apprendre. Le


Pourquoi le Mellah de Fès a-t-il des balcons quand la médina regarde vers l’intérieur ?
À quelques mètres de distance, deux façades semblent raconter deux Maroc différents. Dans la médina traditionnelle, la maison protège son intimité derrière ses murs. Dans certaines rues du Mellah, fenêtres et balcons s’ouvrent au contraire sur la rue. Mais l’explication n’est ni aussi religieuse ni aussi simple qu’on pourrait le croire. Il suffit de marcher quelques minutes dans Fès pour remarquer quelque chose d’étrange. Dans une grande partie de la médina ancienne, la maiso


Le mauvais œil au Maroc : pourquoi on cache ce qui est précieux
Façades modestes, intérieurs somptueux, « tbarkallah », khmissa, silence autour de certaines réussites : derrière le mauvais œil se cache bien plus qu’une superstition. Il révèle une manière marocaine de penser le regard des autres. Dans une médina marocaine, l’une des plus belles maisons de la rue peut être celle que vous ne remarquez pas. Une porte en bois. Un mur presque aveugle. Peu d’ornements visibles depuis l’extérieur. Puis la porte s’ouvre : zellige, bois sculpté, pl


Le Maroc a transformé Delacroix, Matisse et Saint Laurent
En 1832, 1912 et 1966, trois créateurs arrivent au Maroc à des moments radicalement différents de leur vie. Aucun n’y cherche la même chose. Pourtant, tous trois vont intégrer le Royaume à leur manière de voir, de peindre, de composer ou de créer. Le 21 février 1832, Eugène Delacroix se trouve à Tanger. Il n’est pas venu pour peindre une carte postale. Il accompagne une mission diplomatique française auprès du sultan Moulay Abd al-Rahman. L’interprète de la délégation, Abraha


La décennie noire algérienne : ce que le Maroc a construit différemment
Dans les années 1990, l’Algérie bascule dans une guerre qui fera plus de 100 000 morts. À quelques centaines de kilomètres, le Maroc traverse les mêmes secousses régionales sans connaître le même effondrement. Pour comprendre cette divergence, il faut regarder ce que notre pays possède de plus ancien que ses gouvernements : un centre institutionnel, religieux et historique qui traverse les crises. Il y a des histoires que l’on raconte pour comprendre les autres. Et il y en a


Pourquoi certaines familles marocaines savent encore d’où elles viennent sur plusieurs siècles
Au Maroc, demander à quelqu’un « tu es d’où ? » n’a jamais voulu dire seulement « dans quelle ville habites-tu ? ». Dans certaines maisons, le nom de famille est encore une archive, l’origine une boussole, et l’arbre généalogique une façon de tenir debout dans le temps. Il y a des pays où un nom de famille sert surtout à remplir un formulaire. Et puis il y a le Maroc. Au Maroc, un nom peut encore ouvrir une porte. Il peut vous renvoyer à une ville, une tribu, une vallée, un s


31 juillet 2026 : pourquoi des centaines de dignitaires s’inclinent encore devant Mohammed VI
Pour beaucoup d’étrangers, la scène paraît sortie d’un autre siècle. Pourtant, la Bayʿa n’est ni un folklore inventé pour les caméras ni une simple révérence au Roi : elle vient d’une institution politique islamique ancienne que le Maroc a transformée en rituel national. Et même les Juifs marocains ont historiquement exprimé leur allégeance au Trône, à leur manière. Le 31 juillet 2026, dans la cour du palais royal de Tétouan, la scène recommence. Mohammed VI est là. Devant lu


Il y a des adversaires qui vous obligent à travailler. Et puis il y a Abdelmadjid Tebboune.
Quand la communication d’un président fournit elle-même à ses adversaires les contradictions, les petites phrases et les images dont ils ont besoin, la guerre des récits devient beaucoup plus facile. Il y a des adversaires qui vous obligent à travailler. Il faut lire leurs discours, décortiquer leurs chiffres, repérer leurs contradictions, attendre trois heures de conférence de presse pour trouver les quinze secondes qui révèlent quelque chose. Leur communication est verrouil


Ibn Khaldoun l’avait compris en 1377 : un État s’affaiblit quand son peuple ne sait plus dire « nous »
Dans la Muqaddimah, Ibn Khaldoun donne un nom à la force invisible qui fait naître les puissances puis disparaît lorsqu’elles s’installent dans le confort : l’ʿasabiyya. Sept siècles plus tard, son intuition permet de comprendre pourquoi le patriotisme reste une question centrale pour la cohésion d’un pays. 1377 Ibn Khaldoun s’est retiré à Qalʿat Ibn Salama. L’homme a vu les cours, les intrigues, les changements de pouvoir, les alliances qui se font et se défont. Dans cette r


Le PJD condamne les ambassades Maroc-Israël… puis demande à ses militants de passer à autre chose
À six jours des législatives, le Parti de la justice et du développement a publié un communiqué d’une rare tension : il condamne l’élévation des représentations maroco-israéliennes au rang d’ambassades, puis demande presque aussitôt à ses militants de ne pas laisser le sujet engloutir la campagne. Pour comprendre ce paradoxe, il faut connaître le PJD, Abdelilah Benkirane et surtout une contradiction vieille de six ans. Le 17 septembre, le Parti de la justice et du développeme


Le vrai effet des ambassades : sortir la relation Maroc-Israël de la gêne
Le Maroc et Israël viennent de décider d’élever leurs bureaux de liaison au rang d’ambassades. Derrière les drapeaux, les ambassadeurs et le protocole, le changement le plus profond pourrait pourtant se produire ailleurs : dans un bureau à Casablanca, à l’aéroport Mohammed V ou dans la tête d’un entrepreneur marocain qui, jusqu’ici, préférait parfois ne pas trop dire qu’il travaillait avec Israël. Le 16 septembre, à New York, le Maroc et Israël ont acté une nouvelle étape de


Casablanca va boire l’Atlantique. Et le Maroc n’a pas construit ce virage seul.
La première phase de la future station de dessalement de Casablanca doit entrer en service en 2027. Le projet est marocain, construit avec un groupe espagnol, mais il s’inscrit aussi dans plusieurs années de coopération technique avec Israël sur l’eau et le dessalement. À Casablanca, le changement va bientôt arriver directement au robinet. La Société régionale multiservices de Casablanca-Settat prépare actuellement le raccordement de la future eau dessalée au réseau de distri


Ce n’est pas un visa. C’est peut-être beaucoup plus profond.
Depuis le 16 septembre, des ressortissants algériens non-résidents sont refusés à l’embarquement vers le Maroc. Derrière cette consigne encore inexpliquée officiellement, une question plus importante apparaît : Rabat est-il en train de changer sa manière de penser l’accès à son territoire ? Pendant des années, le Maroc a maintenu une anomalie. La frontière terrestre avec l’Algérie était fermée. Les relations diplomatiques étaient rompues. L’espace aérien algérien était fermé


Maroc-Israël : du bureau de liaison à l’ambassade, le cap que Rabat n’avait jamais franchi
Selon i24NEWS, le Maroc et Israël vont élever leurs représentations diplomatiques au rang d’ambassades. Si cette évolution est formellement confirmée, elle marquera le plus grand saut diplomatique entre les deux pays depuis la reprise de leurs relations en 2020. Pendant quatre ans, Rabat et Jérusalem avaient maintenu un niveau intermédiaire, celui du bureau de liaison. Passer à l’ambassade, ce n’est plus simplement prolonger la normalisation. C’est changer la nature politique


Joseph Aoun parle de paix avec Israël : ce que le Liban révèle du choix marocain de 2020
Le président libanais ne parle pas encore de normalisation. Il parle d’un accord sécuritaire avec Israël qui pourrait, plus tard, ouvrir la voie à la paix. La nuance est importante. Mais depuis le Maroc, cette déclaration mérite d’être regardée de près : elle rappelle qu’entre la guerre permanente et l’adhésion à toutes les politiques israéliennes, il existe une troisième voie, celle de la relation diplomatique utilisée comme instrument d’État. Pendant des années, le mot « no


Pourquoi certains Marocains disent qu’Israël leur a « pris » leurs Juifs
On connaît l’antisionisme lié à la Palestine. On connaît celui des idéologies panarabes ou islamistes. Au Maroc, il existe aussi un sentiment beaucoup plus paradoxal : celui de Marocains qui ne reprochent pas aux Juifs d’avoir été marocains, mais au contraire au sionisme d’avoir contribué à les faire partir. C’est précisément pour cela que je refuse de confondre automatiquement antisionisme et antisémitisme. Il existe une phrase qui résume brutalement le sentiment que je veux


Les années de plomb : la force d’un pays qui a choisi de regarder son histoire en face
Le Maroc aurait pu enfouir cette période, attendre que les témoins disparaissent et laisser d’autres écrire son histoire à sa place. Il a fait l’inverse. En 2004, le Royaume a créé une commission officielle pour enquêter sur les violations graves commises entre 1956 et 1999. Reconnaître cette page n’affaiblit pas le Maroc. C’est précisément ce qui montre la solidité de ses institutions. Il y a une erreur que nous commettons parfois entre Marocains. Nous croyons que défendre n


Ghana, Sahara marocain : quand Accra confirme que le vent tourne en Afrique
Pendant quelques heures, les relais du Polisario ont tenté d’exploiter une image. Un envoyé du Front reçu à Accra. Une poignée de main. Une séquence diplomatique suffisamment ambiguë pour être présentée comme un retour en grâce. Puis le Ghana a clarifié sa position. Accra a rappelé que son retrait de reconnaissance de la « RASD » demeurait en vigueur et que l’homme reçu ne l’était pas en qualité d’ambassadeur accrédité. Dans le même temps, le Ghana a réaffirmé son soutien au


Neta Elkayam : quand la darija marocaine devient une musique d’avant-garde
Née en Israël dans une famille venue de Tinghir et de Casablanca, Neta Elkayam a fait de la langue de ses grands-parents autre chose qu’un souvenir. Elle la mêle au jazz, à l’électronique, à la pop, puis revient la chanter au Maroc. Ce mouvement raconte une transformation plus profonde de la culture judéo-marocaine : elle n’est plus seulement conservée, elle recommence à produire du présent. À Netivot, dans le sud d’Israël, la frontière entre Israël et le Maroc passait autref


David Lévy : comment un ouvrier né à Rabat est arrivé au sommet d’Israël
David Lévy n’est pas entré en politique parce qu’il rêvait de devenir ministre. L’un de ses premiers combats commence pour quelque chose de beaucoup plus élémentaire : obtenir de l’eau propre et fraîche pour les ouvriers employés dans les kibboutzim autour de Beit She’an. La grève qu’il organise lui vaut ensuite d’être écarté du marché du travail local. Il cherche du travail ailleurs et finit sur les chantiers de Tel-Aviv. Quelques années plus tard, cet homme né à Rabat siège


Judée-Samarie ou Cisjordanie ?
Pourquoi la solution à deux États défendue par le Maroc est la seule voie viable avant le chaos Parler de la Cisjordanie, c’est parler de l’avenir d’Israël Il existe aujourd’hui une contradiction fondamentale au cœur du conflit israélo-palestinien. Israël a besoin de sécurité. Les Palestiniens ont besoin d’un État. Le monde arabe veut voir naître une solution politique. Les puissances occidentales redoutent une nouvelle génération de guerres. Et pourtant, sur le terrain, la d


Le jour où Lyautey a corrigé un député français devant tout Lyon : « le Maroc est un empire, pas une colonie »
En février 1916, le Résident général reprend publiquement un élu qui range le Royaume avec l'Algérie et la Tunisie. Histoire d'un occupant qui a fini par plaider la cause du pays qu'il occupait, et de ce que cet amour valait vraiment. Un amour suspect On dit que Lyautey a aimé le Maroc. La phrase est devenue une carte postale, et je me méfie des cartes postales. Un homme envoyé pour tenir un pays au nom d'une puissance étrangère, et qui déclare l'aimer, cela s'appelle d'abord


Pendant soixante ans, Israël a fait taire la darija des Juifs marocains. Le 22 décembre 2020, il l'a envoyée parler à Sa Majesté le Roi
Un fils d'immigrés marocains a souhaité longue vie au Roi en darija, au Palais de Rabat, au nom d'un État qui avait passé six décennies à faire taire cette langue. Elle n'a pas disparu par oubli. Quelqu'un l'a poussée dehors, et quelqu'un l'a rappelée. Le 22 décembre 2020, au Palais Royal de Rabat, un homme se présente devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il dirige la sécurité nationale d'Israël. Il est arrivé le matin par le premier vol commercial direct entre Tel-Aviv et l


Paul Marciano, fils de rabbin de Debdou, a fondé Guess à Los Angeles en 1981
Quatre frères, un village de montagne dans l'Oriental marocain, une lignée de rabbins. Ils débarquent en Californie sans réseau et inventent le jean qui va habiller l'Amérique. Ce que leur empire doit au Maroc, et pourquoi le Maroc n'en a rien récolté. Regardez l'étiquette de votre jean. Si c'est un Guess, vous portez le travail de quatre frères qui, au début des années 1980, débarquent à Los Angeles sans carnet d'adresses, sans capital américain, sans nom qui ouvre des porte


En 2016, les musiciens marocains de l'Orchestre d'Ashdod cachaient leur nom. En 2022, le Maroc les a mis sur sa scène nationale
Un orchestre marocain né à Ashdod parce qu'il ne pouvait pas naître à Casablanca. Trente ans plus tard, il joue sous la bannière d'un ministère du Royaume. Ce qui s'est passé entre les deux dates raconte le corridor Maroc-Israël mieux que tous les communiqués. En décembre 2016, un auteur israélien décrit l'Orchestre andalou d'Ashdod et note un détail qu'il ne comprend pas tout à fait. L'orchestre invite des musiciens marocains, de vrais maîtres, venus de Fès, de Casablanca, d


Fouzi Lekjaa a annoncé que la finale du Mondial 2030 se jouera à Benslimane, et Madrid a compris pourquoi Vox et Podemos s'étaient mis d'accord pour la première fois
L'extrême droite espagnole et la gauche radicale ont déposé le même mois deux textes pour exclure le Maroc de la Coupe du monde. Ni l'un ni l'autre n'a la moindre valeur contraignante, et le Royaume vient de répondre par un stade de 115 000 places. Le 10 septembre, dans une salle de Bouznika, en campagne pour les législatives du 23, Fouzi Lekjaa lâche une phrase que la presse espagnole reprend dans l'heure : la province de Benslimane aura l'honneur d'accueillir la finale de l


Le 7 janvier 2004, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a confié Tazmamart et Derb Moulay Cherif à un homme sorti de prison après dix-sept ans
Driss Benzekri, détenu de 1974 à 1991, a présidé la commission qui a fait témoigner à la télévision les prisonniers du règne précédent. Pourquoi seul le trône pouvait rouvrir ces portes, et ce qu'il en reste aujourd'hui. Rabat, 7 janvier 2004. Sa Majesté le Roi Mohammed VI reçoit au Palais un homme de cinquante-trois ans, mince, la voix basse. Driss Benzekri a passé dix-sept ans dans les prisons du Royaume, de 1974 à 1991, pour son engagement dans l'extrême gauche marxiste. L


Le 19 août 1985, Hassan II a fait parler un pape à 80 000 jeunes musulmans dans le stade de Casablanca
Aucun chef d'État musulman n'avait jamais invité un pape à s'adresser à sa jeunesse. Ce que le Commandeur des croyants y gagnait, et ce que son fils en a fait sous la pluie de Rabat trente-quatre ans plus tard. Le lundi 19 août 1985, dans le stade Mohammed V de Casablanca, Hassan II monte à la tribune devant 80 000 jeunes Marocains. Il ne parle pas longtemps. Il présente l'homme en blanc assis à côté de lui, Jean-Paul II, et lui laisse le micro. Le pape parle en français, de


Voyage de mémoire au Maroc : tu y es attendu, et voici pourquoi
Essaouira, un soir de septembre, à la hilloula de Rabbi Haïm Pinto. Dans le cimetière, des centaines de pèlerins venus d'Israël, de Paris, de Montréal, chantent autour d'un tombeau blanchi à la chaux. À la porte, ce sont des Marocains musulmans qui tiennent l'ordre, portent les chaises, servent le thé. Dehors, une femme de soixante-dix ans, née ici, partie en 1963, pleure sur une ruelle qu'elle avait interdite à ses enfants. Elle n'était jamais revenue. Elle avait peur. Voilà


Juifs et Musulmans du Maroc : le même caftan, le même tagine, les mêmes saints
Rabat, 18 novembre 1941. C'est la Fête du Trône, et la France qui administre le Maroc est celle de Vichy. Des lois viennent d'exclure les Juifs des écoles, des professions, des quartiers européens. Ce jour-là, au palais, devant les officiels français, le Sultan Mohammed V reçoit les dirigeants de la communauté juive avec les notables musulmans, et leur dit ce que Vichy ne veut pas entendre : ils sont ses sujets, au même titre que les autres, et il ne fera pas de différence. I


En 1764, Mohammed III choisit dix familles juives pour faire d’Essaouira le port du Maroc
Le sultan construit une ville neuve sur l’Atlantique, détourne une partie du commerce d’Agadir et recrute une poignée de négociants juifs. Leur mission : connecter le Maroc à l’Europe. En 1764, Essaouira n’est pas encore l’Essaouira que nous connaissons. Le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah, Mohammed III, veut créer sur l’Atlantique un port directement contrôlé par le pouvoir central. Il cherche à développer le commerce avec l’Europe mais aussi à mieux maîtriser les échanges


À Fès, des familles musulmanes descendent des Juifs convertis de 1465
Fès, mai 1465. Le sultan mérinide Abd al-Haqq II a un vizir juif, Harun ben Batash. Dans une ville affamée et humiliée, la rumeur suffit : le vizir aurait fait violenter une femme musulmane. La foule se soulève, le vizir est tué, le sultan lui-même est égorgé, et le quartier juif est mis à sac. Ceux qui survivent ont un choix : mourir, partir, ou prononcer la chahada. Des dizaines de familles la prononcent. Cinq siècles plus tard, leurs descendants sont là. Ils sont musulmans


Le 8 juin 2023, Amir Ohana, fils d'un enfant de la médina de Rabat, a demandé devant le Parlement marocain qu'Israël reconnaisse le Sahara marocain. Trente-neuf jours plus tard, Netanyahou l'a fait.
Le 7 juin 2023, Amir Ohana, président de la Knesset, atterrit à Rabat. Première chose qu'il fait : marcher dans l'ancienne médina, là où son père Meir est né avant d'émigrer en 1950. Le lendemain, il est reçu à la Chambre des représentants par Rachid Talbi Alami, signe un accord de coopération parlementaire, puis déclare en conférence de presse qu'Israël doit reconnaître le Sahara marocain et que Netanyahou l'annoncera bientôt. Le 17 juillet, une lettre du Premier ministre is


Le jour de l'Aïd 1968, Hassan II a envoyé Oum Kalthoum fêter le mouton chez un coursier d'un quartier populaire de Rabat. Elle en est sortie en larmes, et a laissé filmer ses concerts.
En mars 1968, Oum Kalthoum, la plus grande voix de la région, vient chanter à Rabat pour la première fois. Elle a 64 ans, elle refuse les caméras depuis toujours, et le billet coûte 300 dirhams, le salaire d'un mois pour beaucoup. Hassan II l'a invitée. Pendant son séjour tombe l'Aïd al-Adha, la fête du mouton. Le Roi lui fait porter deux moutons à son hôtel, puis, sur son ordre, une Jeep l'emmène à Akkari, un quartier ouvrier de Rabat, frapper à la première porte venue. Ce q
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